LA FRANCE PITTORESQUE
La Mothe-Chandeniers :
château du Loudunais
faisant rêver le monde entier
(Source : La Nouvelle République)
Publié le mardi 12 janvier 2016, par LA RÉDACTION
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Une vidéo du château de la Mothe-Chandeniers sur Internet révèle un extraordinaire engouement pour ce trésor en ruines livré à la végétation, à deux pas du nouveau Center Parcs des Trois-Moutiers
 

La caméra suit un colvert au ras de l’eau calme des douves, s’envole au-dessus des tours crénelées, plonge dans la cour intérieure, longe les arcades et pénètre même dans la chapelle. Elle révèle un château en ruines et envahi par la nature. Un château tout droit sorti d’un conte de fées. Ce spectacle saisissant filmé aux Trois-Moutiers, dans le Loudunais, a fait le tour du monde grâce à Internet. Depuis sa mise en ligne il y a deux ans, la vidéo réalisée par DroneContrast a été vue plus de 600.000 fois. A l’automne dernier, elle n’affichait que 10.000 vues.

« Nous l’avons de nouveau partagée sur les réseaux sociaux récemment pour lui donner une nouvelle vie et faire connaître notre travail », explique Antoine Machon, le cogérant de cette société tourangelle spécialisée dans les prises de vues depuis les drones et les images aériennes. « Après, ça nous échappe. On ne sait pas ce qui s’est passé mais elle a bien plu. Dans les pays de l’Est, en particulier en République Tchèque, mais aussi au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Australie. »

Château de La Mothe-Chandeniers (Vienne, Poitou-Charentes)
Château de La Mothe-Chandeniers (Vienne, Poitou-Charentes)

Le château livré à la nature fascine les amateurs d’urbex, l’exploration urbaine. Sur un site spécialisé en Grande-Bretagne, certains amateurs ont publié de magnifiques photographies prises à l’intérieur malgré la vigilance du frère du propriétaire qui veille sur les lieux, un homme de 76 ans condamné l’été dernier pour avoir agressé un jeune défenseur du patrimoine venu en scooter pour prendre une photo.

Un vrai château de Belle au bois dormant
Chargé de réfléchir à l’avenir du site divisé en quatre propriétés privées, Hugues Lallemand, directeur de l’Agence de l’attractivité du Poitou, comprend cet engouement : « Il est incroyable, ce château en ruines. C’est un vrai château de Belle au bois dormant ! Et puis, il est mystérieux avec des arbres et des racines dans tous les coins... » Tout cela, juste à côté des huit cents cottages du Center Parcs inauguré l’été dernier dans les anciens bois du domaine de la Mothe-Chandenier. Un trésor qui ne demande qu’à être réenchanté.

L’histoire du château : points de repère
Une histoire de Mottes : Au XIIIe siècle, quand le château s’élève, il ne s’appelle pas encore la Mothe-Chandeniers mais la Motte de Bauçay (ou Baussay). Du nom d’une illustre famille, seigneurs de Loudun. Le château est un ancien fief qui relève du roi. Il entre dans la famille de Chaunay, seigneur de Champdeniers (dans les Deux-Sèvres), puis passe aux mains des Rochechouart, qui lui donnent le nom de la Mothe-Champdenier, en 1624.

De la Fronde à Frizon : Quand François de Rochechouart est exilé de la cour en 1650 pour avoir fait partie de la Fronde, il s’entoure de noms illustres, dont le jésuite Léonard Frizon, qui lui dédie en 1657 un poème chanté en vers latin, Motha Candeneria.

La décadence : En 1168, François de Rochechouart, ruiné, cède son château à la famille Lampoignon, dont une des filles épouse René-Charles de Maupeou, vice-chancelier et garde des Sceaux de France. La Mothe lui est attribué en 1766. Une mauvaise gestion conduit le château à la ruine.

La renaissance : François Hennecart, riche entrepreneur parisien, l’achète en 1809 et l’embellit avec l’aménagement de canaux, d’un vignoble... Avec les héritages successifs, le baron Edgard Lejeune, écuyer de l’empereur Napoléon III, devient le nouveau châtelain. Peu avant 1870, le château est reconstruit dans le goût romantique. L’architecte anglais chargé des travaux s’inspire des châteaux de la Loire. Il l’entoure d’eau comme le château d’Azay-le-Rideau.

L’incendie du 13 mars 1932 : Alors que le baron Robert Lejeune vient de faire installer le chauffage central, un violent incendie se déclare. Un désastre. Seule la chapelle, les dépendances et le pigeonnier sont épargnés. Les pertes sont considérables. En 1963, l’industriel à la retraite Jules Cavroy rachète le domaine à la veuve du baron Lejeune. Au début des années 80, Marc Demeyer, l’actuel propriétaire, rachète le château à une famille d’agriculteurs.

Baptiste Bize
La Nouvelle République

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