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21 octobre 1805 : bataille navale de Trafalgar, et mort de l’amiral anglais Nelson - Histoire de France et Patrimoine

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21 octobre 1805 : bataille navale
de Trafalgar, et mort de
l’amiral anglais Nelson
Publié / Mis à jour le vendredi 19 octobre 2012, par LA RÉDACTION
 

Napoléon avait bientôt reconnu que la flotille de Boulogne ne se suffisait pas à elle-même pour le trajet de la Manche et pour le débarquement, et qu’elle ne pouvait exécuter ces deux opérations que sous la protection de vaisseaux de haut-bord. Il fallait donc éloigner les escadres anglaises, qui gardaient la Manche, ou réunir une flotte française capable de forcer le passage. Un vaste plan fut tracé par Napoléon, pour arriver à ces résultats.

Il avait plus de quatre-vingts vaisseaux de ligne et un nombre considérable de frégates, dans plusieurs ports sur l’Océan et la Méditerranée : ces vaisseaux, divisés par escadre, reçurent l’ordre de sortir à la foi, d’aller ravager les possessions anglaises des Antilles, de se réunir, de revenir immédiatement vers l’Europe, de rallier les divisions, qui les attendraient sur différents points, et de se porter tous ensemble dans la Manche ; où se seraient alors trouvés plus de soixante vaisseaux de ligne, français et espagnols, tandis que les flottes anglaises, attirées nécessairement hors de leurs stations par tous ces mouvements, auraient encore été occupées dans les mers lointaines des deux Indes et de la Méditerranée, à chercher ça et là, les ennemis.

Horatio Nelson
Horatio Nelson

Toutes les hypothèses données par Napoléon se réalisèrent. Les sorties successives des divisions de Toulon, de Rochefort et de Cadix jetèrent l’épouvante en Angleterre ; les escadres anglaises, abandonnant leurs croisières, s’élancèrent sur les traces des amiraux français, qu’elles demandèrent de rivage en rivage, sans les rencontrer. Le succès du plan semblait assuré, et comme au temps de Guillaume, les barques normandes menaçaient la Grande-Bretagne ; mais un véritable homme de mer manquait à la France, pour exécuter, comme Napoléon concevait, avec génie.

L’empereur, après la mort de la Touche-Tréville, avait longtemps hésité, avant de choisir le commandant en chef de ce formidable armement. Il nomma enfin Villeneuve. Ce choix n’était pas heureux. Villeneuve, plein de courage et de talent comme capitaine, ne semblait pas à la hauteur de la mission, vaste et compliquée, qui lui était confiée. Il avait été si prudent à Aboukir, que Napoléon n’eût pas dût songer à lui pour diriger une entreprise dans laquelle l’énergie et l’activité étaient nécessaires.

Villeneuve n’avait exécuté qu’avec hésitation, mollesse et lenteur ses premiers ordres, et la confiance des équipages était ébranlée, lorsqu’il arriva devant le Ferrol, avec quinze vaisseaux, le 2 août. Ses instructions et les circonstances lui faisaient un devoir de ne rester au Ferrol que le temps strictement nécessaire pour faire lever l’ancre aux quinze vaisseaux qui s’y trouvaient ; il y consuma onze jours. D’après les ordres précis de l’empereur, il devait, en quittant le Ferrol, se diriger au Nord, prendre, en passant devant Rochefort, une division de cinq vaisseaux et de quelques frégates, rallier l’escadre de Brest forte de vingt-deux vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates, et faire entrer aussitôt cette flotte imposante dans la Manche, où elle eût été maîtresse. Villeneuve fit voile pour Cadix.

Il ne faut point examiner ici si les événements survenus en Europe pendant les premiers mois de l’année 1805 permettaient encore à Napoléon d’exécuter ses projets sur l’Angleterre : ces événements n’existaient pas pour Villeneuve ; il ne lui appartenait pas d’ailleurs de les juger. Toutes les considérations et ses instructions l’appelaient dans la Manche. Il fit acte de désobéissance formelle et preuve d’incapacité, en s’allant renfermer inutilement dans le port de Cadix. Dans les premiers moments de sa douleur et de son courroux, Napoléon fit entendre le mot de trahison, et se plaignit de ne pas trouver en France un marin à sa hauteur.

Ce grand homme de mer, que Napoléon cherchait en vain parmi les Français, l’Angleterre le possédait dans la personne de Nelson. Nelson avait reçu de la nature, dans un corps frêle, un courage à l’épreuve, une âme inébranlable, une puissance de volonté prodigieuse, et une intelligence forte. Quelque carrière qu’il eût suivie, Nelson eût été loin : appliquant, dès l’âge de dix ans, toutes ses facultés morales et intellectuelles à la marine, il devint un des plus grands hommes de mer dont l’Angleterre puisse se glorifier. Sa réputation était déjà brillante, lorsque la bataille d’Aboukir le rendit le héros de l’Angleterre.

