LA FRANCE PITTORESQUE
Planter ses choux
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Publié le dimanche 31 juillet 2016, par LA RÉDACTION
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Se retirer à la campagne
 

Peut-être avez-vous rêvé comme but d’une laborieuse et difficile carrière de pouvoir un jour « planter tranquillement vos choux » ? A qui croyez-vous devoir la pacifique formule à l’aide de laquelle vous traduisez votre innocente ambition ? Peut-être allons nous vous la dépoétiser.

Votre précurseur n’est autre que Dioclétien, le cruel destructeur des derniers privilèges du sénat romain, l’implacable persécuteur des chrétiens. Malade, lassé des agitations et des soins du pouvoir, Dioclétien, abdiquant le rang suprême, s’était retiré à Salone — alors la capitale de la province romaine de Dalmatie, emplacement aujourd’hui situé en Croatie — où il vivait en simple particulier.

Pressé un jour de ressaisir le pouvoir par Maximin, qui avait été son collaborateur à l’empire, et qui ne s’accommodait pas comme lui de l’humilité et du repos, il l’emmène dans son jardin, et lui faisant admirer une magnifique plate-bande de choux : « Non, répond-il : je n’avais jamais joui du soleil ; laisse-moi me rassasier de sa belle et bienfaisante lumière ; je ne vivais pas avant d’être ici ; laisse-moi vivre ; laisse-moi planter mes choux. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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