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Tapis d’exception (Nouveau) sortant de
la Manufacture nationale de Lodève
(Source : France Télévisions)
Publié le samedi 25 février 2017, par LA RÉDACTION
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À Lodève, dans l’Hérault, la Manufacture nationale de la Savonnerie fabrique depuis plus de 50 ans des tapis d’exception. Tissés à la main comme au XVIIe siècle, ces ouvrages sont destinés à meubler les hauts lieux de pouvoir. Ce jour-là, c’est un tapis rouge qui est remis aux commanditaires. Les deux lissières ne cachent pas leur fierté.
 

C’est avec beaucoup d’émotion que Bedja Bensot et Marie-Hélène Blanchard, lissières de la manufacture de Lodève, ont remis officiellement leur oeuvre au Mobilier national. Un tapis unique de 10 m2 réalisé sur le modèle d’une toile Plié-Déplié de l’artiste contemporaine Marie-Claude Bugeaud. Estimée à 200 000 euros, soit plus que le modèle, l’oeuvre a nécessité cinq ans de travail. Elle viendra meubler un salon ou un bureau de la République, car tous ces tapis sont destinés au Mobilier national.

Des petits bijoux pour l’État
Les gestes des lissières n’ont pas changé depuis des siècles : une trame, des broches de laine et un modèle qu’elles adaptent. Elles sont 17 à travailler dans l’atelier de Lodève. Un art minutieux qui demande beaucoup de patience : il faut environ quatre ans pour réaliser une tapisserie.

Lorsqu’ils sont terminés, les tapis appartiennent donc au mobilier national et ne seront jamais vendus. Dans les réserves, 1 200 ouvrages dorment en attendant leur heure. Audrey Azoulay, la ministre de la culture, a choisi un tapis contemporain pour meubler son bureau.

Tapis créé par les lissières Bedja Bensot et Marie-Hélène Blanchard sur l'oeuvre de Marie-Claude Bugeaud
Tapis créé par les lissières Bedja Bensot et Marie-Hélène Blanchard
sur l’oeuvre de Marie-Claude Bugeaud

La variété de la production
Le site de Lodève produit des tapis d’après des artistes tels que Paulin, Hajdu, Lalane, Morellet... Il réédite également des tapis des XVIIe (les grands modèles classiques élaborés par Le Brun pour Louis XIV), et XIXe siècles. Deux cent tissages ont vu le jour depuis la création de l’atelier.

De l’art à l’industrie
Située dans l’Hérault la manufacture de Lodève, annexe de celle des Gobelins à Paris, perpétue le savoir-faire du tapis à la française. Les lissiers peuvent passer jusqu’à sept ans sur un tapis. Dès le Moyen Age, Lodève tire ses ressources du travail de la laine. Le cardinal de Fleury obtient auprès de Louis XV, dont il est le Premier ministre, que la ville ait le monopole de la confection des draps pour l’infanterie royale. Ces commandes pérennisent l’industrie textile jusqu’en 1865, année du déclin. La dernière filature ferme ses portes en 1960.

Une manufacture royale
L’arrivée de Harkis en France après la guerre d’Algérie relance l’activité de la manufacture de Lodève. Les hommes sont employés dans les services municipaux et les femmes dans des ateliers de tissage. Dès 1964, une trentaine d’entre elles confectionnent des tapis. Deux ans plus tard, André Malraux décide d’en faire une manufacture royale qui répondra aux commandes de l’Etat. L’atelier de Lodève, créé en 1966, est installé dans de nouveaux bâtiments depuis 1990.

Odile Morain
France Télévisions

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