Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 14 octobre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Lamartine végétarien. Le poète et le végétarisme. Régime végétal - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Lamartine végétarien

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Lamartine végétarien
(D’après « La Chronique médicale », paru en 1907 et 1908)
Publié / Mis à jour le mardi 17 mai 2016, par LA RÉDACTION

 
 
 
Dans son roman en vers La Chute d’un ange et dans l’un de ses textes en prose intitulé Les Confidences, Lamartine, qui avait été élevé en végétarien par sa mère, fait l’éloge du régime végétal et traite d’égarement l’habitude de tuer les animaux pour les manger

Nous ne résistons pas au plaisir de citer le passage suivant du grand poète, extrait de La Chute d’un ange (1838) :

Or ces hommes, enfants ! pour apaiser leur faim,
N’ont pas assez des fruits que Dieu mit sous leur main ;
leur foule insatiable en un soleil dévore
Plus qu’en mille soleils les champs n’en font éclore ;
En vain comme des flots l’horizon écumant
Roule à perte de vue en ondes de froment :
Par un crime envers Dieu dont frémit la nature,
Ils demandent au sang une autre nourriture ;
Dans leur cité fangeuse, il coule par ruisseaux !
Les cadavres y sont étalés en monceaux.
Ils traînent par les pieds, des fleurs de la prairie,
L’innocente brebis que leur main a nourrie,
Et, sous l’œil de l’agneau, l’égorgeant sans remords,
Ils savourent ses chairs et vivent de sa mort !
Aussi le sang tout chaud dont ruisselle leur bouche
Leur rend le goût brutal et le regard farouche.
De cruels aliments incessamment repus,
Toute pitié s’efface en leurs cœurs corrompus ;
Et leur œil, qu’au forfait le forfait habitue,
Aime le sang qui coule et l’innocent qu’on tue.

Ces idées sont beaucoup plus longuement et plus explicitement exprimées dans un passage d’une de ses œuvres en prose, Les Confidences (1849), passage qu’il paraît intéressant de citer en entier. On y trouve, en effet, les arguments scientifiques invoqués au début du XXe siècle par les apôtres du végétarisme.

Alphonse de Lamartine
Alphonse de Lamartine

« Physiquement, cette éducation découlait beaucoup de Pythagore et de l’Emile. Ainsi, la plus grande simplicité de vêtement et la plus rigoureuse frugalité dans les aliments en faisaient la base. Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine ; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme soit par sa décadence à une époque inconnue, soit par l’endurcissement de sa propre perversité.

« Elle croyait, et je le crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement de cœur à l’égard des animaux les plus doux, nos compagnons, nos auxiliaires, nos frères en travail et même en affection ici-bas, que ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes sont faits pour brutaliser et pour férociser les instincts du cœur. Elle croyait, et je le crois aussi, que cette nourriture bien plus succulente et bien plus énergique en apparence contient en soi des principes irritants et putrides qui aigrissent le sang et abrègent les jours de l’homme.

« Elle citait, à l’appui de ces idées d’abstinence, les populations innombrables, douces, pieuses de l’Inde qui s’interdisent tout ce qui a eu vie, et les races fortes et saines des peuples pasteurs et même des populations laborieuses de nos campagnes qui travaillent le plus, qui vivent le plus innocemment et les plus longs jours, et qui ne mangent pas de viande dix fois dans leur vie.

« Elle ne m’en laissa jamais manger avant l’âge où je fus jeté dans la vie pêle-mêle des collèges. Pour m’en ôter le désir, si je l’avais eu, elle n’employa pas de raisonnements, mais elle se servit de l’instinct qui raisonne mieux en nous que la logique.

« J’avais un agneau qu’un paysan de Milly m’avait donné, et que j’avais élevé à me suivre partout comme le chien le plus tendre et le plus fidèle. Nous nous aimions avec cette première passion que les enfants et les jeunes animaux ont naturellement les uns pour les autres. Un jour, la cuisinière dit à ma mère, en ma présence : Madame, l’agneau est gras, voilà le boucher qui vient le demander ; faut-il le lui donner ? Je me récriai, je me précipitai sur l’agneau, je demandai ce que le boucher voulait en faire et ce que c’était qu’un boucher. La cuisinière me répondit que c’était un homme qui tuait les agneaux, les moutons, les petits veaux et les belles vaches pour de l’argent.

« Je ne pouvais pas le croire. Je priai ma mère. J’obtins facilement la grâce de mon ami. Quelques jours après, ma mère allant à la ville me mena avec elle et me fit passer comme par hasard dans la cour d’une boucherie. Je vis des hommes, les bras nus et sanglants, qui assommaient un bœuf ; d’autres qui égorgeaient des veaux et des moutons, et qui dépeçaient leurs membres encore pantelants. Des ruisseaux de sang fumaient çà et là sur le pavé. Une profonde pitié mêlée d’horreur me saisit. Je demandai à passer vite.

« L’idée de ces scènes horribles et dégoûtantes, préliminaires obligés d’un de ces plats de viande que je voyais servis sur la table, me fit prendre la nourriture animale en dégoût et les bouchers en horreur. Bien que la nécessité de se conformer aux conditions de la société où l’on vit m’ait fait depuis manger tout ce que le monde mange, j’ai conservé une répugnance raisonnée pour la chair cuite, et il m’a toujours été difficile de ne pas voir dans l’état de boucher quelque chose de l’état de bourreau.

« Je ne vécus donc, jusqu’à douze ans, que de pain, de laitage, de légumes et de fruits. Ma santé n’en fut pas moins forte, mon développement moins rapide, et peut-être est-ce à ce régime que je dus cette pureté de traits, cette sensibilité exquise d’impressions et cette douceur sereine d’humeur et de caractère que je conservai jusqu’à cette époque. »

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
BON À SAVOIR
 Morte la bête, mort le venin
 
 Chercher la petite bête
 
MANIFESTATIONS
 Loire-Atlantique : terre de trésors
 
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Tisane du XVIIe siècle pour la santé
 
 Bruits de klaxons, sifflets et trompes dans Paris : projet de transformer Cacophonie-Ville en Harmonie-Ville !
 
 « Le criminel, c’est l’électeur ! »
 
 Projet d'impôt sur la vanité
 
 
Et puis aussi...
 
 Louis XIV adorait salades et asperges
 
 Touriste et propriétaire
 
 Jardin d'Acclimatation (Quand le) devient le Jardin d'Alimentation pendant le siège de Paris
 
 Détection précoce de la délinquance : on y songeait au XIXe siècle
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 333 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services