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22 décembre 1386 : dernier duel judiciaire ordonné par le parlement de Paris - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, événements

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22 décembre 1386 : dernier duel
judiciaire ordonné par
le parlement de Paris
(D’après « Éphémérides politiques, littéraires et religieuses »
(Tome 12) édition de 1812, « Bulletin de la Société académique
de Brest » paru en 1875 et « Biographie universelle, ancienne
et moderne. Supplément » (Tome 71) paru en 1842)
Publié / Mis à jour le samedi 22 décembre 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le célèbre édit de saint Louis qui en 1260 avait proscrit le duel judiciaire était alors presque entièrement oublié, même dans les domaines du roi, et ce fut à Paris qu’eut lieu un de ces combats, opposant le chevalier Carrouges à l’écuyer Le Gris, le premier accusant le second d’avoir violé son épouse cependant qu’il guerroyait en Terre-Sainte

Cette coutume de juger des procès par un combat juridique, ne fut jamais connue des anciens peuples. César rapporte dans ses Commentaires, que deux de ses centurions, toujours jaloux et toujours ennemis l’un de l’autre, vidèrent leur querelle par un défi ; mais ce défi était de montrer qui des deux ferait les plus belles actions dans la bataille. L’un, après avoir renversé un grand nombre d’ennemis, étant blessé et terrassé à son tour, fut secouru par son rival. C’étaient là les duels des Romains.

Le plus ancien monument des duels ordonnés par les arrêts des rois, est la loi de Gondebaud (né vers 450 et mort en 516), roi des Burgondes à partir de 501, fils aîné de Gondioc, époux d’une sœur du Suève Ricimer, patrice des Romains vers 470. La même jurisprudence était établie dans tout l’Occident. L’ancienne loi catalane, citée par le savant Ducange, les lois allemandes, bavaroises, spécifient plusieurs cas pour ordonner le duel, entre autres celui de l’assassinat. Il résultait de ces lois, qu’un homme accusé d’homicide était en droit d’en commettre deux. On décidait souvent d’une affaire civile par cette procédure sanguinaire. Un héritage était-il contesté, celui qui se battait le mieux avait raison ; et les différends des citoyens se jugeaient comme ceux des nations, par la force.

Un duel judiciaire au VIe siècle. D'après un dessin d'Eugène Grasset (1841-1917) paru dans le n°31 de Paris Illustré (1885)
Un duel judiciaire au VIe siècle. D’après un dessin d’Eugène Grasset (1841-1917)
paru dans le n°31 de Paris Illustré (1885)

Cette jurisprudence eut ses variations comme toutes les institutions ou folles ou sages des hommes. Saint Louis ordonna qu’un écuyer accusé par un vilain pourrait combattre à cheval, et que le vilain accusé par l’écuyer pourrait combattre à pied. Il exempta de la loi du duel les jeunes gens au-dessous de vingt et un ans, et les vieillards au-dessus de soixante. Les femmes et les prêtres nommaient des champions, pour s’égorger en leur nom : la fortune, l’honneur, dépendaient d’un choix heureux. Il arriva même quelquefois que les gens d’Eglise offrirent et acceptèrent le duel. On les vit combattre en champ clos ; et il paraît, par les constitutions de Guillaume le Conquérant, que les clercs et les abbés ne pouvaient combattre sans la permission de leur évêque : Si clericus duellum sine episcopi licentia susceperit, etc.

Les Établissements de saint Louis et d’autres monuments rapportés dans Ducange nous apprennent que les vaincus étaient quelquefois pendus, quelquefois décapités ou mutilés ; c’étaient les lois de l’honneur, et ces lois étaient munies du sceau d’un saint roi, qui passe pour avoir voulu abolir cet usage barbare, l’affaire du sire de Coucy semblant avoir exercé à cet égard une influence prépondérante sur les résolutions de ce monarque.

