LA FRANCE PITTORESQUE
23 mars 1842 : mort de l’écrivain
Henri Beyle dit Stendhal
(D’après « Biographie universelle, ancienne
et moderne » (Tome 40), édition de 1854)
Publié le samedi 23 mars 2024, par Redaction
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Observateur expérimentant et raisonnant, Stendhal « écrivait tous les jours quelques lignes sur ce qu’il avait vu ou senti ; mais il était trop ami du XVIIIe siècle, trop enclin à la réflexion et à l’analyse pour se contenter de noter exactement et sans commentaires les sensations de sa vie. Il y revient, et c’est là son art ; il y songe, il les examine, il les retourne, il les explique par les circonstances ; il en dit le temps, l’occasion, la cause », écrit en 1868 Albert-Marie Collignon dans L’art et la vie de Stendhal publié en 1868
 

Connu sous le pseudonyme de Stendhal, Henri-Marie Beyle, littérateur français, naquit à Grenoble le 23 janvier 1783. Son père était un avocat considéré au parlement de sa ville natale, et sa mère était fille du médecin Gagnon, qui passait pour l’homme le plus lettré de Grenoble. Quand plus tard Stendhal voulut remonter aux origines de sa famille, il nota que les Gagnon étaient d’origine italienne et qu’ils étaient venus s’établir en France en 1650.

Sa mère lisait en effet couramment la Divine Comédie et la Jérusalem. Quant à Henri, ses premières années se passèrent chez son grand-père maternel, qui, après la mort de sa mère, qu’il avait perdue lorsqu’il n’avait que sept ans, dirigea ses études. Ses précepteurs étaient de pauvres prêtres qui, par intervalles, laissaient leur élève pour se dérober aux orages de la Révolution. S’il en faut croire celui qui devint son exécuteur testamentaire, Beyle aurait manifesté une précoce et rare ardeur de tempérament, et de bonne heure, il se serait mis en lutte avec les usages reçus et le régime assez austère auquel ou le soumettait dans la maison de son aïeul.

Henri Beyle dit Stendhal, consul de France en Italie. Peinture de Silvestro Valeri (1836)

Henri Beyle dit Stendhal, consul de France en Italie. Peinture de Silvestro Valeri (1836)

De là aussi cette défiance, qui devint une habitude de son esprit. Ajoutez le caractère dauphinois, auquel il attribua plus tard certaines qualités esprit, finesse, qu’il eut en effet lui-même. Il avait déjà mis la main sur quelques œuvres de sentiment entre autres un petit volume intitulé Faiblesses et repentir d’une femme, quand l’institution des écoles centrales vint imprimer une direction plus régulière à ses études (1795). Il suivit les cours de l’école établie à Grenoble ; avec plus de liberté, il eut aussi quelques déceptions. « Ces compagnons si gais, si aimables, si nobles que je m’étais figurés, dit-il, je ne les trouvais pas, mais à leur place des polissons très égoïstes. Ce désappointement je l’ai eu à peu près dans le courant de toute ma vie. »

Il est vrai qu’il convient que lui-même avait alors un mélange « fort ridicule de hauteur et de besoin de s’amuser, et qu’il répondait à l’égoïsme de ses camarades par ses idées de noblesse espagnole ». Dès cette époque aussi, il continua ses lectures. Une circonstance heureuse favorisa son goût pour les livres : le directeur de l’école centrale était en même temps bibliothécaire de la ville. Déjà Henri avait acquis de ses deniers un louis d’or et dévoré les œuvres de Florian, et bientôt les faits et gestes de Gonsalve de Cordoue, de Numa Pompilius, et avant tout les pastorales amours d’Estelle et de Némorin meublèrent sa mémoire.

