LA FRANCE PITTORESQUE
3000 ans d’histoire du parfum racontés
dans le musée Fragonard à Paris
(Source : France Télévisions)
Publié le mardi 28 mai 2019, par LA RÉDACTION
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Utilisé pour les rites funéraires avant Jésus-Christ, pour dissimuler les effluves malodorantes au Moyen Age, puis devenu attribut du luxe et du plaisir de nos jours : le parfum est raconté de ses origines à nos jours dans le musée du Parfum Fragonard à Paris qui expose toutes les étapes qui lui donnent vie
 

La Maison Fragonard possède l’une des plus belles collections de flacons de parfums anciens. Elle est présentée dans trois musées à Paris et un à Grasse. Le musée du Parfum (9 rue Scribe) fut le premier à voir le jour à Paris, en 1983. En 2014, la société Fragonard acquiert la propriété du site immobilier situé au 3-5 square de l’Opéra - Louis Jouvet, à 300 m de son musée parisien le plus ancien.

Après rénovation et agrandissement, il accueille une collection enrichie d’acquisitions réalisées récemment par Françoise Costa. Insolites, rares et précieux, ces nouveaux objets d’art viennent s’ajouter à un ensemble déjà complet, comprenant également des objets de curiosité. Dans cet hôtel particulier, la maison familiale Fragonard, basée à Grasse, raconte le savoir-faire lié à cette ville de la Côte d’Azur, berceau de la parfumerie mondiale, inscrit en 2018 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Vitrine dans le musée du Parfum Fragonard à Paris, avril 2019
Vitrine dans le musée du Parfum Fragonard à Paris, avril 2019.
© Crédit photo : Musée du Parfum Fragonard

Un orgue du parfumeur avec 400 flacons
Le musée du Parfum expose toutes les étapes qui donnent vie au parfum. Dans une première partie, ce sont tous les secrets de fabrication : matières premières, cueillette, extraction, distillation, formulation, industrialisation, flaconnage et le processus de création et le métier de nez. Puis, dans la deuxième partie, une collection de flacons anciens retrace l’histoire du parfum de l’Égypte ancienne au XXe siècle : pots à khôls, pomanders, vinaigrettes, brûle-parfums, pots-pourris, coffrets de voyage, flacons à sels, flacons précieux...

« Si j’amène mes enfants ici il ne faut pas qu’ils s’ennuient. Je veux aussi que les touristes chinois qui viennent en France aient tout de suite une vision relativement essentielle du métier », explique à l’AFP Agnès Costa, descendante de la dynastie Fragonard, qui dirige la création de la maison.

Accompagnés d’un guide, les visiteurs vont découvrir un « orgue du parfumeur » avec ses 400 flacons destinés à créer des compositions et utilisé jusqu’au XXe siècle, essayeront de relier les odeurs aux fleurs dans un jeu olfactif.

Marie-Antoinette, reine « parfumée »
Le coffret de Marie-Antoinette, cette « reine parfumée » qui contrairement à ses contemporains français a gardé de son enfance passée à Vienne de bonnes habitudes d’hygiène, est parmi les pièces fortes.

L'orgue à parfums installé au musée du Parfum Fragonard Paris
L’orgue à parfums installé au musée du Parfum Fragonard Paris.
© Crédit photo : Musée du Parfum Fragonard

Les « pomanders », ces réceptacles de métal précieux dans lesquels on mettait des éponges imbibées de parfum racontent le Moyen Age : le parfum devient synonyme de paganisme pour l’Église mais on lui prête toutefois le pouvoir de repousser les épidémies que l’eau apporte. Les hommes partis en croisade reviennent avec des épices rares et autres matières à odeur. Les « vinaigres » dans les flacons sentaient très fort pour ramener à la conscience les femmes qui s’évanouissaient à cause des corsets trop serrés.

Un renversement s’opère au XVIIIe siècle : les parfums, plus subtils, ne sont plus là pour combattre les mauvaises odeurs du quotidien mais pour faire plaisir. « Aujourd’hui on aime les parfums plus aériens, plus légers, si je vous fais sentir un parfum du début du XXe siècle, vous seriez étonné. Ils étaient très lourds. Quand on disait une goutte c’était une goutte, le geste du pschitt n’existait pas », souligne Agnès Costa.

Russie, Chine, Moyen-Orient : des parfums forts
Les goûts pour les parfums varient en fonction de la géographie, raconte Agnès Costa. « Les Français aiment les eaux de toilette, parfums légers, fleuris, les Américains les parfums capiteux, les parfums d’enfant ont beaucoup de succès auprès des femmes japonaises. Les Chinois sont très portés vers l’extérieur, ils aiment les choses qui sentent fort, les Russes aussi, le Moyen-Orient tout cela puissance dix ».

Détail de la vitrine L'essor de la parfumerie au XIXe siècle dans le musée du Parfum Fragonard à Paris, le 12 avril 2019
Détail de la vitrine L’essor de la parfumerie au XIXe siècle dans le musée
du Parfum Fragonard à Paris, le 12 avril 2019. © Crédit photo : Thomas Samson / AFP

Les modes de fabrication ont changé
Les modes de fabrication et les matières utilisées ont également beaucoup changé. Les parfumeurs ne travaillent plus avec un orgue à parfums mais avec un papier et un crayon « comme des compositeurs qui ont la musique dans leur tête », ils font leurs formules, ils écrivent, ils ont quelqu’un qui pèse pour eux.

Les lois qui interdisent ou limitent les matières susceptibles de provoquer des allergies, telles les matières d’origine animale, la bergamote ou la fleur d’oranger « complexifient » la production du parfum et brident la créativité, raconte Agnès Costa. « On doit retravailler constamment des anciennes formules. Les gens disent : le parfumeur fait des économies, mon parfum n’est plus le même, ce n’est pas toujours la faute du parfumeur, c’est souvent la loi qui nous oblige à enlever les matières premières qui sont trop concentrées selon les normes de l’année », conclut-elle.

Renseignements pratiques
Musée du Parfum Fragonard — 3-5 Square de l’Opéra-Louis Jouvet — 75009 Paris
Site Internet : https://musee-parfum-paris.fragonard.com

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