En 1256 en effet, Enguerrand IV, sire de Coucy, avait fait pendre, sans autre forme de procès, trois écoliers d’extraction noble, qui avaient chassé sur ses terres. Ce crime atroce fut déféré à la justice du roi, Coucy fut arrêté, conduit à la tour du Louvre, et traduit devant la cour du monarque. L’orgueilleux baron fit déclarer par son conseil « que il ne devait pas et ne voulait soumettre soi à une enqueste en tel cas, comme tele enqueste touchast sa personne s’enneur [son honneur] et son héritage, et qu’il estait prest à défendre soi par bataille. » Louis IX repoussa nettement cette requête et répondit « qu’au fait des pauvres, des églises et des personnes dont il faut avoir pitié, on ne doit pas aller avant par gage de bataille : bataille n’est pas voie de droit. »

Puis, comme les parents et les amis d’Enguerrand, craignant que celui-ci ne fût condamné à mort, insistaient pour que la bataille fut octroyée, saint Louis dit au duc de Bretagne qui se montrait un des plus ardents défenseurs de l’accusé et blâmait le roi d’avilir la dignité de ses barons en les soumettant à des enquêtes : « Quant les barons qui de vous tenaient tout un à un sans aultre moïen, aportèrent devant nos leur compleinte de vos méesmes, et ils offraient à prouver leur entencion en certain cas par bataille contre vos ; ainçois respondites devant nos que vos ne deviez pas aler avant par bataille, mais par enqueste en tête besogne ; et disiez encore que bataille n’est pas voie de droit. » (Vie de saint Louis, par le confesseur de la reine Marguerite)

Louis IX tint bon et justifia, dans cette circonstance, ce que Joinville dit de lui, qu’il faisait justice bonne et roide. Les juges durent, contre leur gré peut-être, rendre une sentence qui condamna le sire Enguerrand à 12 000 livres d’amende, à la privation de son droit de justice et de chasse, et à de nombreuses expiations. C’était porter une rude atteinte aux privilèges des barons et à leur indépendance personnelle : « Si j’étais roi, dit alors le châtelain de Noyon, Jehan de Thourote, je ferai pendre tous mes barons ; le premier pas est fait, il n’en coûte pas plus. » — « Comment Jehan, lui répondit saint Louis, vous dites que je devrais faire pendre mes barons ; certainement je ne les ferai pas pendre, mais je les châtierai s’ils méfont. » Ces fières paroles suffiraient à elles seules pour montrer quel immense progrès l’autorité royale avait déjà fait à cette époque.

Bataille n’est pas voie de droit. Ce principe, une fois admis, devait avoir pour conséquence nécessaire la réforme judiciaire qui joue un rôle si important dans l’histoire de la civilisation et de la législation. Quatre ans après le procès du sire de Coucy, parut en 1260 une ordonnance royale, dont la principale disposition était celle-ci : « Nous défendons bataille par tout nostre domaine, et au lieu de batailles, nous mettons preuves par témoins et chartres. »

Duel judiciaire entre le maréchal Wilhelm von Dornsberg et Theodor Haschenacker sur le marché du vin d'Augsbourg (1409). Illustration extraite d'un traité allemand des techniques de combats médiéval de Munich paru en 1544
Duel judiciaire entre le maréchal Wilhelm von Dornsberg et Theodor Haschenacker sur
le marché du vin d’Augsbourg (1409). Illustration extraite d’un traité allemand des techniques
de combats médiéval de Munich paru en 1544

Les motifs ne manquaient certes pas à saint Louis pour prendre une semblable résolution ; mais en voici un qui a quelque chose de tout particulier : « Il abolit en sa terre le champ de bataille, pour ce qu’il avenait souvent que quant un contenz [contestation] était meuz entre un povre home et un riche, où il convenait avoir gage de bataille, le riche donnait tant que tuit [tous] les champions estaient de sa partie, et le povre ne trovait qui li vousist aider : si perdait son cors et son héritage ».

Cette ordonnance n’était obligatoire que dans les domaines du roi, car il ne faut pas perdre de vue qu’il y avait, dans la personne de ce dernier, deux caractères bien distincts. Comme dernier terme de la hiérarchie féodale, il était chef-seigneur des grands vassaux de la couronne, qui ne relevaient que de lui seul, et, comme duc de France, il était seigneur suzerain de tous les vassaux qui tenaient des fiefs de lui ; mais, par suite d’annexions nombreuses, les domaines royaux étaient déjà fort importants.

