LA FRANCE PITTORESQUE
Le Louvre : à la découverte
de la forteresse primitive
(Source : Le Point)
Publié le dimanche 17 mai 2015, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
De la forteresse primitive achevée en 1202, il reste la base du donjon qui servit de prison durant 13 années au comte de Flandres
 

Forteresse, prison, résidence royale, musée, le Louvre a tout vu, tout connu. Il est devenu un des monuments les plus visités au monde. Remontons dans le temps, jusqu’au premier Louvre. Grâce à la simulation numérique de Dassault Systèmes, nous voici à l’orée du XIIIe siècle. Prévoyant de partir en croisade, le roi Philippe-Auguste prend la précaution de fortifier sa capitale. Il l’enferme dans une enceinte de pierres flanquées de nombreuses tours. À l’Ouest, pour la protéger d’éventuelles attaques normandes, il lui ajoute une colossale forteresse, le premier Louvre.

Il est constitué essentiellement d’un énorme donjon que le roi a voulu rond (et non carré) pour mieux entraver le travail de sape en cas de siège. Philippe-Auguste a également demandé à ses maçons que ce donjon soit le plus haut de son royaume (32 mètres) pour qu’il soit le symbole de sa suzeraineté. Lors de son achèvement en 1202, la forteresse occupe un quadrilatère (72 X 78 mètres) qui occuperait, aujourd’hui, le quart sud-ouest de la cour carrée du Louvre actuel. Durant plus de trois siècles, le donjon dominera l’Ouest parisien jusqu’à sa démolition, ordonnée par François Ier. Il n’en reste que la base, aujourd’hui dégagée du sol et visitable par le public.

Le Louvre : la forteresse primitive
Le Louvre : la forteresse primitive

Treize ans
En fait, la forteresse primitive n’eut jamais à affronter d’invasions normandes. Aussi, Philippe-Auguste la reconvertit rapidement en prison. Son plus célèbre détenu est Ferrand, infant du Portugal, comte de Flandres et du Hainau, fait prisonnier lors de la bataille de Bouvine en 1214. Le souverain le fait transporter enchaîné dans une cage. S’il y reste treize ans prisonnier, c’est que son épouse Jeanne de Flandres n’est pas pressée de le récupérer en payant la rançon réclamée par le roi. Elle a d’autres projets, comme celui d’un remariage avec le duc de Bretagne. À cette fin, elle demande et obtient du pape la dissolution de son mariage avec Ferrand.

Cependant, le nouveau roi de France, Louis VIII, voyant d’un mauvais œil l’alliance de la Flandre et de la Bretagne, s’oppose au remariage de la rusée. La voilà donc obligée de se remarier avec son pauvre Ferrand qu’elle tire de la geôle royale en promettant de verser 50 000 livres parisis au roi de France. Le comte retrouvera la liberté et son épouse après treize ans d’emprisonnement !

Au fil des siècle, le Louvre ne cesse de s’agrandir et de changer de vocation. Saint-Louis y bâtit de nouvelles salles, Charles V l’embellit pour en faire une résidence royale, François Ier fait abattre le donjon et entreprend la construction d’un palais Renaissance, œuvre poursuivie par son fils Henri II. Catherine de Médicis l’agrandit et entame les travaux du palais des Tuileries, Henri IV prend le relais du « Grand Dessein » en agrandissant le château et en faisant construire la galerie du bord de l’eau. Enfin, Louis XIV ordonne de nombreux embellissements avant de se détourner du Louvre pour concentrer ses efforts sur Versailles.

Frédéric Lewino et Anne-Sophie Jahn
Le Point

Accédez à l’article source

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE