Le ginkgo biloba qui pousse sur un domaine de Meung-sur-Loire, dans le Val de Loire, et dont l’espèce existait déjà du temps des dinosaures, a su séduire le public. Il représentera la France au concours européen de l’arbre de l’année.
On l’espérait, au vu de la splendeur de l’arbre et des scores affichés en ligne peu avant la clôture des votes. Voilà qui est officiel : jeudi 15 janvier, le ginkgo biloba de Meung-sur-Loire a été élu arbre de l’année en France. Un concours organisé par Terre sauvage et l’association Arbres.
C’est donc lui qui représentera la France lors du concours du plus bel arbre européen, en février-mars : un concours incluant chaque année douze à seize arbres de toute l’Europe (Espagne, Royaume-Uni, Italie parfois, mais surtout des pays d’Europe de l’est, l’événement étant né en République tchèque avant d’essaimer).
Le ginkgo biloba compte au moins cent soixante-dix ans d’existence.
© Crédit photo : E. Boitier / Terre Sauvage
5 079 votes en sa faveur
Représentant le Centre-Val de Loire, le ginkgo biloba loirétain s’est placé en tête du prix du public avec 5 079 votes, devant le cèdre du Liban défendu par l’Île-de-France (4 515 votes) et l’imposant hêtre des Hauts-de-France (3 228 voix).
Le prix du jury a été attribué au hêtre lacinié du parc François Mitterand (Hauts-de-France). Quant au prix coup de cœur décerné par la Société forestière, il revient au chêne de la ferme de Chanceron (Grand Est).
De quoi parle-t-on ? Ce ginkgo biloba est âgé de 170 ans au moins, mesure 27 mètres de haut, et accueille écureuils, sittelles torchepots, pic-vert ou mésanges. L’espèce, originaire de Chine, est arrivée en Europe vers 1730, et compte des surnoms évocateurs : arbre aux mille écus, arbre aux abricots d’argent. Comme tout ginkgo biloba qui se respecte, il arbore à l’automne une lumineuse couleur or.
Il est aussi exceptionnel par son histoire, explique Sophie Barré, vice-présidente de l’association Arbres : « Il s’agit d’une espèce préhistorique, et même bien plus ancienne, puisqu’elle existait déjà au Jurassique, à l’époque des dinosaures. C’est la seule espèce qui est venue jusqu’à nous. Ses feuilles en éventail, sans nervure, témoignent de son existence avant l’évolution des arbres ».
Peut-on aller l’admirer en personne ? Oui, de loin. Il se dresse dans le domaine de Saint-Hilaire, une maison d’hôtes gérée par Coralie Lorre. Et au fond du jardin (presque un parc) passe la promenade des Maudes, d’où les flâneurs aperçoivent cet arbre bien connu des locaux.
De surcroît, Coralie Lorre a, à l’occasion, accepté d’ouvrir sa porte à des visiteurs de passage désireux de l’admirer. Cette dernière prévoit d’ailleurs des portes ouvertes à l’automne 2026... voire dès le printemps si elle en a la possibilité.
« Autant dire qu’on était ravis, s’enthousiasme-t-elle. On a atteint l’objectif, qui était de faire connaître cet arbre. Et les gens se sont tellement mobilisés autour de nous, autant les particuliers que la mairie, le Département, la Région... On a senti un vrai engouement, des Magdunois nous arrêtaient parfois dans la rue pour nous demander si on avait gagné. On se disait que si ce n’était pas le cas, on allait décevoir beaucoup de gens, ça nous mettait même un peu la pression. »
Un de ses traits les plus connus est la façon dont il se pare d’or à l’automne. © Crédit photo : Coralie Lorre
À titre personnel, elle reconnaît avoir parfois eu des doutes : « On se demandait si on n’exagérait pas, s’il était aussi beau qu’on le pensait... Au final, ce n’est pas une fierté pour nous, mais une vraie fierté pour lui ! » L’aventure continue, comme elle le dit, se préparant déjà à repartir au front pour promouvoir son ginkgo, mais face aux plus imposants arbres d’Europe cette fois.
Vingt jours pour voter
« Ce n’est pas un concours Miss France. Il ne s’agit pas de voter pour le plus bel arbre, mais pour un arbre qui a une riche histoire, un lien avec des humains : ça peut être le fait d’être un symbole, d’avoir été témoin ou survécu à des événements... Pour ce qui est du ginkgo, on a peu d’arbres aussi anciens, aussi beaux que celui-là en Europe, car l’espèce est assez fragile », détaille Sophie Barré.
Les arbres en compétition seront mis en ligne le 30 janvier sur le site d’European tree of the year (Arbre européen de l’année), le vote sera ouvert au public du 2 au 22 février, avec un système de points pour pondérer le poids démographique des pays. « Le concours a été si populaire l’an dernier qu’on a été obligés de passer à la vitesse supérieure et le faire évoluer », explique Sophie Barré.
Le prix sera remis à Bruxelles le 24 mars, trois jours après la journée internationale des Forêts.
Site internet du concours de L’Arbre de l’année : https://www.arbredelannee.com
Caroline Bozec
La République du Centre
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