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17 juin 1734 : mort du maréchal de Villars

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17 juin 1734 : mort
du maréchal de Villars
Publié / Mis à jour le samedi 16 juin 2012, par LA RÉDACTION
 

Claude Louis Hector, duc de Viilars, maréchal de France, grand d’Espagne, était né à Moulins en Bourbonnais en 1653, d’une famille illustre. Son courage et sa capacité annoncèrent de bonne heure à la France celui qui devait un jour la sauver sur le penchant de sa ruine.

Le duc de Villars
Le duc de Villars

Il attira les regards de Louis XIV au siège de Maëstricht. « II semble, dit ce monarque, que dès que l’on tire en quelque endroit, ce petit garçon sorte de terre pour s’y trouver. » La valeur qu’il montra au combat de Seneffe, en 1674, où il fut blessé, lui valut un régiment de cavalerie. Après s’être trouvé à plusieurs sièges et différents combats, il attaqua, sous les ordres du maréchal de Créqui, l’arrière-garde de l’armée de l’empereur, dans la vallée de Quekembacq, au passage de la Kinche, en 1678. Il fit de si belles choses dans cette campagne, que Créqui lui dit devant tout le monde : « Jeune homme, si Dieu te laisse vivre, tu auras ma place plutôt que personne. » II se trouva la même année au siège et à la prise du fort de Kell, où il justifia cet éloge.

Honoré du titre de maréchal-de-camp en 1690, il se distingua l’année d’après à Leusc, où vingt-huit de nos escadrons triomphèrent de soixante ; et l’année suivante à Phortsen, où le duc de Wurtemberg fut pris et son armée défaite. Après la paix de Ryswick, il alla à Vienne en qualité d’envoyé extraordinaire ; mais il en fut rappelé en 1701. On l’envoya en Italie, où dès son arrivée il se signala par la défaite d’un corps de troupes qui voulait l’enlever.

De là il passa en Allemagne. A peine est-il arrivé, qu’il passe le Rhin à la vue des ennemis, s’empare de Neubourg, et remporte à Fridelinghen, par un mouvement habile, le 14 octobre 1702, une victoire complète sur le prince de Bade. L’année d’après il gagna une bataille à Hochstet, de concert avec l’électeur de Bavière. Cet électeur n’avait pas voulu d’abord combattre. Il voulait conférer avec ses généraux et avec ses ministres. « C’est moi qui suis votre ministre et votre général, lui dit Villars ; vous faut-il d’autre conseil que moi quand il s’agit de donner bataille ? » II la donna en effet, et fut vainqueur.

De retour en France-, il fut envoyé, au mois de mars 1704, commander en Languedoc, où depuis deux ans les fanatiques, appuyés par des puissances étrangères, avaient pris les armes et commettaient des violences extrêmes. Le maréchal de Villars eut le bonheur de réduire ces malheureux, partie par force, partie par la prudence, et sortit de cette province au commencement de 1706, avec la consolation d’y avoir remis le calme. Villars, nécessaire en Allemagne pour résister à Marlborough victorieux, eut le commandement des troupes qui étaient sur la Moselle, où il déconcerta tous les projets des ennemis. Après les avoir obligés de lever le blocus du Fort-Louis, il remporta une victoire en 1707, à Stolhoffen, et y trouva cent-soixante pièces de canon. Il traversa ensuite toutes les gorges des montagnes , et tira de l’Empire plus de dix-huit millions de contributions.

Le Dauphiné fut, en 1708, le théâtre de ses exploits ; l’habile général fit échouer tous les desseins du duc de Savoie : « Il faut, disait un jour ce prince éclairé, que le maréchal de Villars soit sorcier, pour savoir tout ce que je dois faire. Jamais homme ne m’a donné tant de peine, ni plus de chagrin. » Après la campagne, Louis XIV dit à Villars : « Vous m’aviez promis de défendre Lyon et le Dauphiné ; vous êtes homme de parole, et je vous en sais bon gré. » « Sire, répondit le maréchal, j’aurais pu mieux faire, si j’avais été plus fort. »

Rappelé en Flandre, il battait les ennemis à Malplaquet, près de Mons, en 1709, lorsqu’il fut blessé assez dangereusement pour se foire administrer le viatique. On proposa de faire la cérémonie en secret. « Non, dit le maréchal, puisque l’année n’a pas pu voir mourir Villars en brave, il est bon qu’elle le voie mourir en chrétien. » On prétend que, lorsqu’il partit pour rétablir les affaires de France, madame la duchesse de Villars voulut le dissuader de se charger d’un fardeau si dangereux. Le maréchal rejeta ce conseil timide. « Si j’ai, dit-il, la malheur d’être battu, j’aurai cela de commun avec les généraux qui ont commandé en Flandre avant moi ; si je reviens vainqueur, ce sera une gloire que je ne partagerai avec personne. »

