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Le mot « payer », héritage d'un tribut versé pour se dédommager d'un crime ? Brèves d'Histoire de France. Miettes historiques

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Le mot « payer », héritage d’un tribut
versé pour se dédommager d’un crime ?
(D’après « La Revue de poche », paru en 1867)
Publié / Mis à jour le mardi 9 août 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
Quelle peut être l’étymologie de ce verbe que nous disons tous ? Serait-ce donc un de ces mots qui ont tant changé en route, que l’on n’obtient qu’un éclat de rire du vulgaire quand on veut lui en dire les transformations ? s’interroge un rédacteur de La Revue de poche.

Payez-vous ! dis-je au cocher qui me menait, en lui tendant une pièce d’or, et j’attendis qu’il me rendît la monnaie mais voilà que, tout à coup, cette action si simple avait fait naître dans mon esprit une question que je voulus résoudre. Aussitôt, donc, que j’en eus fini avec l’automédon, je sonnai et rentrai chez moi.

Voyons, me dis-je, je viens de prononcer là un mot bien usuel, bien rebattu, et je ne me suis jamais demandé de m’en rendre compte. Payer ! Quelle peut être l’étymologie de ce verbe que nous disons tous ? Serait-ce donc un de ces mots qui ont tant changé en route, que l’on n’obtient qu’un éclat de rire du vulgaire quand on veut lui en dire les transformations ; et, suivant les savantes leçons que nous ont laissées Raynouard et ses disciples, je cherchais en latin un mot qui pût me rendre compte du verbe français que je voulais disséquer.

Après quelques minutes de recherches et de réflexions, j’arrivai à un résultat. Payer devrait venir de pagare si le mot existait, c’est de pacare qu’il vient ; nous ne sommes donc pas très loin en français du mot original comme valeur de lettres, mais comme sens du mot, c’est autre chose. Pacare veut dire, en latin, apaiser, mot qui, lui-même, est dérivé du vocable que je viens de citer. Quel rapport pouvait-il donc exister entre ces deux significations de payer et d’apaiser ? L’histoire ne tarda pas à me l’expliquer.

Au temps primitif des Mérovingiens, une loi qui ne peut à présent nous paraître que bizarre régnait en France. C’est du wehrgeld que je veux parler ; cette coutume, germanique d’origine comme son nom et le peuple qui l’avait apportée en Gaule, consistait à rémunérer le plaignant de ses pertes ou de ses dommages par une juste indemnité. Mais, ce qui nous semblera plus étrange, c’est que non seulement on indemnisait celui à qui on avait fait un tort appréciable, mais que même on payait ainsi des crimes. Tout se réduisait en argent.

Un tarif existait suivant lequel, chacun, d’après sa condition, pouvait se racheter d’un meurtre au plus juste prix. C’était tant pour un homme libre qui avait tué un serf, tant pour un homme libre qui avait tué son pair, tant pour un serf qui avait tué un homme au dessus de sa condition, et ainsi de suite.

Je sortirais de mon sujet si je traçais ici, d’une façon plus complète, ce taux des divers crimes. Tout le monde connaît le wehrgeld, et je ne fais pas un cours d’histoire. Il me suffit d’avoir pu tirer de ce que je viens de dire la raison normale du mot que je cherchais. Quand, par exemple, un homme avait blessé un autre homme, suivant la gravité de la blessure et la condition respective de l’un et de l’autre, il pouvait le pacare, pour employer le latin, en usage à cette époque ; vint enfin la langue vulgaire qui se forma comme elle put de ce latin qu’elle trouvait répandu généralement.

On traduisit par payer cette acception du mot apaiser, où la paix qu’on faisait consistait à donner de l’argent, pendant que l’autre dérivé de pacare continuait à vivre avec le sens restreint qu’avait primitivement le mot latin. De là à employer le nouveau mot dans le sens de donner de l’argent, même quand ce n’était pas à titre d’indemnité, il n’y eut qu’un pas, et ce pas on le fit si bien que maintenant, les deux mots, le latin père, et le français fils ont des sens absolument distincts.

Et pourtant encore de nos jours, payer n’est-ce pas apaiser en bien des sens ? Apaiser des fureurs que l’on ne saurait vaincre autrement, des ambitions cachées, des prétentions justes même ! Les deux mots, si l’on y fait bien attention, ne sont-ils pas restés liés indissolublement ?

 
 
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