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Proverbe, expression populaire : Le plus riche en mourant n’emporte qu’un linceul ou qu’un drap - Histoire de France et Patrimoine

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Expressions, Proverbes
Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française
Le plus riche en mourant
n’emporte qu’un linceul ou qu’un drap
Publié / Mis à jour le samedi 17 mai 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Dérisoire est l’ambition humaine face à la mort

Ce proverbe, connu dans tous les pays, était présent à l’esprit de Saladin, lorsque ce sultan, à l’époque de sa mort, arrivée le 4 mars 1193, voulut qu’à la place du drapeau élevé devant sa porte on déployât le drap mortuaire dans lequel il devait être enseveli, et qu’un héraut criât : « Voilà tout ce que Saladin, vainqueur de l’Orient, emporte de ses conquêtes. » C’était le proverbe mis en scène d’une manière sublime.

Le pasteur et mathématicien Joseph Saurin a fait, dans un de ses sermons, une allusion éloquente à ce fait, qu’il rapporte avec une légère différence : « Saladin, près de mourir, fit attacher son drap mortuaire à une pique et crier dans Alexandrie : Voilà ce qui reste du grand Saladin, de ses victoires et de l’Egypte conquise. »

Frère Jean des Entommeures. Illustration de Gustave Doré pour Gargantua
Frère Jean des Entommeures
Illustration de Gustave Doré pour Gargantua

Brantôme, vers la fin de son sixième discours des Vies des dames galantes, raconte que le capitaine Panier, blessé à mort dans un combat naval, s’écria en expirant : « Adieu, paniers, vendanges sont faites. » Un parémiographe, qui a cité le passage de Brantôme, s’est avisé d’y joindre la remarque suivante qu’il a prêtée à cet auteur : « Depuis lors, cela passa en proverbe » ; et il est résulté de là qu’on a pris pour l’origine du dicton le bon mot qui n’en fut que l’application.

Mais Brantôme n’a jamais dit ce qu’on a voulu lui faire dire, et, s’il l’avait dit, il se serait trompé lourdement, car le dicton se trouve dans le chapitre XXVII du Gargantua de Rabelais, imprimé plusieurs années avant le fait en question. Rabelais représente le frère Jean des Entommeures, qui court exciter ses confrères à s’élancer avec lui à la défense du Clos de la vigne de l’abbaye de Seuillé, ravagée par l’armée de Picrochole, et qui, les trouvant occupés à chanter l’office, s’écrie : « Vertu Dieu ! que ne chantez-vous : Adieu, paniers : vendanges sont faites. »

Il est positif que ce dicton, beaucoup plus ancien que Rabelais même, est pris du refrain d’une vieille ronde que les vendangeurs chantaient après leurs travaux, qui, comme on sait, étaient toujours précédés et suivis de réjouissances, dont les chansons bachiques formaient le principal caractère.

L’abbé Pellegrin a pensé que ce refrain pouvait devenir un avertissement salutaire pour les fidèles qui doivent travailler à la vigne du Seigneur, et voici l’emploi curieux qu’il en a fait dans ses Cantiques spirituels, où il s’est plu à introduire une foule de locutions triviales, afin de les purger de leur souillure originelle, en leur donnant cette sorte de consécration religieuse :

Suivons l’Église et les prophètes :
Profitons de ce qu’ils ont dit :
Quand on a perdu Jésus-Christ,
Adieu paniers : vendanges sont faites.

 
 
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