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13 août 1704 : bataille d'Hochstedt - Histoire de France et Patrimoine


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13 août 1704 : bataille d’Hochstedt
Publié / Mis à jour le dimanche 12 août 2012, par LA RÉDACTION

 

Le prince Eugène et le duc de Marlborough remportent une victoire complète sur les armées de France et de Bavière, commandées par l’Electeur et les maréchaux de Tallard et de Marsin.

Le marquis de Feuquières compte douze fautes capitales que firent l’Electeur, Marsin et Tallard, avant et après cette fameuse bataille, qui fut le terme des prospérités de Louis XIV. Une des plus considérables était de n’avoir point un gros corps d’infanterie à leur centre, et d’avoir séparé leurs deux corps d’armée. On a souvent entendu dire au maréchal de Villars, que cette disposition était inexcusable. Le maréchal de Tallard était à l’aile droite, l’Electeur avec Marsin, à la gauche. Le maréchal de Tallard avait dans le courage toute l’ardeur et la vivacité françaises, un esprit actif, perçant, fécond en expédients et en ressources ; mais il avait un malheur bien dangereux pour un général : sa vue était si faible, qu’il ne distinguait pas les objets à vingt pas de lui.

Le maréchal de Marsin n’avait jusque là jamais commandé en chef ; et avec beaucoup d’esprit et un sens droit, il avait l’expérience d’un bon officier plus que d’un général. La bataille commença entre midi et une heure : Marlborough et les Anglais ayant passé un ruisseau, chargèrent la cavalerie de Tallard, qui venait de passer à la gauche, pour voir comment elle était disposée ; c’était déjà un grand désavantage que l’armée de Tallard fût attaquée, sans que son général fût à sa tête. L’armée de l’Electeur et de Marsin n’était point encore attaquée par le prince Eugène ; Marlborough entama l’aile droite française, près d’une heure avant qu’Eugène eût pu arriver vers l’Electeur à la gauche.

Sitôt que le maréchal de Tallard apprend que Marlborough attaquoit son aile, il y court ; il trouve une action furieuse engagée ; la cavalerie française trois fois ralliée et trois fois repoussée ; il va vers le village de Blenheim, où il avait posté vingt-sept bataillons et douze escadrons ; c’était une petite armée séparée, qui faisait un feu continuel sur celle de Marlborough ; de ce village où il donna ses ordres, il revole à l’endroit où Marlborough poussait la cavalerie française. Le fils du maréchal de Tallard reçoit un coup mortel auprès de son père ; le maréchal est blessé lui-même ; toute sa cavalerie est mise en déroute.

Marlborough, vainqueur, perce d’un côté entre les deux armées françaises ; de l’autre, ses officiers-généraux percent aussi entre ce village de Blenheim et l’armée de Tallard, séparée encore de la petite armée qui est dans Blenheim. Le maréchal de Tallard, dans celte cruelle situation, court pour rallier quelques escadrons ; la faiblesse de sa vue lui fait prendre un escadron ennemi pour un français ; il est fait prisonnier par les troupes de Hesse, qui étaient à la solde de l’Angleterre. Au moment que le général était pris, le prince Eugène, trois fois repoussé à la gauche, gagnait enfin l’avantage. La déroute était déjà totale, et la fuite précipitée, dans le corps d’armée du maréchal de Tallard. La consternation et l’aveuglement de toute cette droite, était au point qu’officiers et soldats se jetaient dans le Danube, sans savoir où ils allaient.

Aucun officier-général ne donnait l’ordre pour ta retraite ; aucun ne pensait à sauver ces vingt-sept bataillons et ces douze escadrons des meilleures troupes de France, enfermés si malheureusement dans Blenheim. L’officier général qui devait les commander, le marquis de Clairambaut, fils du maréchal de Clairambaut, courut pour demander les ordres au maréchal de Tallard ; il apprend qu’il est pris ; il ne voit que des fuyards, il fuit avec eux, et va se noyer dans le Danube. L’armée victorieuse investissait déjà le village de Blenheim et les troupes qu’il renfermait. Lord Orknai s’avance pour leur offrir la capitulalion ; toutes ces vieilles bandes frémirent ; le régiment de Navarre déchira et enterra ses drapeaux ; mais enfin, il fallut plier sous la nécessité ; et cette petite armée, qui était de onze mille hommes effectifs, se rendit sans combattre.

Telle fut la célèbre bataille qui, en France, a le nom d’Hochstedt, en Allemagne, de Plintheim, en Angleterre, de Blenheim. Les vainqueurs y eurent cinq mille morts et près de huit mille blessés ; l’armée française fut presque entièrement détruite. Douze mille morts, quatorze mille prisonniers, tout le canon, un nombre prodigieux d’étendards et de drapeaux, les tentes, les équipages , le général de l’armée et douze cents officiers de marque au pouvoir du vainqueur, signalèrent cette journée. Les fuyards se dispersèrent ; près de cent lieues de pays furent perdues en moins d’un mois.

L’étonnement et la consternation saisirent la cour de Versailles, accoutumée à la prospérité ; personne n’osait apprendre au roi la nouvelle d’une semblable défaite. Il fallut que madame de Maintenon se chargeât de lui dire qu’il n ’était plus invincible. La reine et le parlement d’Angleterre firent bâtir à Marlborough, dans sa principale terre, un palais immense, mais lourd et de mauvais goût, qui porte le nom de Blenheim. Cette bataille y est représentée dans les tableaux et sur les tapisseries. Les remerciements des chambres du parlement, ceux des villes et des bourgades, les acclamations de l’Angleterre, furent le premier prix qu’il reçut.de sa victoire.


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