Mais dès le collège il n’avait pas précisément l’aspect d’un héros de roman, car sa forte taille lui avait valu le surnom de la Tour ambulante. Ce qui était plus avantageux pour lui, c’est qu’il s’appliqua avec assez de succès à la langue latine, aux belles lettres, au dessin, aux mathématiques, enfin à la grammaire générale, sur laquelle, à certain jour, il osa affronter un examen. Les mathématiques avaient beaucoup d’attrait pour lui, parce qu’il trouvait qu’en cette matière au moins hypocrisie était impossible ».

Venu à Paris en 1799, Beyle, après une maladie dont il fut guéri par les soins du docteur Portal, devint commensal d’un ami de sa famille, Pierre Daru, qui, nommé secrétaire général de la guerre, attacha Beyle à son ministère en qualité de surnuméraire. Malheureusement, dès le premier jour, il lui arriva d’écrire cela par deux ll, dans une lettre dictée par son protecteur. « Voilà donc ce brillant humaniste, qui a remporté tous les prix dans son endroit ! » s’écrie le haut fonctionnaire. Beyle pensa alors que la peinture lui réussirait mieux que la dictée du secrétaire général et il alla travailler chez Regnault, l’auteur de l’Éducation d’Achille.

Mais cela ne dura guère. La protection de Daru ne l’abandonna point, et en 1800 il accompagna en Italie Martial Daru, qui secondait son frère en qualité de sous-inspecteur aux revues. Henri Beyle emporta, à la manière de Paul-Louis Courier, ses provisions littéraires, surtout des éditions stéréotypes, une nouvelle invention dont il estimait particulièrement les produits ; de même qu’il n’oublia point, en passant à Genève, d’aller visiter, rue Chevelue, la maison ou était né Rousseau. A Ivrée, où il arriva avec le général Lannes, qui venait de forcer cette place, il eut le bonheur d’assister à une représentation du Mariage secret de Cimarosa : et il se trouva dans la capitale de la Lombardie en même temps que le premier consul Bonaparte.

Tout lui plut dans cette ville pour laquelle il éprouva un enthousiasme dont La Chartreuse de Parme, un de ses derniers et plus remarquables ouvrages, porte la trace. Doué d’une nature plus belliqueuse, il eût pu compter parmi les jours mémorables de sa vie la chance d’assister, comme il le fit, à la bataille de Marengo (14 juin 1800) ; mais il n’y assista que comme spectateur et parce qu’il était attaché au quartier générai de l’armée française. Recommande par Daru, il entra ensuite dans l’administration de Petiet, qui venait d’être nommé gouverneur de la Lombardie.

Mais la vie de bureau avait peu d’attrait pour lui. Il ne fit qu’y passer, et le 23 septembre de cette même année 1800, il entra avec le grade de maréchal des logis dans le 6e régiment de dragons ; un mois après, il portait l’épaulette de sous-lieutenant. La fortune continuant à lui être favorable, il fit, en qualité d’aide de camp du général de division Michaud, commandant de la réserve de l’armée, la campagne du Mincio. Il se distingua au combat en avant de Castelfranco.

Toutefois une blessure qu’il reçut alors au talon fut occasionnée, non par une action d’éclat, mais par un duel. Puis, avec cette mobilité dont il devait donner plus d’une preuve, il offrit, au grand étonnement de ses protecteurs, sa démission d’officier le 20 septembre 1802. Revenu à Grenoble, chez ses parents, il leur déplut également par ses allures par trop militaires et en même temps trop dégagées. Son père lui promit une pension mensuelle de cent cinquante francs, avec la licence d’aller la dépenser à Paris. C’est ce qu’il fit, et il logea à un cinquième étage.

Suivant l’antique habitude des aspirants à la renommée, il commença par refaire son éducation, lut Montaigne, Rousseau. Montesquieu, et en même temps apprit l’anglais et l’escrime. Un nouveau voyage à Grenoble imprima encore un autre cours à sa carrière. S’étant épris d’une actrice qui, à ce moment-là, le payait de retour, mais qu’un engagement appelait à Marseille, il songea à la suivre, et, pour atteindre ce but, il entra comme commis dans une maison d’épicerie, dirigée dans cette ville par un de ses compatriotes, Raybaud. Malheureusement l’actrice épousa un seigneur russe, et Beyle ne put plus souffrir ni drogues ni épices, et il quitta le commerce, comme il avait quitté la profession des armes.