C’eût été une folie véritable que de vouloir donner force de loi à cette ordonnance, dans les autres parties de la France, et l’exécution en eût été radicalement impossible. Changer les lois, les coutumes, à une époque où chaque baron, grand ou petit, s’enivrait de l’idée de la souveraineté, où le droit de rendre justice était considéré comme inhérent à celui de commander les armées, c’était une chose qui ne pouvait venir et qui ne vint sans doute pas à l’esprit de saint Louis. Tout au plus devait-il espérer que l’application de cette ordonnance dans ses propres domaines serait d’un bon exemple pour les autres grands feudataires et les engagerait à l’imiter ; cette espérance se réalisa.

Il ne songeait pas non plus, comme l’ont cru quelques écrivains, à détruire le pouvoir judiciaire de ses propres vassaux ; ce pouvoir avait, à ses yeux, un caractère légal, et les droits d’autrui lui semblaient trop respectables pour qu’il voulût y porter atteinte. Il ne lui vint pas même à l’esprit qu’en réformant la justice, il ouvrait la porte à une révolution radicale et préparait les voies d’un gouvernement si absolu, qu’il serait permis de dire un jour : Si veut le roi, si veut la loi. Ses visées avaient un moins vaste horizon.

Les tribunaux d’alors admettaient sept preuves différentes ; l’aveu du défendeur, les titres ou chartes, les témoins, l’exposé des faits par le demandeur quand la partie adverse ne niait pas, le flagrant délit ou évidence matérielle, les présomptions et le duel, les autres épreuves n’étaient plus usitées : saint Louis ne supprima que le duel et laissa subsister les autres preuves, rapporte Henri Martin dans son Histoire de France. Il est vrai que le combat en champ-clos était la preuve la plus usitée parmi les gentilshommes, et c’est pour cela que sa suppression rencontra d’immenses obstacles.

Le bon vouloir du roi se brisa, en partie, contre la force d’un préjugé qu’on ne pouvait détruire à l’aide d’une simple ordonnance, contre une habitude invétérée et qui paralysait toutes les tentatives de progrès vers les idées d’ordre et de justice. Encore bien qu’il fût craint et respecté, Louis IX n’était pas assez puissant pour atteindre le but qu’il se proposait ; son ordonnance ne fut que très imparfaitement exécutée, souleva un mécontentement très vif parmi ses vassaux, et ce fut probablement l’un d’eux qui composa ou fit composer le poème dont voici la première strophe, en français moderne :

« Gens de France, vous voilà bien ébahis ! je dis à tous ceux qui sont dans les fiefs ; de par Dieu, vous n’êtes plus Francs, ou vous êtes privés de vos franchises, car vous êtes jugés par enquêtes. Vous êtes tous cruellement trompés et trahis, puisque nulle défense ne peut plus vous venir en aide. Douce France ! Il ne faut plus t’appeler ainsi, mais il faut t’appeler un pays d’esclaves, une terre de lâches, un royaume de misérables exposés à maintes et maintes violences. » (Bibliothèque des chartes, par Leroux de Lincy)

L’habitude a toujours une plus grande part que la raison dans la conduite des hommes ; ces vieilles coutumes étaient trop fortement enracinées dans les mœurs, l’arbre de la féodalité, bien qu’il eût été déjà rudement ébranché par Louis VI le Gros et par Philippe Auguste, était encore plein de sève et de vigueur, mais si la tentative de Louis IX n’obtint pas un succès immédiat, elle mit du moins en relief son ardent amour pour l’humanité, et la droiture de ses vues politiques. On continua donc de se battre, même dans les domaines du roi, en dépit de l’ordonnance de 1260, et, il faut bien le reconnaître, le clergé donna l’exemple de la résistance. L’évêque de Paris, entre autres, tenait énergiquement aux duels parce qu’il en percevait les amendes. « Si vous prie, sire Evêque, lui dit saint Louis, que vous corrigiez ceste maulvaise coustume en vostre terre. » Le prélat répondit « qu’il se conseillerait de son chapitre, et quand il se fust conseillé à son chapitre, il n’en fist néant, pour la convoitise des amendes. »

Les abbés de Saint-Martin-des-Champs, de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain-des-Prés, etc., conservèrent leurs champ-clos, longtemps encore après la mort de saint Louis. L’abbé de Saint-Germain-des-Prés y mit une obstination toute particulière, et ce fut dans sa lice, à la tribune même ou se mettaient les juges, que le trop célèbre Charles le Mauvais harangua le peuple de Paris en 1357. Cette lice se trouvait sur une partie du Pré-aux-Clercs, qui fut plus tard le rendez-vous des duellistes.

