LA FRANCE PITTORESQUE
12 mars 1699 : condamnation
de Fénelon par le pape Innocent XII
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Publié le lundi 11 mars 2013, par Redaction
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Bossuet voulait que Fénelon proscrivît lui-même les erreurs d’une femme dont il avait été l’ami, madame Guyon. Au lieu d’anathématiser la doctrine réprouvée, le saint archevêque en présenta une apologie indirecte, ou, comme on l’a dit encore, une rédaction atténuante, dans le livre des Maximes des Saints.

François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon

Alors tous les ennemis de Fénelon éclatèrent ; alors Bossuet lui-même se prononça ouvertement contre celui qu’il avait traité comme un fils : dans l’exaltation de son rigorisme théologique, l’évêque de Meaux se jeta aux pieds du roi, et lui demanda pardon de ne l’avoir pas averti plus tôt de la fatale hérésie de l’archevêque de Cambrai.

Bossuet proposa une conférence, à laquelle Fénelon se refusa, préférant défendre son livre au tribunal de Rome : un ordre l’exila de la cour, et le confina dans son diocèse. Malgré la volonté manifeste du roi de France, le pape hésitait à condamner un archevêque tel que Fénelon : la lutte se prolongea, et donna carrière aux talents de l’accusateur et de l’accusé.

« Lorsque le bref si longtemps différé, obtenu par tant de discussions et d’intrigues, eut enfin paru, Fénelon se hâta d’y souscrire et de se condamner lui-même par le mandement le plus touchant et le plus simple, dans lequel Bossuet ne manqua pas de trouver beaucoup de faste et d’ambiguïté », explique Villemain dans la Biographie universelle.

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