Revenu à Paris, il y retrouva Martial Daru qui l’engagea à l’accompagner à l’année. Il accepta, quoiqu’il eût repris ses travaux littéraires. Le 14 octobre 1806, il assista à une autre journée mémorable, la bataille d’Iéna et le 26, il vit entrer Napoléon à Berlin. Il eut sa part des succès de la campagne par sa nomination aux fonctions d’intendant des domaines de l’empereur à Brunswick, dont le comte Daru était intendant général ; et le 11 juillet 1807, Beyle était nommé adjoint aux commissaires des guerres. De même que Paul-Louis Courier étudiait le grec en Italie, Beyle ne pouvait pas manquer d’étudier la philosophie allemande à Brunswick. Il s’éloigna de cette ville en 1809, le comte Daru, devenu intendant général de l’armée, l’ayant chargé alors de diverses missions, dont il s’acquitta avec courage et habileté.

C’est à ce moment que se place un fait honorable pour Beyle et qui témoigne de son courage et de son sang-froid. Officier d’administration, il était chargé du dépôt dans une petite ville qui n’attendait que le départ de la garnison pour se soulever contre les Français. A peine, en effet, les troupes se furent-elles éloignées que l’insurrection éclata. On voulut tout d’abord massacrer les malades a l’hôpital et piller ou brûler les magasins. Que faire sans troupes ? Les officiers militaires de la place se trouvent fort empêchés. Beyle survient, et son parti est bientôt pris. Il pénètre dans l’hôpital, fait lever et arme tout : malades, blessés, convalescents, même les impotents ; il les met eu embuscade aux fenêtres, qui, garnies de matelas sont transformées en meurtrières. Quant aux autres, il les range en peloton, ouvre les portes et se précipite sur l’émeute, qu’il n’a plus ensuite aucune peine à dissiper.

A quelque temps de là (10 mai 1809), le canon des Français étant venu tonner à quelque distance de Schoenbrunn, près de la demeure de Haydn, le grand compositeur, dont le courage n’était peut-être pas à la hauteur de son génie musical, en éprouva une si grande frayeur que, peu de jours après (31 mai), il rendait le dernier soupir. Beyle avait trop le sentiment des grandeurs de l’intelligence pour ne pas assister, à Vienne même, où il trouva moyen de se rendre, à l’exécution du Requiem de Mozart qui eut lieu en l’honneur de son émule.

La paix de Schoenbrunn ramena à Paris l’adjoint aux commissaires des guerres. Le comte Daru le protégeait plus que jamais ; mais il dépensait vingt mille francs et n’avait que dix-huit cents francs d’appointements. Le niveau se rétablit un peu à partir de sa promotion au titre d’auditeur de première classe au conseil d’État, section de la guerre (3 août 1810). Napoléon, ayant ensuite institué deux inspecteurs de la comptabilité du mobilier et des bâtiments de la couronne, Beyle, recommandé par le comte Daru, obtint un de ces emplois. Il fut en outre chargé, à la liste civile, de la direction du bureau de la Hollande. On voit qu’il n’avait qu’à se laisser faire, et déjà la somme de ses traitements réunis s’élevait aux deux tiers à peu près de ses dépenses.

