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Muséum du Jardin des Plantes :
la galerie de paléontologie
en péril
(France Télévisions)
Publié le vendredi 17 novembre 2017, par Redaction
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La galerie de paléontologie du Jardin des plantes ouverte en 1898 a besoin d’une rénovation et d’un message scientifique repensé. Bruno David, le président du Muséum national d’histoire naturelle, veut convaincre le gouvernement de l’urgence de cette opération.
 

Le coût du projet est important : « 120 millions d’euros au minimum sont nécessaires pour permettre à ce bâtiment d’entrer vraiment dans le XXIe siècle », déclare le patron de l’établissement public. À près de 120 ans, le bâtiment de brique, de métal et de verre, construit par l’architecte Ferdinand Dutert, est « en très mauvais état ». « Si on ne fait rien, un jour, on va devoir fermer », assure ce paléontologue et biologiste marin.

Avec sa cohorte de squelettes de mammifères, ses fossiles de dinosaures, ses restes de mammouths et de crocodile géant, la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée, ouverte en 1898, accueille près de 300 000 visiteurs par an. Situé près de la Seine, le bâtiment « a besoin d’une rénovation complète. À commencer par la reprise des fondations car il s’affaisse ». « Il faut aussi refaire l’électricité, le chauffage, la ventilation, les peintures... », égrène Bruno David à la tête du Muséum depuis septembre 2015. « La verrière n’est plus étanche et lorsqu’il pleut, il faut sortir seaux, serpillières et bâches pour éviter que l’eau ne tombe sur les fossiles », explique-t-il. Il montre des filets sur le garde corps métallique du monumental escalier Art nouveau, décoré de serpents et de plantes. « Ils ont été tendus pour éviter la chute de ces ornements ».

« Montrer un maximum d’originaux, plus émouvants que les moulages »
Le projet de rénovation préparé par Bruno David et son équipe vise aussi à remettre la galerie à niveau scientifiquement. « Le message délivré par la galerie d’anatomie comparée est faux. Il met l’Homme en tête de la création ! », s’agace le paléontologue. Le visiteur est accueilli par un écorché d’Homo sapiens, le bras levé, suivi par un troupeau de squelettes de mammifères, donnant l’impression que notre espèce est l’aboutissement de l’évolution.

La galerie de paléontologie du Jardin des plantes en 2017

La galerie de paléontologie du Jardin des plantes en 2017.
© Crédit photo : Martin BUREAU / AFP

La rénovation permettra de reconfigurer les lieux. Les chercheurs déménageront dans un bâtiment, à construire ou à réaménager, dans le Jardin des Plantes. Les collections d’anatomie comparée (80 000 spécimens) et de paléontologie (plus de 5 millions de spécimens) déménageront dans un nouveau bâtiment. Conservées dans les sous-sols, elles sont exposées au risque d’inondation.

« Tout en revisitant le message scientifique, nous voulons garder l’esprit du lieu », promet Bruno David. « Le public est fasciné par la cavalcade de squelettes de la galerie d’anatomie comparée. Nous n’allons pas y toucher mais nous enlèverons sans doute l’écorché qui est un ajout tardif ». Parallèlement, « nous allons amener le visiteur à réfléchir aux caractères qui le rapprochent d’autres espèces. Avec qui partage-t-il son pouce opposable ? son système respiratoire ? Peu à peu il remontera le temps jusqu’aux espèces ancestrales les plus lointaines ». À l’étage, la scénographie sera dynamisée. Le moulage de Diplodocus sera remonté pour rendre sa posture plus exacte et « on en profitera pour mettre sa tête au balcon ».

Le Muséum compte « montrer un maximum d’originaux, plus émouvants que les moulages ». Il possède notamment un impressionnant squelette d’Archéocète, ancêtre disparu des cétacés, ou encore celui d’un crocodile vraiment géant.

À temps pour les J.O. de 2024 ?
Tout cela forme « un projet enthousiasmant », déclare Bruno David. « Nous sommes prêts. Il manque juste l’argent... » Une plaquette de 50 pages a été réalisée pour présenter le projet à de potentiels mécènes. Le patron du Muséum mène des discussions avec le ministère de la Recherche et celui de la Transition écologique, ses autorités de tutelle, « pour obtenir leur feu vert politique à cette initiative ». « Je pourrai alors commencer à aller chercher des mécènes ». « Cela pourrait être un grand projet national. Si on démarrait rapidement, il pourrait être achevé à temps pour les Jeux Olympiques de 2024 ».

En attendant, le problème d’étanchéité de la verrière devrait être résolu prochainement, grâce à une aide conjointe de la région et de l’État décidée récemment.

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