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Xavier de Maistre.

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Anecdotes insolites
Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques
Xavier de Maistre
(D’après un texte paru en 1855)
Publié / Mis à jour le mardi 9 février 2010, par LA RÉDACTION
 

L’auteur du Voyage autour de ma chambre eut dans son talent et dans son caractère plusieurs points de ressemblance avec Jean la Fontaine. Comme lui plein de bonhomie et de naturel, un rien suffisait pour l’alarmer ou le séduire ; le moindre objet nouveau captivait son attention.

C’était un enfant pour la fraîcheur et la vivacité des sensations. Voici deux faits qui me paraissent le peindre ; je tiens le premier d’un sénateur de chambre, parent de l’illustre conteur et le second de son pasteur de l’église réformée à Saint-Petersbourg.

On sait que Xavier de Maistre passa la fin de sa carrière dans la capitale de la Russie, auprès de son frère Joseph qui s’y était retiré, fuyant les tourmentes de la révolution. Toutefois, désireux de revoir sa terre natale avant de mourir, il revint, il y a quelques années, en Savoie, où il fut accueilli avec le respect et l’enthousiasme dus à l’un des plus illustres enfants de cette contrée.


Dans une visite qu’il fit à l’un de ses parents, propriétaire d’une maison à Chambéry, derrière laquelle s’étendait un jardin où il avait joué dans son enfance, il voulut revoir seul ce théâtre de ses premiers plaisirs. Il demanda et obtint facilement de son ami la permission de s’y rendre sans témoins ; mais comme sa visite au modeste clos se prolongeait outre mesure, son ami, inquiet de sa longue absence, alla l’y chercher et ne l’aperçut point ; nul arbre, nul objet saillant ne pouvait cependant l’y dérober aux regards ; enfin, au bout d’une heure d’inquiète investigation, il fut découvert étendu à plat ventre auprès d’une flaque d’eau ; craignant pour lui un accident, on s’empressa d’accourir et de le relever ; mais on eut bientôt lieu d’être complètement rassuré. Xavier de Maistre jetait sur la surface de l’eau des petits morceaux de papier, et regardait se jouer autour d’eux des araignées aquatiques. « Je me rappelais, dit-il à son ami, qu’enfant cette distraction m’amusait beaucoup ; j’ai voulu voir s’il en serait de même aujourd’hui que me voilà vieux, et vraiment je n’y ai pas trouvé une bien grande différence. »

Alors qu’il rejoignit à Saint-Pétersbourg son frère Joseph, celui-ci, rempli de ferveur religieuse, découvrit avec peine que Xavier se ressentait des principes philosophiques régnant en France, d’où il arrivait. Il s’était peu à peu relâché dans la pratique de ses obligations religieuses, et il y avait longtemps qu’il ne s’était approché du tribunal de la pénitence. Joseph était un homme de génie, catholique exalté ; bientôt il prit sur son frère un grand ascendant et l’engagea à se confesser. Cependant on peut concevoir l’angoisse que Xavier éprouvait à l’idée d’avouer à un prêtre des fautes et des péchés d’autant plus nombreux qu’ils remontaient fort loin dans le passé, et dont le souvenir même s’était effacé ou obscurci dans sa mémoire.

Ce fut alors que, dans son inquiétude, il alla voir et consulter M. de la Saussaye, son ami. Celui-ci le vit entrer dans sa chambre, pâle, la figure attristée, le front plissé et soucieux : « Vous me voyez bien embarrassé, dit-il au pasteur protestant ; mon frère, dont je reconnais la supériorité et les bonnes intentions, m’a tant pressé que je m’en vais à confesse ! Oui, mon bon ami, voilà où j’en suis, grâce à lui ; jugez de mon anxiété ? » Et tout en parlant ainsi, il se promenait à grands pas dans l’appartement, tenant à la main une feuille de papier qu’il agitait avec violence. « Mais, répondit M. de la Saussaye, je ne vois pas ce qu’il y a là de si embarrassant pour vous, mon cher ami ; votre frère a bien fait de vous rappeler à la pratique de vos devoirs religieux, et je ne puis que vous engager à suivre ses avis. Mais que tenez-vous donc à la main ? - Ah ! vous concevez que j’ai dû chercher dans le fond de ma mémoire mes nombreux péchés et les coucher sur le papier ; de là cette note que voici. » Et il montrait de loin à son ami la liste de ses méfaits.
« Mais, dit M. de la Saussaye, elle me semble courte et ne doit point trop charger votre conscience. - C’est ce qui vous trompe, mon cher, répondit Xavier, en redoublant de précipitation dans sa marche, et faisant flamboyer la feuille dépliée ; il n’y a que quelques mots sur ce papier, c’est vrai mais ce sont des têtes de colonnes, des têtes de colonnes des têtes de colonnes ! » répéta-t-il plusieurs fois ; et il s’en alla tout consterné.

 
 
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