LA FRANCE PITTORESQUE
Gélase Ier
(né en ? - mort le 21 novembre 496)
Élu pape le 2 mars 492
(« Histoire des souverains pontifes romains » (Tome 1)
par A. de Montor paru en 1846,
« Résumé de l’histoire des papes » par A. Bouvet de Cressé, paru en 1826
et « Le Vatican ou Portraits historiques des papes » paru en 1825)
Publié le mardi 16 août 2016, par LA RÉDACTION
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Saint Gélase, Romain, comme il le dit lui-même, et non pas Africain comme cela a été affirmé par erreur, était fils de Valérius, et fut créé pape le 2 mars 492, au lendemain de la mort de Félix III. Suivant quelques écrivains, il institua les chanoines réguliers de Latran.

Il écrivit à l’empereur byzantin Anastase (491-518), qui tourmentait les orthodoxes et soutenait les eutichiens. Gélase eut de grandes contestations avec l’empereur Anastase Ier, et soutint avec une obstination extraordinaire, et tout l’entêtement du préjugé, les prérogatives de son siège, en refusant de reconnaître celles de Constantinople. Il savait bien, cependant, tous les obstacles que lui opposaient les décisions du concile de Chalcédoine. Aussi prétendait-il que ces décisions n’étaient de nulle valeur, attendu que le pape Léon et ses successeurs ne les avaient pas sanctionnées de leur consentement, parce qu’elles étaient contraires à la coutume ancienne. Il déclara, dans un concile de quarante-cinq évêques et cinquante-huit prêtres tenu à Rome en 495, quels étaient les livres sacrés de l’un et de l’autre Testament, quels étaient les livres des saints Pères reçus par l’Église, et enfin quels étaient les livres apocryphes. Il commanda, dans le même concile, de vénérer comme saints les quatre conciles généraux, celui de Nicée, celui de Constantinople, celui d’Éphèse et celui de Chalcédoine.

Pape Gélase Ier (492 - 496)
Pape Gélase Ier (492 - 496)

Il abolit et fit disparaître de Rome les fêtes lupercales, dans lesquelles des hommes nus parcouraient la ville en frappant, avec des peaux de chèvre, les femmes qui étaient dans un état de stérilité. Les païens croyaient qu’ainsi elles devenaient fécondes. Le saint-père réfuta, par un traité, le sénateur Andromaque, qui avait paru mécontent de cette abolition. Au lieu des lupercales, Gélase institua la fête de la Purification de la très-sainte Vierge. Edmond Martène soutient que bien auparavant elle se célébrait dans l’Orient ; d’ailleurs nous savons que le pontife Sergius Ier, au VIIe siècle, y ajouta la procession avec les cierges allumés.

Saint Gélase refusa d’accorder la communion et les lettres pacifiques à Euphémius, évêque de Constantinople, jusqu’à ce qu’il eût effacé le nom d’Acacius des diptyques sacrés. Le même pape combattit aussi les restes de l’hérésie pélagienne, qui tendait à s’introduire dans la Dalmatie et dans le Picenum ; imitant en cela ses prédécesseurs saint Innocent Ier, saint Zosime, saint Boniface Ier, saint Célestin Ier’, saint Sixte III et saint Léon le Grand, qui n’accordèrent pas un pouce de terrain aux sectateurs de cette hérésie.

Pour reconnaître d’une manière sûre les manichéens restés à Rome, qui abhorraient le vin, en disant qu’il était le fiel du prince des ténèbres et du diable créé, Gélase ordonna que tous les fidèles communiassent sous les deux espèces, ce qui fut en usage jusqu’au XIIe siècle ; alors on ne pratiqua plus ce rit. Il fut tout à fait aboli par le concile de Constance en 1416. Cependant, d’après le concile de Trente, cette prérogative fut accordée aux rois de France le jour de leur sacre, aux diacres et aux sous-diacres de Saint-Denis, près de Paris, pour les dimanches et les jours solennels ; et enfin aux ministres des autels du monastère de Cluny, en France, pour les jours de fête.

Saint Gélase publia un Code ou Missel, pour que les messes fussent disposées en bon ordre. Il fut le premier à permettre d’administrer les ordres à tous les quatre-temps de l’année. En deux ordinations, il créa soixante-sept évêques, trente-deux prêtres, douze diacres. Il mourut le 21 novembre 496 et fut enterré au Vatican, l’année même où Clovis embrassa en France la religion catholique. Ce pape n’était pas étranger à cet immense succès du catholicisme. Gélase était un modèle de pureté, de zèle et de simplicité dans sa conduite. Ses mœurs répondaient à sa doctrine. Ses lettres contiennent des expressions très fortes en faveur du pouvoir des papes sur toutes les églises du monde et de l’indépendance de l’Église de Rome, dont les prélats ne pouvaient, suivant lui, « être jugés par personne ».

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