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3 septembre 1711 : mort du peintre sur émail et graveur Elisabeth-Sophie Chéron

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3 septembre 1711 : mort du peintre
sur émail et graveur
Elisabeth-Sophie Chéron
Publié / Mis à jour le samedi 1er septembre 2012, par LA RÉDACTION
 

Cette célébrité se perd dans les innombrables illustrations qui méritèrent au siècle de Louis XIV le titre de grand ; et quoique le nom de Mlle Chéron nous ait été légué à la fois par les lettres et les arts, chaque jour voit s’éclipser un rayon de sa gloire et tomber une feuille de sa double couronne.

Elisabeth-Sophie Chéron
Elisabeth-Sophie Chéron

Peu de personnes connaissent aujourd’hui ses Portraits tant vantés, sa Descente de Croix, son Livre des principes à dessiner, ses Pierres gravées ; la plupart de nos littérateurs ignorent jusqu’aux titres de ses Psaumes et Cantiques, de son Essai, de son Ode sur le jugement dernier ; enfin pas un de nos poètes, peut-être, ne partage l’admiration de J.-B. Rousseau pour la petite pièce de vers intitulée les Cerises renversées : on regarde de nos jours comme très ordinaire ce badinage, qui, sous le nom ambitieux de poème, valut à son auteur la plus grande partie de sa réputation.

A la fois habile dans la musique, la peinture, les lettres, les gravures, la poésie, les sciences, Elisabeth-Sophie Chéron devait être recherchée par les sociétés savantes : l’académie de peinture l’admit en 1672, celle des Ricovrati de Padoue la reçut en 1699, sous le nom de la Muse Erato ; enfin Louis XIV lui accorda une pension de cinq cents livres.

Restée dans le célibat jusqu’à l’âge de soixante ans, Mlle Chéron ne se maria, dit-on, que pour assurer des avantages à un ancien ami. A ses talents et à son érudition, Sophie Chéron joignait un esprit d’à-propos très remarquable. Nous n’en citerons qu’un exemple : Une dame extrêmement coquette s’étant fait peindre par elle, lui demanda cinq copies de son portrait. « Eh ! mon Dieu ! disait-on, pourquoi cette femme multiplie-t-elle tant son portrait ? » Mlle Chéron répondit par ce verset d’Isaïe : « Quoniam multiplicatae sunt iniquitates ejus (Parce que ses iniquités ont été multipliées). »

Louis Chéron , frère d’Elisabeth-Sophie fut aussi peintre et graveur ; de son temps il jouit d’une assez grande réputation, mais ses ouvrages sont presque tous tombés dans l’oubli, et son nom aurait eu le même sort, s’il n’eût été sauvé par sa sœur.

 
 
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