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10 janvier 1430 : institution de l'ordre de la Toison d'or - Histoire de France et Patrimoine


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10 janvier 1430 : institution
de l’ordre de la Toison d’or
(D’après « Histoire des ducs de Bourgogne de la maison
de Valois, 1364-1477 » (Tome 4), paru en 1839)
Publié / Mis à jour le lundi 9 janvier 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Institué par Philippe le Bon lors de son mariage, l’ordre de la Toison d’or était réglé par 94 articles constituant le plus beau code d’honneur et de vertu chevaleresque, et aussi le moyen d’attacher et de rendre de plus en plus docile au duc de Bourgogne la grande noblesse qui le servait

Né en 1396 à Dijon, Philippe le Bon, duc de Bourgogne et fils de Jean sans Peur, avait négocié son mariage avec Isabelle, fille du roi Jean Ier de Portugal, et la princesse, arrivée en Flandre, fut reçue avec une magnificence jusqu’alors inconnue, et qui surpassait le faste déjà célèbre de la maison de Bourgogne. Ce fut à Bruges, le 10 janvier 1430, que les noces se célébrèrent.

Le duc avait fait construire des salles toutes neuves pour agrandir son château. Les rues étaient tendues de ces beaux tapis de Flandre, tels qu’on n’en faisait nulle part de pareils. La duchesse de Bedford, la duchesse de Clèves, étaient venues faire honneur au mariage de leur frère. La comtesse de Namur, la comtesse de Lorraine, madame de Luxembourg et d’autres nobles dames formaient aussi le cortège de la nouvelle duchesse. Les grands seigneurs et les puissants gentilshommes étaient en foule à ces cérémonies. Comme eux, les riches bourgeois de Bruges, qui commerçaient dans tout le monde, rivalisaient de luxe et de dépense. Les fêtes durèrent huit jours entiers sans interruption ; non seulement le palais, mais la ville étaient nuit et jour en festin , en danses, en courses de chevaux, en jeux de toute sorte.

Rien ne parut plus splendide que trois fontaines placées devant le palais. L’une était un lion de pierre, et versait sans cesse du vin du Rhin ; l’autre un cerf, d’où coulait du vin de Beaune ; la troisième était une licorne qui, aux heures des repas, faisait jaillir de l’eau de rose pour se laver les mains, puis tour à tour du vin de Malvoisie, du vin de la Romanée, du vin muscat et de l’hypocras. Aussi ne voyait-on par toute la ville que gens de la populace, ivres, se gourmant les uns les autres, ou couchés çà et là dans les rues ; tandis que, dans le palais, ceux qui approchaient du duc se livraient à de plus nobles divertissements.

Il régla pour sa femme un train de maison bien plus magnifique et composé d’un beaucoup plus grand nombre de serviteurs que n’en avait aucune reine de la chrétienté. Il donna ainsi à ce troisième mariage un tout autre éclat qu’aux deux premiers, soit qu’il se trouvât alors plus comblé de gloire et de prospérité, soit qu’il voulût faire paraître plus de galanterie envers cette nouvelle épouse. Ce fut à cette occasion et à cause d’elle, dit-on, qu’il prit la devise « Autre n’aurai », l’appliquant sans doute au mariage seulement ; car pour les amours il ne s’en fit faute pas plus après qu’auparavant.

Ordre de la Toison d'or
Ordre de la Toison d’or

En ce moment même on racontait qu’il aimait beaucoup une dame de Bruges ; et ce fut en son honneur, selon le bruit populaire, qu’il institua ce fameux ordre de la Toison d’or, le plus grand ornement sans doute de la fête de son mariage, et qui lui sembla toujours depuis un des plus beaux signes de sa gloire et de sa puissance. On disait qu’il avait voulu venger cette dame des moqueries de quelques seigneurs de sa cour, et leur proposer pour objet d’ambition et d’envie un souvenir de cette couleur dorée, qu’ils avaient indiscrètement raillée.

