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4 juin 1666 : première représentation du Misanthrope de Molière

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4 juin 1666 : première représentation
du Misanthrope de Molière
(D’après « Éphémérides universelles, ou Tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique, etc. » (Tome 6), édition de 1834)
Publié / Mis à jour le samedi 4 juin 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
Il y avait quatre ans que Molière n’avait fait représenter de grande comédie, lorsqu’il donna celle que les critiques les plus éclairés considèrent comme son chef-d’œuvre, Le Misanthrope

Auteur de La Métromanie, poète, chansonnier et auteur dramatique, Alexis Piron (1689-1773) explique qu’ « un chasseur passionné qui se trouve, en automne, au lever d’une belle aurore, dans une plaine ou dans une forêt fertiles en gibier, ne se sent pas le cœur plus réjoui que dut l’être l’esprit de Molière, quand, après avoir fait le plan du Misanthrope, il entra dans ce champ vaste, où tous les ridicules du monde se venaient présenter en foule, et comme d’eux-mêmes, aux traits qu’il savait si bien lancer ! La belle journée de philosophe ! Pouvait-elle manquer d’être l’époque du chef-d’œuvre de notre théâtre ? »

Indépendamment de l’avantage du cadre, qui lui permettait de grouper autour de son personnage principal tous les travers de la société, rendus plus saillants par le contraste, Molière trouvait l’occasion de peindre sa propre situation dans les rapports d’Alceste avec Célimène.

Célimène dans le Misanthrope de Molière. Timbre émis le 21 septembre 1953 dans la série Grands personnages de la littérature française. Dessin de Robert Cami
Célimène dans Le Misanthrope de Molière. Timbre émis le 21 septembre 1953
dans la série Grands personnages de la littérature française. Dessin de Robert Cami

Malgré tous ces éléments de succès, malgré l’incontestable puissance de génie avec laquelle le grand poète en a disposé, c’est un fait généralement établi que la froideur avec laquelle le public accueillit Le Misanthrope : c’en est un autre, qui ne semble pas moins avéré, que l’obligation qu’éprouva Molière de lui adjoindre presque aussitôt le Fagotier, pour soutenir les recettes. Le dernier historien de Molière, Taschereau, a jeté sur ce double fait une lumière d’autant plus précieuse qu’elle venge l’honneur de ce public, si souvent calomnié.

« Tous les éditeurs de Molière, dit cet écrivain, tous les auteurs sifflés ou peu applaudis, pour donner une preuve convaincante de l’injustice du parterre, se sont accordes à faire valoir la courte faveur qu’obtint cette production, ou plutôt l’accueil glacial qu’elle essuya dès la troisième représentation, et la nécessité où se trouva l’auteur, pour la soutenir, de l’appuyer du Médecin malgré lui. Ce petit trait d’histoire littéraire, d’ailleurs fort piquant, et par conséquent sûr d’être accueilli sans autre examen, a cela de commun avec beaucoup de traits de l’histoire proprement dite, qu’il est original, mais controuvé.

« Le registre de la Comédie fait foi que, représenté vingt et une fois de suite, nombre de représentations auquel un ouvrage atteignait difficilement alors, si l’on excepte toutefois les tragédies de Thomas Corneille, Le Misanthrope, seul, sans petite pièce qui l’accompagnât, et malgré les chaleurs de l’été, procura au théâtre dix-sept recettes très productives et quatre autres de bien peu moins satisfaisantes.

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière. Timbre émis le 31 juillet 1944 dans la série Personnages célèbres du XVIIe siècle. Dessin de Michel Ciry
Jean-Baptiste Poquelin dit Molière. Timbre émis le 31 juillet 1944
dans la série Personnages célèbres du XVIIe siècle. Dessin de Michel Ciry

« Quant aux obligations qu’il avait, dit-on, contractées envers Le Médecin malgré lui, elles sont faciles à reconnaître, puisque ce ne fut qu’à la douzième représentation de cette farce qu’on la donna avec ce chef-d’œuvre, et cela cinq fois seulement. Cependant il n’est pas moins certain que, grâce à l’heureuse folie de son dialogue, plus faite pour plaire à la multitude que les traits mâles du Misanthrope, il obtint encore plus de succès que lui ; mais la simple vérité, quelque singulière qu’elle pût être, ne le parut pas encore assez à l’auteur de la fable que nous venons de réfuter, parce qu’il voyait chaque jour te reproduire de nouveaux exemples de cette rectitude de goût d’à parterre. Il fit passer son conte : voilà comme on écrit l’histoire ! chacun s’empressa de l’adopter : » voilà comme on l’étudie ! »

Parmi les censeurs que l’admirable conception du Misanthrope a suscités, on distingue Fénelon, Rousseau, Schlegel. Les critiques de Rousseau, tout injustes qu’elles étaient, ont eu cela de bon qu’elles ont inspiré à Fabre d’Eglantine une bonne comédie. Du reste Voltaire, La Harpe, Chamfort et beaucoup d’autres se sont déclarés les défenseurs d’un chef-d’œuvre qui pouvait s’en passer.

 
 
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