LA FRANCE PITTORESQUE
Mettre la clef sous la porte
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Publié le samedi 6 décembre 2014, par LA RÉDACTION
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Cette expression s’emploie également dans le sens de prendre congé de son propriétaire sans lui dire adieu. Un marchand en déconfiture use de la même politesse envers ses créanciers. Elle est encore de rigueur après qu’on a fait sortir clandestinement ses meubles ou transporté ailleurs ses marchandises.


LEGENDE

Les anciens recueils de proverbes ne donnent ni n’expliquent cette locution. Quelle étrange formalité que celle qui consiste à mettre la clef sous la porte de son appartement ou de sa boutique quand on se soustrait à l’obligation de payer. Il serait plus simple de laisser la clef dans la serrure, on atteindrait le même but : car on n’imagine pas qu’on la jette sous la porte pour empêcher les voleurs d’entrer. Il n’y a pas grand-chose à prendre là où l’on a tout emporté.

Cette formule est donc corrompue. En réalité, elle est l’altération de celle-ci : Mettre les clefs sur la fosse, qui voulait dire : renoncer à la succession de quelqu’un, parce que cette succession était endettée. Dans son Etymologie des proverbes, Fleury de Bellingen développe cette explication dans son vieux langage :

« Tout ainsi que le mary, en recevant sa femme en sa maison, luy en met les clefs entre les mains, luy donnant à cognoistre par cette concession qu’il la recognoist pour compaigne au maniement de son bien et conduite de sa famille, que la loi salique appelle partem collaborationis, portion ou participation de soins du ménage ; de mesme, quand après sa mort, il se trouve si engagé, obéré et chargé de debtes, que son bien, ses acquêts et conquets ne sont pas capables de le dégager et satisfaire aux créanciers, c’a esté longtemps la coustume que sa vefve, renonçant à la communauté des biens, jette les clefs sur la fosse avec son demy-ceinct » : d’où est venu l’ancien proverbe, jeter les clefs sur la fosse, pour dire, renoncer à la communauté et succession.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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