LA FRANCE PITTORESQUE
Si parva licet componere magnis
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Publié le lundi 11 juillet 2016, par Redaction
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S’il est permis de comparer les petites choses aux grandes
 

Dans sa première églogue, Virgile fait dire au berger Tityre : « La ville qu’on appelle Rome, ô Mélibée, je la croyais, dans ma simplicité, semblable à la ville voisine, où nous avions coutume de conduire nos tendres agneaux. Ainsi je voyais les chevreaux ressembler à leurs mères, ainsi aux petites choses je comparais les grandes. »

« Si nous passons du grave au doux, si parva licet componere magnis, nous trouvons au dernier échelon, parmi les imitateurs qui se croyaient inventeurs, M. Zoug, le pâtissier viennois de la rue Richelieu. Il avait cru s’immortaliser en signant ses petits pains ; on a découvert dans un four, à Pompéi, un petit pain que j’ai vu au musée de Naples, et qui porte le nom de son auteur. » (Revue de Paris)

« L’Ordre connaît cette informe et lourde masse que l’on appelle le limonier poitevin, et qui va traînant par les rues des attelages de moellons ou de pierres meulières. Vienne un embarras, un encombre, des voisins querelleurs, le citoyen du Poitou a ses gaietés et ses colères. Il se travaille pour hennir et pour ruer. Hélas ! la ganache ne lui permet pas l’un, et la croupière lui refuse l’autre. Il ne tire de sa meilleure volonté qu’un seul ricanement court et poussif, le plus plaisant du monde. Sauf le respect que nous lui devons, et si parva licet componere magnis, nous avertissons l’Ordre, en toute sincérité, que c’est là une naïve image des humeurs bouffonnes et épigrammatiques où le jettent parfois les discussions. » (Louis VEUILLOT)

« M. Théophile Gautier, dès les premières pages, m’a rappelé tout d’abord combien, au sein d’un même mouvement littéraire, il y a de différences entre les générations qui se succèdent, qui se dépassent : c’est, toute proportion gardée, et si parva licet componere magnis, comme dans notre grande révolution. Je suis un vieux constituant de 89, me disais-je, et voilà un jeune girondin qui nous en prépare de rudes. » (SAINTE-BEUVE)

« A Dieu ne plaise que je mette en parallèle une institution d’une importance secondaire et qui ne compte, après tout, que cinq ou six siècles d’existence, avec ces deux pierres angulaires de nos sociétés chrétiennes et européennes, l’Église et l’État. Cependant, si parva licet componere magnis, on peut dire qu’à certains égards, dans ses rapports avec l’Église et l’État, l’Université a une position mixte et intermédiaire. » (COURNOT)

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