Duel judiciaire. Enluminure du Maître aux mains volubiles extraite de Les Droits d'armes de noblesse, manuscrit de 1481 réalisé sous la direction de Gille, roi d'armes de Maximilien d'Autriche, comte de Flandres
Duel judiciaire. Enluminure du Maître aux mains volubiles extraite de
Les Droits d’armes de noblesse, manuscrit de 1481 réalisé sous la direction de Gille,
roi d’armes de Maximilien d’Autriche, comte de Flandres

Ce fut également dans cette lice, que les ducs de Lancastre et de Berwick vidèrent, en 1359, les contestations qui existaient entre eux. Ce duel attira un immense concours de curieux, et de ce nombre fut Jean de Meulant, évêque de Paris, qui, pour se trouver au début de la lutte et ne rien perdre de ses péripéties, pria l’abbé de lui permettre de coucher chez lui, offrant d’ailleurs de lui donner une déclaration expresse portant que cet acte de condescendance ne pourrait pas préjudicier dans l’avenir, aux privilèges de l’abbaye.

La lice de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs existait encore au commencement du XVe siècle. Ce fut dans cette lice, située sur l’emplacement qu’occupa plus tard le vieux marché Saint-Martin, qu’eut lieu, le 22 décembre 1386, le duel resté célèbre opposant Jean de Carrouges à Jacques Le Gris, après plus d’un an de plaidoiries, tant à Alençon qu’au parlement de Paris.

Jean, seigneur de Carrouges, avait épousé en secondes noces Marie de Thibouville. Il était chevalier et chambellan du comte d’Alençon. Jacques Le Gris, simple écuyer et possesseur de plusieurs fiefs près d’Argentan, vivait aussi à la cour et dans l’intimité du comte, qui n’estimait pas moins son esprit et ses connaissances que sa bravoure et sa loyauté. Carrouges, naturellement jaloux, dur et brutal, avait toujours porté envie à Le Gris et cherché inutilement à le supplanter. Il partit pour l’Écosse avec l’amiral Devienne, et envoya sa femme chez sa belle-mère, à Capoménil, près de Lisieux, dans la commune de Ménilmauger.

Elle y était depuis quelque temps, lorsqu’un homme, qu’elle prit pour Le Gris, alla la visiter, et l’ayant trouvée seule, la viola, après avoir vainement essayé de la séduire par les caresses et par l’argent. Marie dissimula jusqu’au retour de son mari l’horrible affront qu’elle avait éprouvé. Alors elle lui raconta ce qui lui était arrivé. Carrouges assembla sa famille, porta plainte au comte d’Alençon, qui ne put concevoir que Le Gris, qui, le jour indiqué par Marie, s’était trouvé au château à quatre heures du matin, et l’avait encore servi à neuf heures, eût pu se rendre d’Alençon à Capoménil et de Capoménil à Alençon en cinq heures. En effet, la distance est de plus de 20 lieues.

L’alibi parut suffisamment établi aux yeux du comte d’Alençon et de toutes les personnes judicieuses. Il n’en fut pas de même au parlement de Paris, qui, par son arrêt du 15 septembre 1386, admit la plainte de Carrouges et déclara que « il échéait gage de bataille. » On prépara dans la place Sainte-Catherine, derrière le Temple, des lices pour le combat. Toute la cour, le roi Charles VI et une nombreuse affluence de spectateurs environnaient le champ clos. Pour que le combat pût décemment avoir lieu, on fut obligé d’armer chevalier Le Gris, qui n’était qu’écuyer. Il avait cinquante ans environ, et tel était aussi à peu près l’âge de Carrouges.

