LA FRANCE PITTORESQUE
Crier sur les toits
(Source : Le Figaro)
Publié le vendredi 27 octobre 2017, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Divulguer une information
 

La formule est souvent employée lorsqu’un individu a divulgué une information, en générale secrète. Mais d’où vient cette étrange locution ? Le Figaro revient sur son histoire, aux origines bibliques...

Dirigez-vous vers la fenêtre et levez un instant la tête. Vous y trouverez sûrement des toitures en tuiles, des appentis, des dômes, des coupoles ou du moins, des bâtiments aux toits inclinés. Banales aujourd’hui, ces charpentes qui permettent aux eaux de pluie de cascader comme un ruisseau sur des rochers, n’ont pourtant pas toujours été accidentées dans l’histoire de l’architecture. Y compris en littérature et a fortiori dans la Bible. « Livre sacré » qui donna naissance à l’expression « crier sur les toits »...

Crier sur les toits. Chromolithographie de 1900
Crier sur les toits. Chromolithographie de 1900

Aux origines, comme nous le précise avec pertinence Françoise Claustres dans son livre C’est David contre Goliath (Artège), les premiers peuples de l’époque de la Bible vivent dans des maisons aux toits plats. Les toitures ne servent pas tant à protéger les bâtiments des caprices du temps qu’à faire de ces espaces lisses des points de rencontre entre les habitants. Elles sont en un mot : des terrasses. Ainsi était-il d’usage, pour appeler son voisin ou du moins discuter avec son prochain, de lui parler du haut de sa maison. Et donc de « crier sur les toits ».

Si l’expression n’est pas apparue telle quelle à ses origines, on note toutefois sa présence dans le Nouveau Testament. « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits. » (Matthieu 10.27). Notre expression, indique le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, serait devenue populaire au XVIIIe siècle. Une expression en vogue que notera d’ailleurs Voltaire en 1772 dans une lettre à Mme de Saint-Julien. De nos jours, la formule « crier sur les toits » s’emploie familièrement pour qualifier la divulgation d’une information.

Alice Develey
Le Figaro

Accédez à l’article source

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE