LA FRANCE PITTORESQUE
11 avril 1779 : mort du botaniste
Joseph de Jussieu
(D’après « Biographie universelle, ancienne
et moderne » (tome 22), paru en 1818)
Publié le jeudi 11 avril 2019, par LA RÉDACTION
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Frère des botanistes Bernard et Antoine de Jussieu, associé de l’académie des Sciences, docteur en médecine de la faculté de Paris, il naquit à Lyon le 3 septembre 1704.

Il se fit remarquer de bonne heure par son goût pour les sciences, cultivées avec tant de succès au sein de sa famille. Doué d’une imagination très vive, il abandonna bientôt l’étude de la botanique pour celle des mathématiques, et la profession de médecin pour l’emploi d’ingénieur. En 1735, il fut choisi comme botaniste pour accompagner au Pérou les astronomes de l’académie. Lorsque leurs travaux furent terminés, Joseph de Jussieu ne put se résoudre à quitter ce beau pays sans en avoir parcouru les contrées inconnues. Ses connaissances en médecine lui procurèrent les moyens de subsister ; et les Péruviens, poussant l’admiration jusqu’à la tyrannie, l’empêchèrent de quitter le Pérou avant la fin d’une maladie épidémique, dans laquelle on avait eu besoin de son secours.

Antoine, Bernard et Joseph de Jussieu
Antoine, Bernard et Joseph de Jussieu

Devenu plus libre, Joseph de Jussieu commença ses nouveaux voyages en 1747. Il parcourut, à travers mille dangers, plusieurs pays sauvages et inhabités, faisant partout des découvertes et des observations, dont les fragments qui nous restent font regretter ce qui est perdu. Après avoir éprouvé, comme plusieurs de ses compagnons de voyage, une foule d’événements singuliers, le chagrin de vivre loin de sa famille le tourmenta sans relâche ; il devint sujet à de fréquents vertiges ; sa mémoire s’affaiblit, et il revint à Paris, en 1771, après trente-six ans d’absence.

Son état, depuis cette époque, ne lui a jamais permis de rédiger les mémoires de ses voyages. Ses découvertes, ses travaux, le fruit de quarante années consacrées aux sciences, ses chagrins, ses malheurs, tout était effacé de son souvenir. Bientôt sa vie ne fut qu’un assoupissement continuel ; ses membres se contractèrent, et il mourut à Paris le 11 avril 1779.

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