LA FRANCE PITTORESQUE
13 avril 1946 : loi Marthe Richard
imposant la fermeture des maisons closes
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Publié le mercredi 13 avril 2016, par LA RÉDACTION
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C’est le jour du vote de la loi Marthe Richard qui impose la fermeture des maisons closes ; on disait alors les maisons de tolérance.

Marthe Richard a elle-même été prostituée, mais aussi pilote d’avions, autrefois une des premières femmes à obtenir un brevet. Elle prétend également avoir été espionne pendant la Grande Guerre, s’est mariée à un riche industriel, et est devenue en 1946 conseillère municipale de Paris.

C’est selon elle pour protéger les prostituées qu’elle veut faire interdire les maisons closes. A l’époque il en existe environ 1500 en France, dont 180 à Paris. Des lieux célèbres, des institutions : le One Two Two, 122 rue de Provence ; le Panier Fleuri ; le Moulin Galant.

Scène du film One, Two, Two : 122 rue de Provence, sorti en 1978 et retraçant le quotidien de cette luxueuse maison close
Scène du film One, Two, Two : 122 rue de Provence, sorti en 1978
et retraçant le quotidien de cette luxueuse maison close

Certains sont de véritables bouges : pas d’hygiène, pas d’intimité. Dans ce qu’on appelle les taules d’abattage, certaines filles vont jusqu’à faire 70 passes par jour. Sans compter que certaines maisons sont parfois des repaires de brigands, de vrais lieux de pègre.

Les autorités sentent qu’il faut agir, et c’est la proposition de Marthe Richard qui va tout déclencher. Au départ, comme elle est conseillère municipale de Paris, cela concerne la capitale, mais l’affaire fait boule de neige. Le ministre de la Santé s’en empare, puis un député propose la loi qui est votée, ce 13 avril 1946 et sera appliquée dès le 6 novembre. Cela ne signifie pas que la prostitution soit interdite, mais elle perd ses cadres.

Franck Ferrand
Europe 1

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