Quoi qu’on en ait dit, le duc Philippe donna et eut sans doute de plus dignes motifs pour instituer, dans une occasion solennelle, une chevalerie si conforme à ses nobles inclinations et au goût qu’il montra toute sa vie pour ce genre de cérémonies et de devoirs. Voici comment il exposa sa pensée, lorsqu’un an après il régla en définitif son ordre de la Toison d’or, dont les vingt-quatre premiers chevaliers avaient paru dans tout leur éclat au mariage :

« A tous présents, à venir, savoir faisons qu’à cause du grand et parfait amour que nous avons pour le noble état et ordre de chevalerie, dont, par notre ardente et singulière affection nous désirons accroître encore l’honneur, afin que, par son moyen, la vraie foi catholique, l’état de notre sainte mère l’Église, la tranquillité et la prospérité de la chose publique, soient, autant qu’ils peuvent l’être, défendus, gardés et conservés ; nous, pour la gloire et la louange du Créateur tout-puissant et de notre Rédempteur, pour la vénération de la glorieuse Vierge sa mère, pour l’honneur de monseigneur saint André, glorieux apôtre et martyr, pour l’exaltation de la foi et de la sainte Église, pour l’excitation aux vertus et aux bonnes mœurs, le 10 de janvier 1430, qui était le jour de la solennité du mariage célébré à Bruges entre nous et notre très chère et très aimée épouse Élisabeth, avons institué, créé et ordonné, comme par les présentes nous instituons, créons et ordonnons un ordre et confrérie de chevalerie et d’association amicale d’un certain nombre de chevaliers que nous avons voulu appeler du nom de la Toison d’or, conquise par Jason, et sous les conditions ci-après. »

L’ordre devait se composer de trente et un chevaliers, gentilshommes de nom et d’armes et sans reproche. Leur chef suprême devait être le duc Philippe, sa vie durant, et après lui ses successeurs ducs de Bourgogne. Les chevaliers devaient quitter tout autre ordre, hormis les souverains qui pouvaient garder l’ordre dont ils étaient chefs. Le collier qui portait la Toison d’or était donné par le duc et devait lui être renvoyé après le décès du chevalier. Il se composait de briquets, nommés alors fusils, faisant jaillir des étincelles de leurs pierres. C’était depuis longtemps la devise du duc ; elle signifiait, disait-on, que le heurter, c’était l’enflammer. Le grand manteau de l’ordre était d’écarlate, traînant jusqu’à terre, avec fourrure de vair ; le chaperon de même couleur.

Les quatre-vingt-quatorze articles de cette ordonnance contenaient les devoirs imposés aux chevaliers, tous se rapportant à la fidélité envers la sainte Église, à l’intégrité de la foi catholique, à la loyauté envers le souverain, à l’amitié et à la fraternité entre les chevaliers de l’ordre, à l’honneur dans les armes, aux révélations qu’il leur était prescrit de faire de tout ce qui serait contraire ou injurieux au souverain ou aux membres de l’ordre. Les cérémonies, les réceptions, les serments, les procédures contre les chevaliers délinquants, étaient aussi réglés par le plus menu détail. Enfin, le duc désignait les articles de cette longue ordonnance qui pouvaient être dans la suite expliqués et changés par le chapitre de l’ordre, et ceux qui devaient être immuables.

Dans les premiers âges de l’ordre, les nouveaux chevaliers étaient élus dans le chapitre général à la pluralité des suffrages. Dans la suite cet ordre fut conféré par le roi d’Espagne, comme héritier des ducs de Bourgogne ; il a subsisté avec gloire jusqu’au début du XIXe siècle, quoique le nombre n’en fût pas limité. Il a été supprimé depuis l’avènement du roi Joseph-Napoléon Ier (frère aîné de Napoléon Bonaparte) au trône d’Espagne en 1808.




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