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22 août 1806 : mort du peintre Jean-Honoré Fragonard

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22 août 1806 : mort du peintre
Jean-Honoré Fragonard
(D’après « Biographie universelle, ancienne
et moderne » (Tome 15), paru en 1816)
Publié / Mis à jour le samedi 22 août 2020, par LA RÉDACTION
 

Né le 5 avril 1732, Jean-Honoré Nicolas Fragonard quitta fort jeune le notaire chez lequel son père l’avait placé, pour suivre les écoles de dessin. Parvenu par son travail à la réputation d’homme distingué, il aimait à raconter comment il s’était formé de lui-même, et rapportait assez plaisamment, dans le cours de sa narration, que la nature, en le poussant à la vie, lui avait dit avec malice : Tire-toi d’affaire comme tu pourras.

En effet, il mit à profit la leçon. Élève de François Boucher, Fragonard adopta les principes de son maître ; mais guidé encore plus par ses dispositions naturelles que par les leçons du peintre, il se forma néanmoins un genre à lui. Comme Boucher, il mit trop d’affectation dans la distribution de ses groupes, et dans l’expression des figures qu’il représentait ; mais ses compositions sont mieux raisonnées, plus nobles et plus poétiques. Fragonard remporta le grand prix de peinture, et partit pour Rome.

Jean-Honoré Fragonard
Jean-Honoré Fragonard

La superbe Italie, où résidaient les chefs-d’œuvre de l’antiquité, ainsi que les plus belles peintures des temps modernes, loin d’augmenter en lui le goût du travail, et de lui inspirer le désir de rectifier son talent, produisit l’effet contraire ; car il convenait qu’à son arrivée à Rome, les peintures de nos maîtres les plus célèbres lui avaient paru tristes, monotones, et qu’elles l’avaient entièrement découragé. « L’énergie de Michel-Ange m’effrayait, disait-il ; j’éprouvais un sentiment que je ne pouvais rendre ; en voyant les beautés de Raphaël, j’étais ému jusqu’aux larmes, et le crayon me tombait des mains ; enfin, je restai quelques mois dans un état d’indolence que je n’étais pas le maître de surmonter, lorsque je m’attachai à l’étude des peintres qui me donnaient l’espérance de rivaliser un jour avec eux : c’est ainsi que Baroche, Piètre de Cortone, Solimène et Tiépolo fixèrent mon attention. »

A son retour de Rome, Fragonard entreprit pour sa réception à l’académie un tableau représentant Corésus et Callirhoé. Dans cette heureuse disposition, l’artiste veut se surpasser : il s’enferme dans son atelier, où, profondément pénétré de celle idée, il exécute un tableau dans lequel on admirait une belle ordonnance et des effets de lumière, non seulement piquants, mais encore dirigés avec adresse. L’ouvrage eut un grand succès, et fut agréé avec distinction par les académiciens. Il peignit de suite la Visitation de la Vierge, pour le duc de Gramont.

Cependant, Fragonard s’aperçut bientôt de la faiblesse de ses études ; il sentit combien il lui serait difficile d’occuper la première place, s’il consacrait uniquement ses pinceaux à la représentation des grands sujets d’histoire : il s’adonna au genre érotique, dans lequel il réussit parfaitement. Sacrifiant ainsi la gloire au plaisir et au badinage, Fragonard fut un peintre à la mode. Ses petits tableaux et ses dessins lavés au bistre, si remarquables par des pensées neuves et ingénieuses, étaient enlevés dès qu’ils voyaient le jour. Les amateurs se disputaient à l’envi ces productions frivoles ; et on les voyait continuellement, dans l’atelier du peintre, le presser de dessiner devant eux des scènes qui charmaient tout le monde.

Ce fut dans le temps de cette grande vogue qu’il fit paraître son tableau de la Fontaine d’amour ; celui du Sacrifice de la rose, et du Serment d’amour. Il peignit, pour le marquis de Verri, un tableau dans la manière de Rembrandt, représentant l’Adoration des Bergers ; et comme l’amateur lui en demandait un second pour servir de pendant au premier, l’artiste, croyant faire preuve de génie, par un contraste bizarre, lui fit un tableau libre et rempli de passion, connu sous le nom de Verrou.

On ne peut se dissimuler que les compositions licencieuses de ce peintre n’aient souvent effarouché la vertu et alarmé la pudeur. En 1773, Fragonard fut chargé de peindre le salon de Mlle Guimard : elle fut représentée en Terpsichore — la Muse de la Danse dans la mythologie grecque —, avec tous les attributs qui pouvaient la caractériser de la manière la plus séduisante. On raconte que les tableaux n’étaient pas encore terminés, lorsqu’on ne sait pourquoi elle se brouilla avec son peintre et en choisit un autre. Fragonard, curieux de savoir ce que devenait l’ouvrage entre les mains de son successeur, trouva le moyen, quelque temps après, de s’introduire dans la maison.

La Liseuse. Peinture de Fragonard (vers 1770)
La Liseuse. Peinture de Fragonard (vers 1770)

Apercevant dans un coin une palette et des couleurs, il imagine sur-le-champ le moyen de se venger. En quatre coups de pinceau, il efface le sourire des lèvres de Terpsichore, et leur donne l’expression de la colère et de la fureur, sans rien ôter d’ailleurs au portrait de sa ressemblance, quoiqu’il eût également touché aux yeux. Cela fait, il se sauve au plus vite ; et le malheur veut que Mlle Guimard arrive elle-même quelques moments après avec plusieurs de ses amis, qui venaient juger les talents du peintre. Quelle n’est pas son indignation, en se voyant défigurée à ce point ! mais plus sa colère éclate, plus la caricature devient ressemblante.

Ce qui caractérise principalement les ouvrages de Fragonard, c’est une sorte de magie et de féerie. Il touchait tour à tour ses pinceaux sans oser en prendre un d’une main assurée : ses peintures se ressentent de cette indécision. Son style est agréable, sans être déterminé ; son dessin est gracieux, sans être arrêté. Sa couleur est factice et sans vigueur ; elle ressemble à une vapeur aérienne qui aurait emprunté des reflets de l’arc-en-ciel.

Se livrant tout entier au goût frivole de son siècle, il a entièrement négligé les plus belles parties de l’art, qu’il aurait pu traiter avec avantage, s’il avait voulu s’y livrer. C’est ainsi que Fragonard marchait à la fortune sur un chemin sema de roses, lorsque la Révolution vint le surprendre dans sa course. Il perdit la majeure partie de la richesse qu’il avait amassée, pour ainsi dire, en badinant avec ses crayons et ses pinceaux : il ne peignit plus, et mourut malheureux.

 
 
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