Comme il était dans sa nature de rechercher toutes les occasions de comparer et d’observer, il se fit attacher à l’expédition de Russie en 1812. Chargé, en qualité de directeur général, d’approvisionner Minsk, Wilepsk et Mohilew, il ne s’oublia pas lui-même et s’approvisionna pour ce voyage de bon nombre d’ouvrages. Il prit même la précaution d’emporter un Cabanis pour vérifier sur l’armée, au passage du Niémen, les observations physiologiques de ce médecin philosophe. A Moscou, il put voir l’incendie de la capitale de la vieille Russie. Il avait d’abord cru qu’il ne s’agissait que d’une de ces aurores boréales dont l’extrême Nord offre souvent le spectacle. Beyle revint de Russie ayant perdu ses chevaux, sa voiture et son argent.

Après avoir repris ses fonctions d’inspecteur du mobilier de la couronne, il alla en 1813 remplir l’emploi d’intendant à Sagan, en Silésie. Au commencement de 1814, il fut adjoint au commissaire extraordinaire envoyé à Grenoble, avec des instructions particulières émanées de Napoléon lui-même. Le commissaire écrivait, signait, proclamait, mais c’est Beyle qui agissait. C’est alors aussi qu’il lui arriva d’être moralement châtié pour une petite vanité momentanée, dont le premier auteur était le comte Daru. Ce haut personnage avait voulu anoblir de son chef son protégé : en conséquence, celui-ci était devenu de Beyle sur les actes officiels. Venu à Grenoble, il contresigna de même les arrêtés du commissaire extraordinaire ; mais la malice de ses compatriotes ne lui laissa pas mettre une particule que le père de Beyle n’avait jamais employée, si bien qu’à chaque apparition d’acte officiel portant le de malencontreux, ils ne manquaient pas de le gratter, en accompagnant cette correction de quelque observation piquante.

Beyle revint à Paris à la date même (1er avril 1814) de la déchéance de Napoléon, prononcée par le sénat. Sa fortune, à lui, s’arrêta en même temps. C’est alors qu’il se remit a voyager. Il retourna et séjourna à Milan pendant trois années consécutives. Il ne put donc pas assister, comme on l’a prétendu, à la bataille de Waterloo. Des travaux uniquement pacifiques l’occupèrent ensuite ; dans le nombre, son Histoire de la peinture en Italie, faite sur place, ce qui donne toujours plus de sûreté aux recherches et plus de fermeté aux appréciations.

En 1819, Beyle revint à Grenoble pour y coopérer à l’élection de Grégoire ; puis, après un court séjour à Paris, retourna en Italie, où il resta jusqu’en 1821. Mais il ne revint en France que pour s’en aller·encore. Cependant, lors d’un de ces retours dans sa patrie, le cabinet des Tuileries le fit sonder, ce qui était assez imprévu, sur le mérite des candidats à la papauté ; et peut-être le successeur de St-Pierre ignora-t-il toujours qu’un sceptique comme Beyle avait été pour quelque chose dans son élection.

En 1830, le comte Molé nomma l’ancien protégé du comte Daru au consulat de Trieste. Mais le refus de l’exequatur de la part de l’Autriche donna lieu de chercher un souverain moins farouche, et on lui trouva le consulat de Civita-Vecchia. Tous ces voyages et excursions le mirent en relation avec les personnages considérables de France, d’Italie et d’Allemagne. Aussi bien les connaissait-il : qualités, défauts, aventures, il n’ignorait rien ; et il était fort recherché dans les salons, où il contait et inventait à merveille. Ses ouvrages portent l’empreinte de ces qualités et ressemblent à des causeries.

Il ne paraît pas que le séjour de Civita-Vecchia lui ait été favorable. Revenu à Paris en 1841, il s’y occupa, contrairement à l’avis de son médecin, de compositions littéraires. Frappé d’apoplexie en pleine rue, le 22 mars 1842, il rendit le dernier soupir le lendemain 23 mars ; sa mort, comme ses écrits, eut le caractère de l’imprévu. « Il était, dit un de ses compatriotes, devenu aussi son biographe, d’une taille qui rappelait l’Hercule Farnèse : épaules larges, front beau, œil vif et perçant, bouche sardonique. » Il était esclave de la mode, et, pour lui être fidèle, il eut recours dans les dernières années à « l’éclat emprunté » dont il est question dans un chef-d’œuvre poétique.

