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7 décembre 1539 : autorisation donnée par Luther au Landgrave de Hesse, d'avoir deux femmes à la fois - Histoire de France et Patrimoine


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7 décembre 1539 : autorisation
donnée par Luther au Landgrave de Hesse,
d’avoir deux femmes à la fois
Publié / Mis à jour le mercredi 5 décembre 2012, par LA RÉDACTION

 

Philippe, landgrave de Hesse, l’un des plus ardents protecteurs de Luther, avait épousé Catherine de Saxe ; mais cette femme, quoique belle et sage, ne put jamais lui plaire. Après avoir, pendant plusieurs années, adressé ses vœux à différentes beautés, il s’attacha d’une manière plus constante à Marguerite de Staal. Une maladie grave dont il eut beaucoup de peine à se guérir, lui inspira quelques craintes sur le résultat de sa conduite ; il résolut donc de mettre sa conscience en repos.

Pour y parvenir, il adressa un mémoire à Luther, où, s’appuyant sur l’Ancien Testament, il demandait la permission d’avoir deux femmes à la fois : l’une qui, dans son palais, serait traitée publiquement comme princesse et comme épouse ; l’autre qui, sans scandale, deviendrait légalement sa concubine. Quoique le prince supplie les docteurs de lui accorder cette grâce, il les menace de s’adresser soit à l’empereur, soit au pape, s’il n’obtient pas ce qu’il désire : ensuite il leur fait les plus belles promesses. « Qu’ils m’accordent donc, au nom de Dieu, dit ce prince, ce que je leur demande, afin que je puisse plus gaiement vivre et mourir pour la cause de l’Evangile, et en entreprendre plus volontiers la défense ; je ferai de mon côté tout ce qu’ils m’ordonneront selon la raison, soit qu’ils me demandent les biens des monastères ou d’autres choses semblables. »

Cette singulière négociation fut confiée à Buter, qui ne négligea rien pour la faire réussir. Les docteurs protestants furent embarrassés : d’un côté, ils craignaient de discréditer leur doctrine par une complaisance aussi excessive ; de l’autre, ils ne voulaient pas perdre un protecteur dont ils avoient besoin. Enfin, Mélancton, leur meilleur écrivain, rédigea une consultation qui fut approuvée par eux. Voici quelques morceaux de celte pièce peu connue.

Elle est faite avec beaucoup d’adresse : les théologiens établissent, d’après l’Evangile, que l’homme ne doit avoir qu’une seule femme ; ils font sentir au prince quel désordre règnerait, si cette loi fondamentale de la société était détruite ; enfin ils lui représentent que la princesse, son épouse, est un modèle de vertus, qu’elle lui a donné plusieurs enfants, etc.

« Mais enfin, ajoutent-ils, si Votre Altesse est entièrement résolue d’épouser une seconde femme, nous jugeons qu’elle doit le faire secrètement, c’est-à-dire qu’il n’y ait que la personne qu’il épousera et peu d’autres personnes fidèles qui le sachent, en les obligeant au secret sous le sceau de la confession. Il n’y a point ici à craindre de contradiction, ni de scandale véritable ; car il n’est point extraordinaire aux princes de nourrir des concubines, nihil enim est inusati principes concubinas alere : et quand le même peuple s’en scandaliserait, les plus éclairés se douteront de la vérité, et les personnes prudentes aimeront toujours mieux cette vie modérée que l’adultère et les autres actions brutales. L’on ne doit pas se soucier beaucoup de ce qui s’en dira, pourvu que la conscience aille bien : nec curandi aliorum sermones, si recte cum conscientia agatur. C’est ainsi que nous l’approuvons, et dans les seules circonstances que nous venons de marquer : car l’Evangile n’a ni révoqué, ni défendu ce qui avait été permis dans la loi de Moïse, à l’égard du mariage, etc. »

Cette approbation est signée de huit docteurs : Luther, Mélancton, Bucer, Corvin, Adam, etc. Le 4 mars de l’année suivante (1540) Philippe de Hesse épousa Marguerite de Staal, dans le château de Rothembourg. Le contrat de mariage n’est pas moins curieux que la consultation :

« Comme l’œil de Dieu, y est-il dit, pénètre toute chose, et qu’il en échappe peu à la connaissance des hommes, Son Altesse déclare qu’elle veut épouser Marguerite de Staal, quoique la princesse, sa femme, soit encore vivante, et pour empêcher que l’on n’impute cette action à l’inconstance ou à la curiosité, pour éviter le scandale, et conserver l’honneur de cette fille, et la réputation de sa parenté, Son Altesse jure ici devant Dieu et sur son âme et conscience, qu’elle ne la prend pour femme, ni par légèreté, ni par curiosité, ni par aucun mépris du droit ou des supérieurs, mais qu’elle y est obligé par de certaines nécessités, si importantes et si inévitables, de corps et de conscience, qu’il lui est impossible de sauver sa vie et de vivre selon Dieu, à moins que d’ajouter une seconde femme à la première.

« Que Son Altesse s’en est expliquée à beaucoup de prédicateurs doctes, dévots, prudents et chrétiens, et qu’elle les a là-dessus consultés ; que ces grands personnages, après avoir examiné les motifs qui leur avaient été représentés, ont conseillé à Son Altesse de mettre son âme et sa conscience en repos par un double mariage. Que la même cause et la même nécessité ont obligé la sérénissime princesse Christine, duchesse de Saxe, première femme de Son Altesse, par la haute prudence et par la dévotion sincère qui la rendent si recommandable, à consentir de bonne grâce qu’on lui donne une compagne, afin que l’âme et le corps de son très cher époux ne courent plus le risque, et que la gloire de Dieu en soit augmentée, comme le billet écrit de la main de cette princesse le témoigne suffisamment. »

Une permission plus étendue a été accordée dans le siècle dernier, par des docteurs calvinistes, à Frédéric Guillaume, père du roi de Prusse régnant. Ce prince eut en même temps trois femmes, Elisabeth de Brunswich, la princesse de Hesse, et la comtesse d’Euhof. L’autorisation des docteurs était fondée, comme celle de Luther, sur ce qu’il valait mieux contracter un mariage illégal que de courir sans cesse d’erreurs en erreurs.




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