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24 mars 1774 : sermon de la Cène par le prédicateur Jean-Baptiste de Beauvais, évêque de Senez

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24 mars 1774 : sermon de
la Cène par le prédicateur
Jean-Baptiste de Beauvais, évêque de Senez
Publié / Mis à jour le vendredi 22 mars 2013, par LA RÉDACTION
 

L’abbé de Beauvais, l’un des meilleurs prédicateurs de son temps, venait d’être élevé à l’épiscopat par Louis XV. Il prêcha devant ce monarque le Carême de 1774. Pour le sermon de la Cène, il se servit de ce texte : Adhuc quadraginta dies, etc. « Encore quarante jours, et Ninive ne sera plus. »

Ce sermon fit la plus forte impression. Il roulait, dit un journaliste du temps, sur une opposition entre la vie oisive et inutile des riches, et la vie active et utile des pauvres. L’orateur faisait, à cette occasion, une peinture pathétique des misères du peuple, et par un tour oratoire, annonçait qu’il pouvait la faire mieux que personne, puisque lui-même sortait de cette classe. Il rappelait au roi l’époque de sa maladie de Metz, circonstance la plus glorieuse de sa vie, puisque c’était celle où l’amour de son peuple pour sa personne sacrée s’était manifesté au plus haut degré.

Il ne lui dissimula pas que cet amour s’affaiblissait ; que le peuple, accablé de subsides, ne pouvait plus que gémir sur ses propres maux. Il fit sentir au monarque que, quoique sur le trône, il avait des amis sans doute, et était digne d’en avoir ; mais que son meilleur ami devait être son peuple ; enfin, il l’exhorta à ne point s’en fier aveuglément pour l’administration de son royaume, aux conseils de ses ministres, trop souvent intéressés à le tromper, mais à ne s’en rapporter qu’à lui-même, à son cœur, à l’expérience d’un règne de plus d’un demi-siècle.

L’orateur, ensuite, revenant à son texte, s’étendit sur la corruption de la Cour, et prédit en quelque sorte les terribles effets de la colère du Ciel. Ce sermon irrita les courtisans ; Louis XV, loin de trouver que le prédicateur avait porté le zèle trop loin, le félicita de son courage. Mais ce qui frappa tout le monde, c’est que Louis XV mourut dans le terme fatal annoncé par l’orateur.

L’évêque de Senez prononça, dans l’église Saint-Denis, l’oraison funèbre du monarque, et rappela dans son exorde, l’étonnante prophétie qui lui avait été inspirée. Ce passage est de la plus haute éloquence.

« Quand j’annonçais, il y a peu de temps, la divine parole, devant votre illustre aïeul ; quand je lui parlais de son peuple, et que son cœur paternel paraissait si touché de la misère publique, hélas ! qui eût prévu le coup terrible dont il était menacé ? Déjà le glaive invisible de la mort était donc suspendu sur cette tête auguste. Hélas ! qui aurait pensé que nous aurions pu lui dire alors dans un sens littéral : Encore quarante jours, adhuc quadraginta dies ; encore quarante jours, et vous serez porté dans le sépulcre de vos pères ; et cette même voix que vous entendez en ce moment, sera l’interprète du deuil de votre peuple à vos funérailles. Faibles mortels ! humilions-nous devant le dieu terrible qui enlève la vie aux princes, devant le dieu terrible pour les rois de la terre. »

L’orateur peint ensuite la situation de la Cour, au moment de la mort de Louis XV. « Vous frémissez encore, messieurs, au souvenir de ces affreux moments ! Le roi expirant au milieu des horreurs de cette maladie cruelle ! Son corps frappé de la corruption anticipée du tombeau, privé dans les premiers moments, comme celui du malheureux Osias, des honneurs funèbres, et emporté précipitamment, sans pompe, sans appareil, à travers les ombres de la nuit ; les tendres et courageuses princesses, qui ont recueilli ses derniers soupirs, atteintes de la même contagion ; l’effroi qui se joint encore à la douleur ; la famille royale obligée de fuir la mort de palais en palais ».

 
 
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