Mais ni ses missions dans les cours du nord, ni sa conduite à la chambre des pairs, où il fut appelé en 1802, ni le bombardement d’Alger, qu’il commanda en 1803, ne rachetèrent l’infamie de ses amours, doublement adultères, avec la duchesse d’Hamilton et la mort hideuse du vieil amiral Carracioli. Ses tentatives malheureuses contre la flottille de Boulogne et ses courses inutiles, pendant six mois, à la poursuite de Villeneuve, venaient d’irriter son orgueil et la vanité britannique, lorsque la bataille de Trafalgar lui offrit l’occasion de prendre une éclatante revanche de ces petits échecs, qui, dans toute autre vie militaire que la sienne, passeraient, sans être aperçus.

A peine Villeneuve fut-il entré dans le port de Cadix avec trente-trois vaisseaux français, que les Anglais établirent une croisière pour surveiller cette flotte, qui les avait tant inquiétés. Villeneuve s’endormit pendant deux mois ; laissant l’escadre ennemie, d’abord si faible qu’il eût pu l’écraser d’un seul coup, recevoir, peu à peu, des renforts, qui la rendirent égale à la flotte combinée. Ce fut alors que, se réveillant tout-à-coup, pour ainsi dire, il alla chercher le combat. Les motifs de cette sortie de Villeneuve ont exercé la sagacité des historiens ; l’explication la plus plausible que l’on puisse admettre, c’est que l’amiral français, dont le successeur au commandement était déjà nommé, voulait remporter une victoire, qui seule pouvait lui rendre son honneur perdu. C’était de l’égoïsme, mais un égoïsme honorable.

« Les amiraux des deux flottes, dit un profond écrivain, avaient donné des instructions à leurs capitaines pour l’hypothèse des combats. Celles de Nelson sont d’un homme de génie qui ouvre à la science de la guerre des routes nouvelles ; celles de Villeneuve d’un homme ordinaire qui se traîne dans les ornières de la routine. Ces instructions offrent les différences qui existent pour les guerres du continent entre les instructions données par Napoléon à ses lieutenants et celles que donne le cabinet militaire de Vienne à ses généraux en chef. » Nelson devait donc vaincre, comme vainquit Napoléon et ce fut par la même manœuvre, en forçant la ligne ennemie.

La flotte combinée, formant une longue colonne, à dix lieues au sud de Cadix, portait le cap au nord, pour garder le port ouvert, lorsque la flotte anglaise arriva sur elle, avec le vent qui soufflait de l’ouest. Nelson, au lieu de s’allonger bord à bord des alliés et de former une ligne parallèle, divisa ses vaisseaux en deux colonnes, et les lança sur le centre de Villeneuve qui fut coupé en trois factions. Cette manœuvre était irrésistible, si on n’y opposait que la tactique ordinaire ; Villeneuve l’avait prévue dans ses instructions, et cependant il n’imagina aucun système nouveau de défense pour repousser une attaque inusitée.

Les résultats de cette différence entre le génie des deux amiraux, furent désastreux pour les marines française et espagnole. Dix-sept vaisseaux de la flotte combinée tombèrent au pouvoir des ennemis. Tout était perdu fors l’honneur. De magnifiques faits d’armes, particuliers et accidentels, consolaient l’orgueil français : le contre-amiral Magon, les capitaines Lucas, Infernet, Cosmao, Camus et Villeneuve lui-même, admirable comme soldat, avaient fait des prodiges de valeur.

La journée de Trafalgar répandit le deuil sur les bords de la Tamise, comme sur les rives de la Seine. La France avait perdu sa flotte ; l’Angleterre avait perdu Nelson. Une balle le frappa au milieu de sa victoire ; mais, avant de mourir, il connut et savoura son triomphe. Les deux sentiments, qui dominèrent sa vie, dictèrent ses dernières paroles : « Maintenant, dit-il en apprenant la victoire, je meurs satisfait ; grâces soient rendues à Dieu, j’ai accompli mon devoir. Je laisse un legs sacré à ma patrie : lady Hamilton. »

Le dernier signal que donna Nelson à sa flotte en engageant le combat, est cher et sacré à tous les cœurs anglais. L’Angleterre, avait-il dit, compte que chacun fera son devoir. Mettre ainsi sa flotte sous les yeux et l’invocation de l’Angleterre, c’était la stimuler par l’aiguillon le plus puissant sur des Anglais, l’amour de la vieille Angleterre.

 
 
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