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23 novembre 1682 : mort du peintre Claude Gelée dit le Lorrain

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23 novembre 1682 : mort du peintre
Claude Gelée dit le Lorrain
Publié / Mis à jour le jeudi 22 novembre 2012, par LA RÉDACTION
 

L’un des plus grands artistes, qui se soient voués au genre du paysage, fut sans contredit Claude Gelée, dit le Lorrain, né en 1600, au château de Chamagne, en Lorraine. Suivant une tradition assez accréditée, ses parents, quoique dénués de fortune, l’envoyèrent à l’école, et, comme il ne voulait rien apprendre, on le plaça chez un pâtissier.

D’après une version plus authentique, recueillie par l’historien Baldinucci, Claude le Lorrain, orphelin à douze ans, se rendit à Fribourg, où l’un de ses frères cultivait l’art de la gravure en bois : là, il prit les premières notions du dessin. Un de ses parents, négociant en dentelles, l’engagea à le suivre à Rome. Dans cette ville, où il n’avait pour vivre qu’une petite rente envoyée de son pays, ressource qui ne tarda pas à lui manquer, Claude étudia sans relâche. La guerre s’étant déclarée, il partit pour Naples : un peintre, nommé Godefroi, lui enseigna l’architecture et la perspective ; puis il revint à Rome.

L’amitié la plus intime l’unit avec Auguste Tassi, qui jouissait alors d’une réputation brillante. Les deux artistes habitèrent la même maison jusqu’à l’époque où Claude revit sa patrie (1625). Bientôt il repartit pour Rome, et il y ouvrit une école. Désormais sa renommée fiait établie, et l’on se disputait ses ouvrages ; quelques artistes peu délicats se les attribuaient. Pour déjouer cette fraude, Claude fit un livre contenant le dessin exact de ses tableaux, avec le nom de l’acquéreur, et le prix qu’il en avait reçu.

Un critique habile a caractérisé le génie et analysé la manière de ce peintre : « Doué d’une patience qui allait jusqu’à l’opiniâtreté, le Lorrain étudiait tous les phénomènes de la nature, avec l’attention la plus scrupuleuse ; et c’est ainsi que malgré la vérité qui éclate dans tous ses ouvrages, il a pu se dispenser de peindre d’après nature. Il passait des journées entières dans la campagne, observant toutes les variations de l’atmosphère aux différentes heures du jour ; les accidents de la lumière et des ombres dans les temps sereins ou nébuleux ; les effets des orages, ceux des diverses saisons.

« Tous ces phénomènes se gravaient profondément dans sa mémoire, et il savait au besoin les reproduire sur la toile avec cette vérité, cette force et cet éclat, qui n’ont point encore été égalés. C’est ainsi que, même en composant les sites de ses paysages, il sut joindre à l’idéal cette exactitude de détails qui rappelle toujours la nature, et qui n’en est point l’imitation servile. Comme ceux des paysagistes, même les plus habiles, ses tableaux ne sont point resserrés dans l’espace de la toile ; ses lointains sont dégradés avec tant d’adresse, que l’œil croit toujours découvrir au delà de ce que l’artiste a peint.

« On distingue les différentes espèces d’arbres : les effets de la lumière, à travers le feuillage, sur les eaux d’un lac, d’une rivière, d’un ruisseau, de la vaste mer, au milieu des prairies et des moissons, parmi les rochers, sur le sommet des collines ou des montagnes lointaines, sont reproduits avec un charme et une vérité qui frappent les plus ignorants, et qui font l’étonnement et l’admiration des maîtres. Ses ciels rappellent en général le climat de Rome, dont l’horizon est presque toujours vaporeux et rougeâtre : sa couleur est fraîche, ses sites variés, et le feuillé de ses arbres semble agité par le vent. Il travaillait d’ailleurs avec beaucoup de difficulté, et passait souvent plusieurs jours à refaire le même ouvrage, jusqu’à ce qu’il en fût satisfait. Toutes ses connaissances se bornaient à son art ; il était sur tout le reste d’une ignorance profonde, n’ayant rien lu et sachant à peine signer son nom. Les figures de ses tableaux sont mal dessinées et sans esprit : aussi les a-t-il fait le plus souvent exécuter-par ses élèves. »

Claude le Lorrain était d’une douceur et d’une bonté sans exemple : il suffit du trait suivant pour le prouver. Des envieux répétaient que Jean Dominico, son élève favori, tenait souvent le pinceau pour son maître. Loin de démentir cette fable, qui flattait son orgueil, Dominico poussa l’impudence jusqu’à réclamer le prix des ouvrages qu’il prétendait avoir exécutés. Instruit de cette conduite, Claude le Lorrain le fait venir, le conduit à la banque du Saint-Esprit, où il avait déposé toute sa fortune, et donne ordre qu’on lui compte la somme à laquelle il évaluait ses travaux. Ce fut toute la vengeance du maître, toute la punition de l’élève.

 
 
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