A le juger sur ce mot de son épitaphe, faite par lui-même, amo, l’amour aurait été la grande affaire de sa vie. Peut-être était-ce se vanter au delà du tombeau. Il analysait trop minutieusement les sentiments romanesques pour les éprouver réellement. Observateur, il allait au fond des choses ; mais il y avait dans ses observations, dans sa critique surtout, cette recherche qui veut surtout être imprévue et dont la littérature contemporaine offre plus d’un exemple, mais où le naturel est souvent mis de côté. « Il a du trait, dit de Bussière dans la Revue des deux Mondes du 15 janvier 1843, de vives et pénétrantes clartés. » Et ce jugement est fondé.

C’est de la troisième édition, en 1826, de Rome, Naples et Florence en 1817, que date le pseudonyme de Stendhal adopté par l’auteur, qui jusqu’alors avait mis à ses ouvrages des noms de fantaisie. Depuis il ne cessa plus d’écrire sous ce pseudonyme, devenu son nom littéraire.

Le Rouge et le Noir de Stendhal, dans la collection Nelson, édition de 1954

Le Rouge et le Noir de Stendhal, dans la collection Nelson, édition de 1954

Dans son De l’amour, paru en 1822, Beyle reprend un sujet épuisé en se souvenant des leçons de Cabanis, et envisage physiologiquement ce thème qui n’intéresse que lorsqu’on ne prétend pas en raisonner. Voici par exemple comment l’auteur en décrit les symptômes : « Il y a dès le commencement de l’amour un commencement de folie, une affluence de sang au cerveau, un désordre dans les nerfs et dans le centre cérébral. »

Ce qui équivaut à dire que c’est une maladie qui fait la vie à tous les degrés dans l’univers ; mais ce qui suit est au moins ingénieux et plus vrai : « Laissez travailler la tête d’un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez : aux mines de Salzbourg, on jette dans les profondeurs de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes ; les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. » Mais le sensualisme n’est pas assez déguisé dans le passage suivant : « Qu’est-ce que la beauté ? C’est une aptitude à vous donner du plaisir. »

Beyle s’élève surtout contre l’honneur, qu’il qualifie de « vil mélange de vanité et de courage, né de l’idée singulière qu’avaient certains hommes de faire les femmes juges du mérite ». Selon lui, l’honneur ou l’empire de l’opinion aurait été détrôné par l’habitude de tout discuter, issue des institutions parlementaires. D’où la conclusion que les chambres seraient cause de l’affaiblissement de l’amour. On ne s’attendait pas à cet auxiliaire du pouvoir absolu. Enfin l’auteur de l’Amour en revient à la théorie des climats, et naturellement il se fait Italien : « Dans ce pays où la passion parle seule et l’opinion n’est rien. »

Dans Le Rouge et le Noir (1831), Stendhal ne s’attaque pas seulement à l’ennui qui, selon lui, s’exhale du caractère français, mais, avec plus de raison, à la vanité, qui y est endémique. Ici encore revient la doctrine favorite de l’auteur, que l’utile et le beau se tiennent ; que celui-ci « n’est que la saillie » du premier. Cette idée économique, appliqué au caractère et au moral, est un des côtés les plus singuliers et peut-être les plus remarquables de la pensée de Stendhal.

Si, dans Le Rouge et le Noir, Stendhal a montré dans le caractère français un mobile superficiel, la vanité, en revanche il montre, dans La Chartreuse de Parme (1839), par l’exemple de l’Italie, ce que peut la passion et les prodiges qu’elle fait enfanter ; de même que l’on rencontre dans cet ouvrage cette finesse un peu préméditée et néanmoins cette sûreté d’observation qui fait le fond des œuvres de l’auteur.

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