LA FRANCE PITTORESQUE
5 juillet 1833 : mort de Nicéphore Niépce,
inventeur de la photographie
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Publié le vendredi 3 juillet 2015, par LA RÉDACTION
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Fils de Claude Niépce, écuyer, conseiller du roi, receveur des consignations aux bailliage et chancellerie de Chalon-sur-Saône, et de demoiselle Claude Barrault, Nicéphore Niépce naquit dans cette dernière ville le 7 mars 1765. Nommé le 10 mai 1792 sous-lieutenant dans le 42e régiment d’infanteri, il passa le 6 mai de l’année suivante lieutenant au 2e bataillon de la 83e demi-brigade, et fit en cette qualité la campagne de Cagliari (Sardaigne) et celle de 1793 à l’armée d’Italie.

Devenu adjoint à l’adjudant-général Frottier, le 18 ventôse an 2, il se vit contraint de renoncer à la carrière militaire par suite d’une maladie épidémique dont il fut atteint et de la faiblesse extrême de sa vue ; c’est ce qui le détermina à se faire recevoir, le 30 brumaire an 3, membre de l’administration du district de Nice (Piémont), alors à la France.

Le 23 juin 1801, il rentrait dans sa ville natale avec sa femme, son fils et son frère aîné (Claude Niépce, né le 10 octobre 1763), qui était venu le rejoindre après avoir longtemps parcouru les mers. A dater de cette époque, les deux frères mirent leurs efforts et leurs goûts pour les sciences en commun. Ils prirent collectivement le 15 novembre 1806 un brevet d’invention pour une machine qu’ils appelaient Pyréolophore ; plus tard ils achevaient une pompe appelée hydrostatique ; ils s’occupèrent ensuite de la culture du pastel et parvinrent à en extraire une substance colorante dont la beauté était comparable à celle de l’indigo le plus pur.

Mais bientôt la découverte de la lithographie vint imprimer une nouvelle direction aux travaux de Joseph-Nicéphore Niépce. Dès la fin de l’année 1813, sa pensée investigatrice s’arrêta à l’idée de fixer sur la pierre la représentation des objets qui lui seraient transmis par la lumière. En 1822, Niépce, a l’aide d’un vernis bitumineux, obtenait sur l’étain poli ou sur des fragments de verre des reproductions fidèles de gravures. Le portrait du pape Pie VII, qu’il obtint par ce procédé, fit grande sensation dans le public à l’époque où il parut.

Nicéphore Niépce
Nicéphore Niépce

Enfin, après bien des tâtonnements, bien des recherches, il parvint en 1824 à fixer sur des écrans préparés ad hoc les images de la chambre noire. Les premières relations de Niépce avec Daguerre datent du mois de janvier 1820. Ce fut le 14 décembre 1829 que ces deux hommes passèrent un traité qui fut enregistré le 13 mars 1830, par lequel ils s’associaient sous la raison de commerce : Niépce-Daguerre, pour coopérer au perfectionnement de la découverte inventée par M. Niépce et perfectionnée par M. Daguerre. Niépce ne devait pas survivre longtemps à cet acte de société. Il mourut le 5 juillet 1833 dans sa maison de Saint-Loup-de-Varennes, près de Chalon-sur-Saône.

Son fils, Isidore, publiera un livre intitulé Historique de la découverte improprement nommée daguerréotype. Mais il faudra plusieurs années pour que soit rendue à Niépce la paternité de l’invention, un temps attribuée à Daguerre. On doit à Nicéphore Niépce une Notice sur l’héliographie (1829).

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