Il eut bientôt cette gloire si flatteuse. Il tomba inopinément, le 24 juillet 1712, sur un camp de dix-sept bataillons, retranchés à Denain sur l’Escaut, pour le forcer. La chose était difficile ; mais Villars ne désespéra pas d’en venir à bout. « Messieurs, dit-il à ceux qui étaient autour de lui, les ennemis sont plus forts que nous ; ils sont même retranchés. Mais nous sommes Français : il y va de l’honneur de la nation : il faut aujourd’hui vaincre ou mourir, et je vais moi-même vous en donner l’exemple. » Après avoir ainsi parlé, il se mit à la tête des troupes qui, excitées par son exemple, font des prodiges, et battent les alliés commandés par le prince Eugène. Villars sut vaincre et profiter de sa victoire. Il emporta avec la plus grande célérité, Marchiennes, le fort de Scarpe. Douai, le Quesnoy, Bouchain. Ses succès hâtèrent la paix. Elle fut conclue à Rastadt, le 6 mai 1714, et le maréchal y fut plénipotentiaire.

Le vainqueur de Denain jouit tranquillement du repos que lui méritaient tant de succès jusqu’en 1733, qu’il fut envoyé en Italie, après avoir été déclaré général des camps et armées du roi. Ce titre n’avait point été accordé depuis le maréchal de Turenne, qui paraît en avoir été honoré le premier. Le 11 novembre de cette année, il arriva au camp de Pillightione, et se rendit maître de cette place par capitulation, après douze jours de tranchée ouverte. Un jeune officier d’un rang distingué lui représentant pendant le siège, qu’il s’exposait trop : « Vous auriez raison, si j’étais à votre âge, répondit le maréchal, mais à l’âge où je suis, j’ai si peu de jours à vivre, que je ne dois pas les ménager, ni négliger les occasions qui pourraient me procurer une mort glorieuse. »

L’affaiblissement de ses forces ne lui permit de faire qu’une campagne ; mais cette campagne fraya le chemin de la victoire. Comme il s’en retournait en France, une maladie mortelle l’arrêta à Turin. Son. confesseur l’exhortant à la mort, lui dit que Dieu lui avait fait de plus grandes .grâces qu’au maréchal de Berwick, qui venait d’être tué d’un coup de canon au siège de Philisbourg. « Quoi, répondit le héros mourant, il a fini de cette manière ! Je l’ai toujours dit, qu’il était plus heureux que moi. » II expira peu de temps après, à quatre-vingt-deux ans.

C’est un bruit populaire, qu’il soit né et qu’il soit mort dans la même ville et dans le même appartement. Lorsque le prince Eugène apprit cette mort, il dit : « La France vient de faire une grande perte, qu’elle ne réparera pas de longtemps. » Le maréchal de Villars était un homme plein d’audace et de confiance, et d’un génie fait pour la guerre. Il avait été l’artisan de sa fortune, par son opiniâtreté à faire au delà de son devoir. Il déplut quelquefois à Louis XIV, et ce qui était plus dangereux, à Louvois, parce qu’il leur parlait avec la même hardiesse qu’il servait. On lui reprochait de n’avoir pas une modestie égale à sa valeur. Il parlait de lui-même, comme il méritait que les autres en parlassent. Il dit un jour au roi devant toute la cour, lorsqu’il prenait congé pour aller commander toute l’armée : « Sire, je vais combattre les ennemis de votre majesté, et je vous laisse au milieu des miens ». Il dit aux courtisans du duc d’Orléans, régent du royaume, devenus riches par le bouleversement de l’Etat, appelé Système : « Pour moi, je n’ai jamais rien gagné que sur les ennemis de l’Etat. »

Ses discours, où il mettait le même courage que dans ses actions, rabaissaient trop les autres hommes, déjà assez irrités par son bonheur : aussi, avec de la probité et de l’esprit, il n’eut jamais l’art de se faire valoir, ni celui de se faire des amis. Dès l’entrée au service, il s’était fait remarquer par une bravoure à toute épreuve. On le pressent inutilement, en 1677, de prendre une cuirasse pour une action qui, selon toutes les apparences, devait être vive et meurtrière. « Je ne crois pas, répondit-il tout haut, en présence de son régiment, ma vie plus précieuse que celle de ces braves gens-là. »

 
 
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