LA FRANCE PITTORESQUE
Brûler n’est pas répondre
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Publié le samedi 30 mai 2015, par LA RÉDACTION
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Au commencement de l’année 1794, le régime de la Terreur, dirigé par Robespierre au sein du Comité de Salut public, était dans toute sa violence ; les dantonistes eux-mêmes étaient devenus des indulgents, des modérés ; maintenant que la république était restée maîtresse du champ de bataille, ils voulaient la faire rentrer dans le règne des lois, dans les voies de la justice pour tous.

Danton était le chef de cette opposition nouvelle, le jeune et fougueux Camille Desmoulins en était la plume, et, dans son Vieux Cordelier, il poursuivait le gouvernement de ses censures et de ses sarcasmes. Son journal était lu avec avidité ; on en vendit en quelques jours cinquante mille exemplaires.

Camille Desmoulins
Camille Desmoulins

Enfin, Desmoulins osa provoquer un Comité de Clémence comme le seul moyen de pacifier les partis et de finir la révolution. Ce n’était pas là ce que voulait Robespierre, qui, dans une séance des Jacobins où l’impétueux pamphlétaire avait été sommé de comparaître, proposa perfidement de lui donner une correction paternelle et de brûler les numéros de son journal.

« Brûler n’est pas répondre ! » s’écria Desmoulins. Cette réplique imprudente causa sa perte. Robespierre ne se contint plus : « Eh bien, dit-il, qu’on ne brûle pas, mais qu’on réponde ; qu’on lise sur-le-champ les numéros de Camille, puisqu’il le veut, et qu’il soit couvert d’ignominie !... »

Quelques jours après, le 5 avril 1794, l’intrépide jeune homme de 34 ans montait sur l’échafaud.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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