LA FRANCE PITTORESQUE
21 décembre 1549 : mort de
Marguerite de Navarre, sœur de François Ier
et grand-mère d’Henri IV
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Publié le jeudi 20 décembre 2012, par Redaction
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Fille de Charles d’Orléans, duc d’Angoulême, et de Louise de Savoie, cette princesse naquit à Angoulême, le 11 avril 1492, et fut élevée à la cour de Louis XII. Bonne et belle, spirituelle et savante, elle possédait plusieurs langues, l’italien, l’espagnol, et avait même pris des leçons d’hébreu. Chérie de François Ier, son frère, qui l’appelait sa mignonne, et la Marguerite des Marguerites, elle reçut de lui plusieurs missions importantes, et ne lui épargna pas les conseils judicieux.

Marguerite de Navarre

Marguerite de Navarre

Elle avait épousé (1509) Charles IV, duc d’Alençon, qui survécut peu à la bataille de Pavie. Elle alla consoler son frère, prisonnier en Espagne ; la chronique scandaleuse ajoute que, dans l’excès de son zèle, elle ne lui refusa aucune espèce de consolation. Ce fut en 1527 qu’elle épousa Henri d’Albret, roi de Navarre : de cet hymen naquit Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV.

Marguerite porta dans la Navarre cette bienveillance, ces talents, qui font l’honneur des princes et le bonheur des peuples : par ses soins, l’agriculture fleurit, le commerce prospéra, les arts brillèrent, sous la garantie de l’ordre et de la justice. La protection généreuse qu’elle accorda aux novateurs, dont plusieurs furent sauvés par elle, rendit sa foi suspecte. Les professeurs du collège de Navarre osèrent la jouer publiquement sur leur théâtre de Paris (1533) : la Sorbonne la signala positivement comme hérétique.

Marguerite n’était que tolérante, et de concert avec le roi, elle avait fait des efforts infructueux pour rapprocher les protestants des catholiques. Le pape Adrien VI avait pour elle tant d’estime, qu’il la pria de seconder le désir qu’il avait d’apaiser entre les princes chrétiens les dissensions religieuses. Marguerite donnait aux lettres, aux savants entretiens, qu’elle entremêlait de travaux de son sexe, le temps que lui laissaient les affaires d’état. Elle eut pour valets de chambre plusieurs hommes distingués, tels que Bonaventure des Périers, Clément Marot, et quelques autres, ce qui faisait dire que la chambre de cette princesse était un vrai Parnasse.

Ses vers, bien que médiocres, lui avaient valu le nom de dixième Muse. Le meilleur de ses ouvrages, qu’elle ne destinait pas a l’impression , c’est l’Heptaméron, ou recueil de nouvelles, écrites à l’imitation de Boccace, dont les contes jouissaient alors d’une grande faveur à la cour. L’Heptaméron vit le jour pour la première fois en 1558, neuf ans après la mort de son auteur. La Fontaine y a pris le conte de la Servante justifiée. Plusieurs productions de Marguerite de Valois sont restées manuscrites, entre autres le Débat d’amour, ouvrage mêlé de vers et de prose, qu’elle avait composé à l’âge de cinquante ans.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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