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Coutumes et traditions. Art du jardinage. Jardiniers célèbres, paysagistes. Le Nôtre, La Quintinie - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Art du jardinage : de Charlemagne aux
paysagistes Le Nôtre et La Quintinie
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1930)
Publié / Mis à jour le samedi 8 septembre 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Si l’art du jardinage en France prend son essor avec le règne de Charlemagne, il faut attendre le XVIe siècle et l’inspiration italienne pour que les domaines royaux acquièrent grandeur et perspective, avant l’avènement des talentueux Le Nôtre et La Quintinie qui furent les premiers d’une dynastie de paysagistes conférant à notre pays ses lettres de noblesse en la matière

Pourquoi saint Fiacre est-il le patron des jardiniers ?... Voilà ce que nous dit la « légende dorée » : né en Irlande vers l’an 600, Fiacre quitta de bonne heure sa patrie et voyagea sur le continent. C’est ainsi qu’il vint à Meaux, où il fut accueilli par saint Faron, prélat du diocèse.

Celui-ci, séduit par le savoir autant que par la dévotion de son hôte, et voulant le garder auprès de lui, l’autorisa à prendre sur les terres de l’évêché autant d’espace qu’il en pourrait, en un jour, entouré d’un fossé. Aussitôt, Fiacre posa son bâton à terre et se mit à marcher en le traînant derrière lui... O merveille ! Sur le trajet du bâton, un fossé se creusait aussitôt. L’évêque vit là le doigt de Dieu. Les paysans criaient au prodige. Mais une femme eut la malencontreuse idée d’accuser le saint de magie. Du coup, Fiacre prit toutes les femmes en grippe. L’entrée de la chapelle qu’il avait élevée sur sa terre leur fut interdite. Saint Fiacre vécut là en anachorète, célébrant chaque jour les louanges du Seigneur, et cultivant son jardin, lequel, grâce à ses soins, donna des fleurs, des légumes et des fruits magnifiques.


Saint Fiacre

Un jardin dans la Rome antique
Comme presque tous les éléments de notre civilisation, l’art des jardins nous fut transmis par l’Italie. La Rome des Césars comptait des jardins magnifiques ; et les jardiniers savants y étaient dignement honorés. Mais il paraît que jusqu’à l’époque d’Auguste on ne taillait pas les arbres, car l’histoire assure que c’est le nommé Matius, jardinier de cet empereur, qui aurait inventé cette pratique.

Une lettre dans laquelle Pline le Jeune décrit sa villa de Toscane, nous montre ce qu’était un jardin romain au premier siècle de notre ère. Rien n’y manque : parterres, plates-bandes, allées d’arbres, massifs, ifs et buis taillés en figures ; il y a un potager, un verger, des serres pour la culture des fleurs. Les grands jardiniers italiens de la Renaissance avaient, en somme, de merveilleux modèles dans les jardins de l’antiquité ; ils n’eurent à ajouter à tout cela que les rocailles, les grottes, les jeux d’eaux, les statues pour associer l’œuvre de l’art à celle de la nature et composer les plus beaux jardins du monde.

Les origines du jardinage
Nous ignorons ce qu’étaient les jardins du bienheureux saint Fiacre, mais il semble bien qu’en France on n’ait commencé à pratiquer sérieusement l’art du jardinage que près de deux siècles après lui, Charlemagne est le premier qui voulut avoir de beaux jardins et de bons jardiniers. Il dressa même, dans un curieux capitulaire, la liste des plantes qui devaient être cultivées dans les jardins royaux.

Cependant, jusqu’au XVIe siècle, les jardins de Paris, même ceux des palais, manquent de perspective et de grandeur. C’est encore l’exemple de l’Italie qui poussera les souverains et les riches seigneurs à faire embellir les jardins attenant à leurs domaines. Et l’on citera alors comme des merveilles les jardins de Fontainebleau, de Folembray, de Montargis, de Valery, de Beauregard, de Blois, tous calqués sur les parcs les plus célèbres de l’Italie.

Mais, bientôt, la France n’aura plus besoin de s’inspirer de l’étranger : c’est chez elle, au contraire, qu’on viendra de toutes parts chercher des enseignements, car voici l’époque des grands jardiniers paysagistes, horticulteurs, arboriculteurs, fleuristes : voici Le Nôtre et voici La Quintinie.

On a élevé naguère un monument à Le Nôtre ua jardin des Tuileries. Ce fut vraiment, disent les Anglais, mettre the right man in the right place, l’homme à la place qui lui convient. Toute une dynastie de Le Nôtre, travailla, en effet, aux Tuileries. Le grand-père et le père du célèbre artiste y furent jardiniers. Lui-même y vécut dans un petit logis qui s’élevait sur l’emplacement où se trouva plus tard le monument de Jules Ferryu.

