LA FRANCE PITTORESQUE
Jardins du château de Blois :
l’herbier d’Anne de Bretagne
comme source d’inspiration
(Source : France 3 Bretagne)
Publié le jeudi 30 mai 2019, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Le château de Blois aménage de nouveaux jardins, en se basant sur le manuscrit Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne. « Cela va changer complètement la configuration des lieux, c’était un grand manque » explique Elisabeth Latrémolière, conservatrice du Château de Blois.
 

Elle évoque la création des nouveaux jardins, dont les travaux ont déjà commencé. 2120 m2 vont être complètement repensés. Deux espaces sont prévus : l’un inspiré de l’herbier d’Anne de Bretagne, reine passionnée par les plantes et à laquelle on doit les premiers jardins royaux, l’autre un belvédère. « Il s’agit de créer un espace végétalisé, paysager, agréable pour les visiteurs et qui offre une belle vue sur la Loire ».

Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne
Un architecte du patrimoine et un architecte paysagiste travaillent ensemble en se basant sur deux sources : le jardin de Gaston d’Orléans et le jardin de Anne de Bretagne. La sélection des plantes se fait en effet sur la base du livre d’Heures d’Anne de Bretagne.

La Blanche futaine (Catoleri) ou Mancienne (Viburnum lantana) viendra agrémenter les nouveaux jardins du château de Blois. Planche extraite des Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1505-1510)
La Blanche futaine (Catoleri) ou Mancienne (Viburnum lantana)
viendra agrémenter les nouveaux jardins du château de Blois. Planche extraite des
Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d’Anne de Bretagne (1505-1510)

Cet ouvrage de 473 pages en latin renferme de véritables peintures. La force de ce livre réside, entre autres, dans l’herbier qui apparaît entre les marges des pages de texte. Ces dernières révèlent un vrai traité de botanique qui répertorie plus de 330 plantes, avec leur dénomination scientifique en latin, dans la partie supérieure de l’image, et leur nom populaire en français, dans la partie inférieure.

Le jardin du château de Blois se verra donc orné d’Helléborus, de Galanthus Nivalis (perce-neige), d’hortensias, des pervenches et de nombreuses roses et côtoieront les arbres remarquables protégés (des cèdres et des marronniers), déjà présents sur le site.

La Symballe (Species prima veri) ou Narcisse jaune (Narcissus Pseudo-Narcissus) viendra agrémenter les nouveaux jardins du château de Blois. Planche extraite des Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1505-1510)
La Symballe (Species prima veri) ou Narcisse jaune (Narcissus Pseudo-Narcissus)
viendra agrémenter les nouveaux jardins du château de Blois. Planche extraite des
Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d’Anne de Bretagne (1505-1510)

Le rôle et la signification des jardins de château ont évolué avec les époques souligne Elisabeth Latrémolière. Pour les châteaux de défense au départ, le jardin se limitait aux plantes médicinales. À la Renaissance, le château devient un lieu de prestige, pour impressionner les autres. « Là il s’agissait de montrer son pouvoir sur la nature. On y trouvait des plantes utilitaires, des vignes. » « Ce n’est qu’après la Révolution qu’on a assisté à un retour à la nature. » L’inauguration aura lieu le 5 juillet prochain.

Bénédicte Renou-Jamots
Ouest France

Accédez à l’article source

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE