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Château de Commarque (Dordogne) :
envoûtante forteresse médiévale
(Source : Le Point)
Publié le samedi 18 août 2018, par LA RÉDACTION
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Implanté en haut d’un éperon rocheux dominant la Beune, le château de Commarque transporte quiconque s’y aventure
 

Comme une apparition. Les ruines surgissent au détour d’un chemin englouti par la végétation. On aperçoit d’abord une falaise creusée d’anciens habitats troglodytes puis, en se retournant, les vestiges de maisons médiévales autour desquels ploient de grands arbres centenaires. Au milieu de cet ancien village où vécurent jusqu’à 500 habitants au XVIe siècle, se dresse une chapelle romane. Mais le chef-d’œuvre du lieu est encore au-dessus. Il consiste en un majestueux double donjon dont la silhouette, à certaines heures, recouvre le site de son ombre.

Bienvenue au château de Commarque. Le site de ce domaine, unique en son genre, dégage quelque chose de fantastique. Robert Merle en fit le cadre de son roman Malevil. Et Ridley Scott s’en servit de décor de cinéma pour son film de cape et d’épée : Les Duellistes, tourné sur place en 1976.

Château de Commarque (Dordogne)
Château de Commarque (Dordogne)

Du haut de ses donjons... huit siècles d’histoire
Hier réservé à quelques happy few qui connaissaient la région, cet exceptionnel château, dont les plus anciens bâtiments remontent à huit siècles, évoque irrésistiblement Angkor Vat. Comme le temple khmer, exhumé de la jungle cambodgienne par trois générations d’archéologues, Commarque est entouré par un écrin de verdure. « Et comme à Angkor, ces arbres ont bien failli détruire le bâti », confie Hubert de Commarque, propriétaire des lieux.

Ce lointain parent de Garin de Commarque, à qui le pape lui-même accorda des terres aux environs de Sarlat en 1170, a consacré toute son énergie à l’entretien et à la restauration du lieu. Hubert et sa femme, Christine de Commarque, viennent ainsi d’achever de rénover le corps de logis du château. Sur trois niveaux, reconstitués, des salles d’exposition permettent désormais aux visiteurs de découvrir à quoi ressemblait cet édifice fortifié lorsque le jeune couple le fit revenir dans le patrimoine familial en 1968. Ouvert à la visite depuis 2000, près de 50 000 personnes ont eu la chance de le visiter l’an dernier. Des ateliers y sont organisés tout l’été à l’attention des plus jeunes pour leur permettre d’apprendre le tir à l’arc, la calligraphie médiévale, mais aussi la sculpture pariétale.

Vestige préhistorique
Peuplé depuis 80 000 ans, le site est baigné par une source à laquelle une légende locale prêtait des vertus médicinales. « Des rennes venaient là s’abreuver à l’époque préhistorique. Des chasseurs y ont naturellement installé leur campement », écrit l’historien Jean Lartigaut qui s’est penché sur le passé prestigieux des lieux. Une grotte aux murs couverts de fresque, dont un remarquable cheval gravé, atteste la présence de Cro-Magnon il y a quinze millénaires. Fortifié au XIIe siècle, remanié plusieurs fois avant d’être abandonné à la veille de la Renaissance, l’endroit a conservé un charme insolite.

Site Internet : http://www.commarque.com/
Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Commarque/172840219530650

Baudouin Eschapasse et Laura Welfringer
Le Point

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