André Le Nôtre. Peinture de Carlo Maratta
André Le Nôtre. Peinture de Carlo Maratta

Élevé par ses parents dans le culte de la nature, André Le Nôtre fut, dès sa jeunesse, confié à maître Claude Mollet, premier jardinier du roi, qui devait l’instruire dans l’art des jardins. Maître Claude Mollet était, sans doute, un très distingué personnage : il avait écrit un livre fort savant sur la culture des vergers, mais, quant à l’architecture des jardins, maître Claude Mollet se contentait d’imiter ce qu’on faisait en Italie ; et les Tuileries, de son temps, étaient toutes parsemées de grottes, de rocailles et de labyrinthes.

C’est le génie d’André Le Nôtre qui devait créer l’art français des jardins. Et ce jardinier ne fut pas seulement un grand artiste, le plus habile et l’un des plus grands que la France ait produits ; ce fut encore un digne homme dans toute la force du terme. Quand il eut conçu le plan de Versailles, ce chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre, il apporta ses dessins à Louis XIV. Le roi fut émerveillé. A chaque grande pièce dont Le Nôtre lui indiquait le projet, Louis XIV s’écritait : « Le Nôtre, je vous donne vingt mille livres !... »

A la quatrième interruption, le jardinier l’arrêta : « Sire, dit-il, je ne vous en montre pas davantage, je vous ruinerais. » Et il referma son plan. Plus tard, Louis XIV, en dépit des protestations du trop modeste jardinier, l’anoblit et le décora du cordon de Saint-Michel. Il voulut même lui donner des armoiries. Mais Le Nôtre, qui avait plus que personne son franc parler avec le roi, se mit à rire : « Des armoiries, sire, j’en ai déjà : Trois limaçons couronnés d’une feuille de chou. » Et il refusa le blason qu’on lui offrit. On vivait, en ce temps-là, sous un prince qui estimait l’art des jardins à l’égal des autres arts. Louis XIV, qui payait Le Nôtre plus cher qu’un de ses maréchaux, le décorait et voulait lui donner des armoiries, n’avait pas moins d’estime pour ses autres jardiniers.

Les successeurs de Le Nôtre
Jean de La Quintinie, antif de Chabanais, en Angoumois, avait été d’abord avocat. Son goût pour l’agronomie lui fit préférer à la toge le tablier de jardinier. Il n’eût été peut-être qu’un robin sans importance ; l’état de jardinier le conduisit à la fortune et à la célébrité. C’est lui qui traça les potagers des plus beaux châteaux de France : Chantilly, Rambouillet, Sceaux, Vaux. Le roi l’appela à Versailles et le nomma directeur des jardins fruitiers de toutes les demeures royales. Il se plaisait à le suivre à travers les vergers et à se faire donner par lui des leçons sur la taille des arbres... Eh oui ! ce roi que l’histoire nous montre hautain et gourmé, s’en allait, la serpette à la main — la serpette, outil inventé par La Quintinie — tailler ses arbres avec son jardinier.

Jean de La Quintinie
Jean de La Quintinie

La Quintinie mit en honneur certains bons fruits inconnus jusqu’alors, inventa la culture en espalier et parvint le premier à obtenir des primeurs. Il fit d’excellents élèves, et, notamment, fut le maître d’Edme Girardot, qui, dans sa propriété de Bagnolet, avait créé, sur les conseils de La Quintinie, la culture des pêches en espalier. Cette culture, transportée plus tard à Montreuil, a valu à cette localité la réputation que l’on sait. Elle valut aussi à Girardot une pension du roi.

Louis XIV ne fut d’ailleurs pas le seul souverain qui ait témoigné pareil intérêt pour l’art du jardinier. Rappelons le nom de Schoene, le jardinier de Louis-Philippe. C’était, au dire d’Alphonse Karr, qui s’y connaissait, un artiste en son genre, et, de plus, « un philosophe pratique, un homme simple et fier, un caractère remarquable ». Lui aussi avait avec le roi son franc parler. Au temps où Louis-Philippe n’était encore que duc d’Orléans, on avait tourmenté Schoene pour qu’il portât la livrée du prince. Il avait refusé. Quand le duc d’Orléans fut porté sur le trône, il dit à Schoene, un jour qu’il se promenait avec lui dans ses jardins de Monceau :

— Shcoene, vous n’avez pas voulu porter la livrée du duc d’Orléans, porterez-vous celle du roi des Français ?

— Pas davantage, sire, répondit Schoene ; je ne suis pas domestique ; je suis jardinier. Vous serez empereur que ce serait la même chose. J’aime mieux m’en aller.

Le roi n’insista pas et défendit qu’on lui fît jamais la moindre plainte contre son jardinier.

À considérer tout ce que cette profession du jardinier comporte d’études, d’observations, de réflexions, de luttes même, parfois, contre l’ingrate nature, on conçoit qu’elle inspire un juste orgueil à ceux qui y excellent. Alphonse Karr, qui l’exerça, et qui créa, on peut bien le dire, l’industrie des fleurs à Nice, disait avec raison que c’était là un art honorable entre tous, et qu’un jardinier savant, un Le Nôtre, un La Quintinie, un de ces maîtres qui créent, qui améliorent, qui enrichissent et embellissent nos jardins, doit être l’égal des artistes et des savants les plus illustres et jouir d’une gloire égale à la leur devant la postérité.




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