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Duel comique à l'épée, entre un avocat et un propriétaire en Haute-Garonne. Art de l'escrime, bretteurs

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Anecdotes insolites
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Duel comique à l’épée au XIXe siècle
entre un propriétaire et un avocat
(D’après « Musée universel », paru en 1878)
Publié / Mis à jour le vendredi 23 septembre 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
Au milieu du XIXe siècle et pour un motif insignifiant, l’avocat maître Cazeneuve se battit en duel avec un honorable et très pacifique propriétaire des environs de Toulouse, tous deux n’ayant jamais manié une épée mais chacun étant persuadé que son adversaire était un expert en la matière...

N’ayant jamais manié une épée, et ne voulant pas être mis à la broche par son adversaire, qu’il croyait de première force à l’escrime, Me Cazeneuve alla demander les conseils d’un prévôt d’armes.

« Etes-vous fort des reins et des bras ? demanda le prévôt.

— Mais vous êtes bien aimable, répondit l’avocat : je me sens assez solide, Dieu merci !

— Très-bien ! Comme je suppose que vous avez du sang-froid, je vous engage à tenir ferme votre épée, la pointe à la hauteur de l’œil de votre adversaire, et à ne jamais attaquer. Évitez tout croisement de fer et attendez que, impatienté de votre immobilité, votre homme se précipite de lui-même sur votre épée.

— Vous croyez qu’il le fera ? demanda l’avocat.

—C’est probable, dit le prévôt. Dans tous, les cas vous ne risquez pas grand’chose dans cette position expectante.

— Mais si mon adversaire, qui est un véritable lion, avance ?

— S’il avance, reculez.

— Fort bien. Mais s’il recule ?

— S’il recule, n’avancez pas. »

L’avocat sortit et alla mettre ordre à ses affaires, en vue d’un dénouement fatal, toujours à craindre en pareil cas. Il n’y avait pas une heure qu’il avait demandé les conseils du prévôt, que ce même prévôt recevait la visite de l’adversaire de l’avocat.

Duel à l'épée
Duel à l’épée

« Mon Dieu, monsieur, lui dit celui-ci, moi qui suis l’homme le plus pacifique, je me bats demain avec un des duellistes les plus redoutables, m’a-t-on dit, du département de la Haute-Garonne, l’avocat Cazeneuve. »

Le prévôt fît un tour sur lui-même pour dissimuler un éclat de rire ; puis, s’arrêtant devant son visiteur ;

« Je vous en fais mon compliment, monsieur ; qu’y a-t-il pour votre service ?

— Je venais, monsieur le prévôt, vous prier de m’indiquer une botte secrète. Je n’ai jamais eu l’occasion de mettre l’épée à la main. Sans vouloir devenir un assassin, il est juste que j’égalise autant que possible les chances d’un combat inégal avec ce buveur de sang.

— Les bottes secrètes, dit le maître d’armes, ne sont pas sans danger quand elles sont mises en pratique par un homme qui, comme vous, ne connaît pas même les premiers éléments du noble art de l’escrime. Je ne vous apprendrai donc aucun coup de ce genre. Mais suivez mon conseil et vous ne vous en trouverez pas mal.

— Je le suivrai, monsieur le prévôt.

— Mettez-vous en garde fièrement, à une certaine distance, de votre adversaire, de manière, à ce que le bout de votre épée soit éloigné de la sienne d’une dizaine de pouces environ, et restez immobile. Il est probable que, impatienté de votre immobilité, il se précipitera lui-même sur votre fer. Surtout, n’attaquez pas.

— Mais s’il avance ?

— S’il avance, reculez.

— Et s’il recule ?

— S’il recule, ne bougez pas. »

Le lendemain le duel eut lieu. Chacun des adversaires avait amené sur le terrain, outre les deux témoins d’usage, un chirurgien de sa connaissance. Suivant à la lettres conseils du prévôt, l’avocat et le propriétaire tombèrent en garde à une distance respectueuse l’un de l’autre, bien résolus à ne plus bouger. Ils se regardaient d’un air de défi, mais pas un ne fit le plus léger mouvement.

Chacun des combattants attendait que, impatienté, son adversaire vînt enfin, comme l’avait annoncé lé prévôt, se précipiter sur son épée. Cinq minutes se passèrent ainsi, et rien dans l’attitude des duellistes n’avait changé. L’avocat et le propriétaire se regardaient toujours du même regard de défi, et leurs épées, toujours tendues à distance, semblaient scellées dans la main des deux combattants pétrifiés.

« Quelle patience ! pensait l’avocat... Il veut me lasser et me forcer d’attaquer ; mais pas si bête ! Je tiendrai jusqu’au dernier moment... C’est lourd néanmoins une épée qu’on porte si longtemps à bras tendu ! Quand donc, viendra-t-il s’y précipiter ? Il tarde beaucoup.

— Comme il se possède ! pensait le propriétaire... Ces bretteurs ont un admirable sang-froid... Il attend que je l’attaque... Il attendra longtemps !... Mais toute chose a une fin, et il est probable que sa patience sera bientôt à bout... Je crains seulement que le rhumatisme dont je souffre au bras ne me force à lâcher l’épée juste au moment où ce furieux viendra s’y jeter, comme me l’a annoncé le prévôt. »

On ne sait de quelle énergie passive l’homme est capable dans de certaines circonstances. Les deux combattants purent tenir, sans autre signe de lassitude qu’une certaine altération dans le visage, pendant treize minutes, leur épée à bras tendu, impassibles comme des stoïciens.

« Messieurs, dit alors un des témoins, moins patient que les combattants ; voilà près d’un quart d’heure que vous ferraillez : l’honneur est satisfait : Abaissez donc vos épées et donnez-vous la main.

— Ah ! dit maître Cazeneuve, que le métier des armes est fatigant ! J’aimerais mieux plaider trois heures que de me battre dix minutes. »

 
 
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