LA FRANCE PITTORESQUE
Séné (Morbihan) : importante
implantation gallo-romaine
(Source : Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives))
Publié le mardi 9 juillet 2019, par LA RÉDACTION
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Depuis avril 2019, l’Inrap conduit une fouille de 2,6 hectares à Séné. L’occupation la plus significative concerne la période gallo-romaine, du Ier au IVe siècles de notre ère, et perdure sans doute au début du Moyen Âge. La proximité de la ville de Vannes (Darioritum), expliquerait en partie cette longue implantation. Prescrite par l’État (Drac Bretagne), cette fouille s’inscrit dans le cadre d’un projet d’aménagement par CM-CIC Aménagement Foncier.
 

Les Gallo-Romains s’installent sur le site de Séné du Ier au IVe siècle de notre ère. Occupant le versant d’un petit relief, le site est distant de 20 km de Darioritum, chef-lieu de la cité des Vénètes, desservi par plusieurs voies dont l’une, la voie Nantes-Vannes, passe à seulement 700 mètres du site. La fouille étant toujours en cours, le statut du site reste à préciser.

S’agissait-il d’une simple ferme ? D’un établissement rural plus important situé entre la villa et la ferme ? Ou encore d’un habitat groupé ? Quelques objets en bronze — fibules (agrafes de vêtement), monnaies (sesterces, as...), clefs (de portes ou de coffres) — témoignent d’une certaine aisance des habitants et semblent indiquer des relations économiques avec Darioritum, véritable carrefour d’échanges et lieu de pouvoir.

Vestiges d’occupation et d’activités
Les traces exhumées sont majoritairement des fossés, formant un réseau complexe qui délimite de grandes parcelles, des enclos qui se sont agrégés ou restructurés au fil du temps. Ils semblent s’implanter en fonction de chemins (dont un a été révélé au nord du site), eux-mêmes délimités par des fossés et sans doute reliés à des axes plus importants. À l’intérieur des parcelles, les archéologues étudient de nombreux trous de poteau, dessinant les plans de maisons, d’annexes et de greniers construits en matériaux périssables (bois et terre ou torchis) et couverts pour certains de tuiles romaines (tegulae).

Dégagement d'un mur antique sur le chantier de Séné
Dégagement d’un mur antique sur le chantier de Séné. © Crédit photo : Emmanuelle Collado, Inrap

Deux constructions maçonnées, implantées en vis-à-vis, ont également été mises au jour mais leur fonction n’est pas encore déterminée. Plusieurs zones d’activités domestiques et artisanales ont été reconnues. Au sud, un atelier de forge a été repéré grâce à la présence de déchets caractéristiques (battitures, scories…), tandis qu’une zone de carrières a été détectée au nord, dans un affleurement rocheux. La découverte d’un peson en terre cuite témoigne d’une activité de tissage, et des fragments de meule en pierre d’une activité liée au traitement des céréales (mouture).

Une occupation qui perdure au Moyen Âge ?
L’hypothèse de la pérennité de cette occupation au Moyen Âge est suggérée par la découverte, lors du diagnostic, de fragments de poterie attribués au haut Moyen Âge (entre le Ve et le IXe siècle). En outre, la fouille a révélé d’autres fossés, recoupant ceux de la période gallo-romaine, qui semblent indiquer une réoccupation des lieux à cette époque.

Dans la partie nord du site, des trous de poteau attestent la présence de constructions, et plusieurs vestiges de fours ou de foyers ont été repérés. Il pourrait s’agir d’une ferme ou d’un petit hameau médiéval, signalant un fort ancrage d’occupations humaines dans ce secteur, ce que les archéologues pourront confirmer ou infirmer à l’issue des recherches sur le terrain, puis au centre de recherches.

Inrap
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