La dame de Carrouges fut présente au combat ; elle était dans un char de deuil, et couverte de vêtements noirs. On se battit d’abord à cheval avec un égal avantage. Les deux champions s’avancèrent ensuite à pied, et s’attaquèrent avec beaucoup de vivacité. Le Gris porta à Carrouges un coup violent qui lui blessa la cuisse. Le combat ne fut continué qu’avec plus d’acharnement. L’infortuné le Gris eut le malheur de faire une chute, et son adversaire en profita pour se précipiter sur lui. Ce fut en vain que Carrouges voulut lui faire avouer qu’il était coupable : il persista à protester hautement qu’il était innocent, et à le jurer de la manière la plus formelle. Cependant l’impitoyable Carrouges, usant de toute la rigueur de sa victoire et du droit qu’elle lui donnait, lui enfonça son épée dans le corps. Telle fut la fin de ce combat, qui ne permit à personne de douter que Le Gris ne fût coupable, puisqu’il avait été vaincu.

Enluminure représentant le duel opposant Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, extraite du Recueil des croniques d'Engleterre de Jean de Wavrin (vers 1470-1480)
Enluminure représentant le duel opposant Jean de Carrouges et Jacques Le Gris,
extraite du Recueil des croniques d’Engleterre de Jean de Wavrin (vers 1470-1480).
Sous l’enluminure, on peut lire la légende : Du champ qui fut fait devant le roi de France
de messire Jean de Carrouges appelant et de Jacques Le Gris défendant

Le corps de le Gris fut livré au bourreau qui le pendit, suivant l’usage, et l’abandonna à la voirie. Carrouges fut comblé de faveurs, et devint chambellan du roi. Enfin le véritable auteur du viol de la dame de Carrouges fut découvert : c’était un écuyer qui sans doute avait quelques rapports de ressemblance avec le malheureux Le Gris. Carrouges était alors en Afrique, et on ne le revit pas. Sa femme (suivant la Chronique de Saint-Denis), pénétrée de désespoir, se fit religieuse. Elle mourut inconsolable de la méprise cruelle dont elle était l’auteur.

Philippe le Bel, au début du XIVe siècle, avait publié un grand code de duels. Si le demandeur voulait se battre par procureur, nommer un champion pour défendre sa cause, il devait dire : « Notre souverain seigneur, je proteste et retiens que par loyale essoine de mon corps (c’est-à-dire pour faiblesse et maladie), je puisse avoir un gentilhomme mon avoué, qui en ma présence, si je puis, ou en mon absence, à l’aide de Dieu, de Notre-Dame et de monseigneur Saint-Georges, fera son loyal devoir à mes coûts et dépens. »

Les deux parties adverses, ou bien leurs champions, comparaissaient au jour assigné dans une lice de quatre-vingts pas de long et de quarante de large, gardée par des sergents d’armes. Ils arrivaient à cheval, visière baissée, écu au cou, glaive au poing, épée et dagues ceintes. Il leur était enjoint de porter un crucifix, ou l’image de la Vierge, ou celle d’un Saint dans leurs bannières. Les hérauts d’armes faisaient ranger les spectateurs tous à pied autour des lices. Il était défendu d’être à cheval au spectacle, sous peine pour un noble de perdre sa monture, et pour un bourgeois de perdre une oreille.

Le maréchal du camp aidé, d’un prêtre, faisait jurer les combattants sur un crucifix, que leur droit était bon, et qu’ils n’avaient point d’armes enchantées : ils en prenaient à témoin monseigneur Saint-Georges, et renonçaient au paradis s’ils étaient menteurs. Ces blasphèmes étant prononcés, le maréchal criait : « Laissez-les aller » ; il jetait un gant, les combattants partaient, et les armes du vaincu appartenaient au maréchal.

Le dernier duel à être autorisé publiquement eut lieu le 10 juillet 1547 au château de Saint-Germain-en-Laye, opposant Guy Chabot de Jarnac à François de Vivonne, à la suite d’une demande de Jarnac au roi Henri II de pouvoir venger son honneur. En 1613, Louis XIII donna une déclaration qui défendait les duels dans tous les cas, avec protestation de n’en jamais accorder la grâce. Cette déclaration fut confirmée par Louis XIV.




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