LA FRANCE PITTORESQUE
Les remèdes du Moyen Age
(par Michèle Bilimoff)
Publié le dimanche 4 février 2018, par LA RÉDACTION
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Les remèdes du Moyen Age ont une longue et passionnante histoire emplie de contrastes, où douceur et cruauté, science, religion et magie se mêlent et parfois se confondent
 

La médecine à base de plantes cultivées par les moines se perpétue oralement dans le peuple, mais, parallèlement, les apports venus de l’Antiquité, de pays lointains ou de découvertes, viennent modifier les pratiques médicales. Peu à peu, « médecine des riches » et « médecine des pauvres », comme elles sont souvent nommées dans les recueils médiévaux, se différencient. Des éléments onéreux : or, pierres précieuses, épices, ou d’autres plus insolites et redoutables viennent s’ajouter aux plantes, bien loin de la douce image des potions monacales. Certains éléments de cette médecine persisteront pourtant jusqu’aux abords du XIXe siècle.

La longue période médiévale qui, en Occident, s’étend sur près d’un millénaire s’est peu à peu enrichie de connaissances, avec des phases contrastées d’essor et de stagnation. L’évolution de la médecine et des remèdes utilisés a elle aussi bénéficié des apports provenant aussi bien de l’Antiquité que des découvertes et des enseignements plus contemporains. Les écrits copiés, traduits, commentés par des moines, mais aussi par des savants de divers pays, ont permis d’échanger les savoirs. De nouveaux ingrédients s’ajoutent aux composantes des remèdes. Pourtant, malgré les progrès, des croyances ancestrales mêlant religions et magie persistent et viennent interférer dans les pratiques médicales.

Quel que soit le domaine de la santé dans lequel ils sont appelés à agir, les remèdes médiévaux restent donc pleins de paradoxes. Science, religion et magie, douceur et cruauté se conjuguent étroitement pour tenter de venir en aide à tous ceux souhaitant une vie meilleure. De plus, les moyens offerts ne sont pas les mêmes pour tous : la majeure partie de la population recourt à des remèdes transmis oralement au long des siècles — le plus souvent à base de plantes — ou, tout simplement, se fie à la force guérisseuse des saints ou des sorciers... comme cela existe encore de nos jours. Les remèdes savamment élaborés prescrits par des médecins sont la plupart du temps réservés aux plus fortunés.

Les recettes de remèdes médiévaux parvenues jusqu’à nous proviennent de nombreuses sources, pas toujours très fiables en raison des multiples traductions, copies, ajouts... Les remèdes cités ici ont seulement pour but d’en évoquer l’étonnante diversité. Ils ne suivent pas une chronologie, qui reste trop floue, excepté pour des ingrédients à l’apport datable. Ils ne le sont pas non plus par composants (souvent mêlés) -ni même par maladies, traitées de multiples façons.

Le classement — arbitraire — choisi ici considère plutôt le degré de simplicité, d’innocuité et d’efficacité des remèdes. Il part de ceux souvent encore reconnus, venant d’une longue observation de la nature et (en général) inoffensifs, pour arriver à ceux dangereux, pénibles ou répugnants, qui nous semblent aujourd’hui plus proches du supplice que de la médecine.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Les remèdes du Moyen Age, par Michèle Bilimoff. Éditions Ouest France.
128 pages. Format 17 x 24 cm. 15,90 euros.
ISBN : 978-2-737362576. Paru en mars 2014

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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