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Cagot. L'étymologie des mots de la langue française. Origine, racines

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Savoir : Mots, Locutions
L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus
Cagot
Publié / Mis à jour le mardi 5 février 2013, par LA RÉDACTION
 
 
 
Personne frappée de répulsion et de mépris

Court de Gebelin dérive ce mot de caco-deus, rapporté par Ducange. Caco, dit-il, signifiant faux, sera devenu cagot, hypocrite ; et comme l’hypocrite a toujours le nom de Dieu à la bouche, et l’emploie à tout, il aura été surnommé, chez les peuples qui appellent Dieu God, kakle-God, caquette-Dieu, et insensiblement cak-god et cagot.

Rabelais donne à cagot une origine moins honnête. C’est, suivant lui, la première personne de l’indicatif présent du verbe italien cagare, qu’il est difficile de traduire en français par le mot propre ; et dans son Ile sonnante, il nous montre les cagots comme atteints de la maladie des harpies.

D’autres prétendent que cagot vient de cagoule. Mais il est positif que cagoule est beaucoup moins ancien que cagot. Cagoule ne date que du seizième siècle, et il a été introduit par corruption de cogule (cuculla), espèce de capuce ou capuchon.

Il est probable que cagot s’est formé par contraction de caas-goths, chiens goths, dénomination injurieuse déjà usitée en 507 pour désigner les Goths, à cause de leur attachement à l’arianisme, objet de scandale et de haine pour nos catholiques ancêtres.

Disons un mot de cette espèce de Cagots dont les pères avaient renversé et fondé plusieurs empires. Ce peuple, voué à la persécution des Francs qui le vainquirent à la bataille de Vouillé, fut obligé de se cacher dans les plus secrets réduits des montagnes pour conserver ses habitudes religieuses. Il y contracta des maladies héréditaires qui le réduisirent à un état pareil à celui des crétins. Lorsque, dans la suite, il abjura l’arianisme et se réunit à la communion romaine, il lui fut impossible de se régénérer.

Les Cagots furent alors regardés comme ladres et infects. On leur défendit sous les peines les plus sévères d’habiter dans les villes et les villages, et d’être chaussés et habillés autrement que de rouge. Ils ne pouvaient entrer que par une porte particulière dans les églises, où ils avaient des sièges séparés du reste des fidèles. Les sacrements même leur étaient interdits en certains endroits par la même raison qu’aux bêtes. On ne recevait point leur témoignage en justice, et c’était par grâce que la coutume de Béarn avait établi que les dépositions de sept d’entre eux équivaudraient à une déposition légale.

On comprend dans les Cagots ces êtres disgraciés de la nature appelés cahets en Guyenne et en Gascogne ; coliberts dans le Maine, l’Anjou, le Poitou et l’Aunis ; cacoux et caqueux en Bretagne ; et caffons dans les deux Navarres. Ce nom de caffon, qu’on fait dériver de l’espagnol cafo, lépreux, est tout à fait semblable à celui de caffoni que les habitants des environs de Rome et de Naples donnent aux paysans les plus grossiers.

 
 
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