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Coup d'État du 18 fructidor an V et mesures contre les directeurs de théâtres. Ministre de la Police. Menace fermeture établissements - Histoire de France et Patrimoine


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Événements marquants

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


Théâtres (Les) menacés de fermeture après
le coup d’État du 18 fructidor an V
(D’après « Bulletin de la Société des historiens du théâtre », paru en 1935)
Publié / Mis à jour le vendredi 22 février 2013, par LA RÉDACTION

 
 
 
Quelques semaines après le coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), sous le Directoire et visant à endiguer la poussée royaliste au Conseil des Cinq-Cents (Assemblée législative mise en place en septembre 1795) et au Conseil des Anciens (ancêtre du Sénat), le ministre de la Police générale enjoint les directeurs de théâtres « à relever l’esprit public » et les prévient : en cas d’échec « pour inspirer aux Entrepreneurs et Artistes des sentiments républicains : alors usez de votre autorité, faites fermer les salles de spectacle et faites traduire les coupables devant les tribunaux. »

Jean-Marie Sotin de la Coindière, nommé ministre de la Police générale, en messidor an V (juillet 1797), prit une part active au coup d’État du 18 fructidor — qui marqua un renforcement de du pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, et au cours duquel il fut procédé à l’arrestation de journalistes et de députés, ainsi qu’à l’annulation des élections dans 49 départements.

Peu de jours après cet événement il adressa aux autorités locales une circulaire relative aux spectacles. Nous en donnons ici de larges extraits, d’après un exemplaire conservé aux archives communales de Dieppe.

« Paris, le 3 vendémiaire, an 6 [24 septembre 1797].

« Le ministre de la Police générale aux administrations centrales des départements, aux bureaux centraux et administrations municipales des cantons de la République.

« La République a triomphé le 18 fructidor (...) mais ses ennemis vaincus ne sont que dispersés (...) un de leurs plus puissants instruments, celui qui, après la plume empoisonnée des libellistes, a le plus servi leurs desseins pour la dépravation de l’esprit républicain, c’est le théâtre. Ils en avaient usurpé la direction. Il est temps qu’elle rentre dans les mains des magistrats du peuple.

Arrestation des députés royalistes lors du coup d'État du 18 fructidor an V
Arrestation des députés royalistes lors du coup d’État du 18 fructidor an V

« (...) que le théâtre s’épure (...) que toutes les lois qui règlent la surveillance et l’autorité des administrateurs sur les spectacles soient remises en vigueur, c’est le vœu de l’article 356 de l’acte constitutionnel et le salut public l’exige.

« Ces lois, vous les trouverez rappelées dans l’arrêté du Directoire exécutif du 25 pluviôse de l’an 4 [14 février 1796], inséré au Bulletin des lois. Si son exécution n’eût pas été négligée, si des magistrats prévaricateurs, complices des conjurés royaux, au lieu d’encourager par l’impunité et souvent même par leurs applaudissements les désordres de la scène, eussent rempli leurs devoirs, les airs chéris de la victoire n’auraient pas été proscrits des théâtres on n’aurait point abandonné les pièces dramatiques qui retraçaient les glorieux événements de la Révolution et les vertus des défenseurs de la liberté pour faire reparaître les pièces les plus propres à rappeler la honteuse superstition de la royauté et à consacrer les préjugés les plus méprisables, ceux mêmes qui, avant la Révolution, étaient l’objet du dédain de tous les hommes éclairés, et qu’un de nos plus grands poètes avait frappés il y a plus d’un siècle d’un ridicule et d’un odieux ineffaçables.

« On n’aurait point vu les artistes eux-mêmes payer les bienfaits de la Révolution de la plus scandaleuse ingratitude, oubliant qu’elle les avait affranchis d’un préjugé ignominieux, que l’égalité leur avait donné le rang et les droits du citoyen. Croire s’honorer en en dédaignant le titre et lui substituant cette dénomination banale qu’on leur refusait même publiquement, dans ce temps que plusieurs semblent regretter, où, jouets des volontés du prince et des caprices du public, assimilés en quelque sorte aux animaux destinés au spectacle, frappés d’une excommunication politique et religieuse, ils ne jouissaient ni du droit commun ni de la sépulture commune.

« Le terme de tant d’audace et de tant d’extravagance est arrivé. La scène ne doit plus retentir que des oracles de la morale, des maximes sacrées de la philosophie et des grands exemples de vertu.

« (...) Telles sont les intentions du Directoire : mon devoir est de vous les faire connaître et le vôtre est de les remplir exactement. Je vous recommande donc l’examen le plus sévère du répertoire des théâtres de votre arrondissement et de défendre la représentation des pièces propres à troubler la tranquillité publique, à dépraver l’esprit républicain et à réveiller l’amour de la royauté.

« J’aime à croire que les Directeurs de ces établissements, empressés de faire oublier qu’ils ont trop longtemps sacrifié le patriotisme à un vil calcul d’intérêt, supputé sur l’éloignement des royalistes, supprimeront dans les chefs-d’œuvre dont la Nation s’honore les passages qui pourraient prêter à des allusions inciviques qu’ils accueilleront avec empressement les productions dignes de la liberté qui leur seront présentées que les acteurs rivaliseront de zèle, en employant leurs talents à relever l’esprit public attaqué dans sa source et dans une institution qui devrait lui servir d’aliment, qu’ils sauront justifier ainsi la clémence dont le Gouvernement use envers eux et acquérir des titres à la reconnaissance publique.

« S’il en était autrement, si vos efforts étaient vains pour inspirer aux Entrepreneurs et Artistes des sentiments républicains : alors usez de votre autorité, faites fermer les salles de spectacle et faites traduire les coupables devant les tribunaux.

« (...) Vous me justifierez de l’exécution de toutes les dispositions de cette lettre et surtout de l’arrêté du Directoire exécutif du 25 pluviôse an 4e vous me ferez connaître quelles sont les pièces qui sont représentées sur les théâtres de votre canton et même sur ceux des sociétés dites d’amateurs qui ne prennent souvent ce titre que pour se soustraire à la surveillance de la police et à la taxe pour les pauvres. »




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