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Paris l'hiver : beauté rues de la capitale durant saison hivernale. Marchands de marrons, ramoneurs - Histoire de France et Patrimoine


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Paris l’hiver et sous la neige au XIXe siècle : féerie des rues animées par
les marchands de marrons et les ramoneurs
(D’après « La Semaine des familles », paru en 1862)
Publié / Mis à jour le samedi 27 décembre 2014, par LA RÉDACTION

 
 
 
Pour voir Paris l’hiver ce n’est ni la matinée ni l’après-midi qu’il faut choisir, à moins qu’il ne se présente une de ces belles et froides journées où la gelée, qui seule s’entend à nettoyer Paris, suspend ses brillants stalactites aux arbres des Tuileries et des Champs-Elysées, et solidifie les trois agréables variétés de boue noire, jaune et rouge que nous devons au macadam. Ainsi s’exprime en 1862 un chroniqueur de la Semaine des familles, nous livrant sa vision poétique d’une capitale que des marchands pittoresques animent en cette saison hivernale.

Quand la neige, durcie par le froid, étend ses tapis blancs sous les pieds des promeneurs, en amortissant le bruit des roues, et qu’un rayon de soleil se joue dans cette ornementation d’albâtre qui remplace sur les arbres les vertes livrées du printemps, Paris offre de splendides points de vue à ceux qui traversent les Tuileries pour remonter vers l’arc de triomphe de l’Etoile, ou qui vont de la Madeleine à la place de la Bastille. Les carrosses passent rapides dans les Champs-Élysées, en emportant vers le lac du bois de Boulogne les promeneurs, quelquefois les patineurs ; les cochers, couverts de fourrures, pressent le pas des chevaux, qui, comme les coursiers des chars des immortels, dans Homère, semblent entourés d’un nuage par la vapeur qui sort de leur corps et par leur chaude haleine.

Paris sous la neige au XIXe siècle
Paris sous la neige au XIXe siècle

Quelquefois un traîneau, conduit par un étranger qui a importé à Paris le véhicule des climats du Nord, glisse aussi vite qu’une flèche, en vous laissant dans l’oreille le bruit de ses grelots. Quelques cavaliers intrépides, bravant la rigueur de la saison, devancent les voitures en mettant leurs chevaux au galop. Les allées et les contre-allées sont remplies de femmes et d’enfants couverts de riches toilettes d’hiver, car Paris est par excellence la ville de la promenade. Dès que la pluie cesse de tomber et quand la grande armée des balayeurs ne menace pas d’ajouter à un déluge d’eau un déluge de boue, tout le monde est dehors.

Paris l’hiver n’est beau que le soir, dans les temps comme ceux qui ont régné pendant tout le mois de décembre et tout le mois de janvier, temps de brumes épaisses et humides, de brouillards sales et jaunes qui rappellent les vers de M. Sainte-Beuve sur les Rayons jaunes, alors que M. Sainte-Beuve portait le pseudonyme de Joseph Delorme et qu’il se suicidait par métaphore, pour se ménager la consolation de suivre ses propres funérailles et d’écrire lui-même sa nécrologie. Rien de plus triste, en effet, que cette grande capitale quand elle est noyée dans une atmosphère brumeuse. Le soleil semble s’être éteint dans un ciel sale et gris, et, quand on chemine dans les rues de Paris par ces sombres journées, coudoyé par des passants que l’on aperçoit à peine, le vers de Virgile vous revient à la mémoire : « Ibant obscuri sola sub nucte per umbram » (Ils s’avançaient sombres, dans la nuit solitaire, au milieu des ténèbres.)

Mais, quand la véritable nuit succède à ce jour opaque et douteux, on peut dire que Paris s’allume. C’est comme une féerie que de voir, des deux côtés d’une des grandes artères de Paris, de la rue de Rivoli, ou, mieux encore, des anciens boulevards, qui surpassent en splendeur les nouveaux, les becs de gaz s’enflammer, les boutiques s’illuminer, les théâtres, les établissements publics, les restaurants et les cafés resplendir comme des palais enchantés sous la pluie de lumière que versent leurs lustres et leurs girandoles.

Paris tout entier semble en feu. La Seine, voilée d’une brume dans laquelle les illuminations des deux rives projettent un reflet rougeâtre, prend des proportions fantastiques. Le monde des plaisirs et des fêtes se met en mouvement. Les rues se remplissent, les dîners commencent chez les restaurateurs ; tout à l’heure les théâtres ouvriront leurs portes ; puis viendront les bals qui prolongeront jusqu’au matin les enchantements de la soirée ; les voitures, avec leurs lanternes semblables à deux yeux enflammés, circulent et se croisent, en ajoutant à la splendeur du soir, et l’on dirait des feux follets jumeaux qui courent, se dépassent, se défient et se quittent. L’hiver. Paris vit la nuit.

Comme le printemps, l’été et l’automne, l’hiver chasse de Paris certaines industries, et en amène de nouvelles. La marchande d’oranges, avec son éventaire chargé de fruits odorants qui arrivent tous du Portugal, comme toute grappe de raisin arrive de Fontainebleau, remplace la marchande de violettes. Ce sont des oranges aussi ou des pommes que traînent dans leurs charrettes les marchands qui, pendant l’automne, vendaient le beau chasselas de Fontainebleau. Le marchand de coco vend du thym, du laurier et de l’ail, des paquets d’allumettes chimiques ou des mottes à brûler, commerce inconnu dans les beaux quartiers, et qui continue à fleurir dans les quartiers populaires.

Mais deux professions caractérisent surtout la physionomie de Paris l’hiver, c’est celle du ramoneur et celle du marchand de marrons. Il arrive à Paris, le joyeux enfant de la Savoie ou de l’Auvergne, peu de jours après celui où l’hirondelle l’a quitté. Son cri éclatant, comme le clairon, retentit le malin de bonne heure ; il réveille le Parisien paresseusement endormi et lui fait mieux goûter les charmes d’un lit bien chaud par le contraste que révèle entre l’atmosphère extérieure et l’atmosphère intérieure cette voix enrouée.

Recevez-le bien, ce pauvre enfant aux grands jeux noirs et aux dents blanches. Souvenez-vous, quand il sera employé chez vous, des vers dans lesquels Guirand l’a chanté ; tout petit qu’il est, il travaille pour sa mère et pour des frères plus petits que lui, et, si vous grossissez d’une petite pièce blanche l’épargne qu’il doit rapporter au pays, il vous chantera, en arrivant au plus haut de la cheminée, sa plus belle chanson : Ramonez ci, ramonez là. Le prix du ramonage n’en est plus au taux fixé par l’arrêt du conseil du 19 mai 1781, qui attribuait aux ramoneurs, pour les cheminées du rez-de-chaussée, huit sols ; pour celles du premier, six sols ; pour celles du second et du troisième, cinq sols ; pour celles du quatrième et au-dessus, quatre sols.

Le marchand de marrons
Le marchand de marrons

De toutes les industries, celle du marchand de marrons est peut-être celle qui ajoute le trait le plus original à l’aspect de Paris pendant l’hiver. Avec son énorme poêle percée comme une écumoire, et sous laquelle brille un feu de charbon de bois, vif et clair, qu’il attise sans cesse, il n’est pas sans ressemblance avec le bonhomme Hiver, qu’il personnifie d’une manière très agréable pour les Parisiens. Le marchand de marrons vient ordinairement d’Auvergne. Pendant la belle saison, il a disparu, et il est retourné dans son pays pour cultiver le morceau de terre qu’il a acheté avec les gains de son commerce, et qui s’agrandit tous les ans d’un nouvel annexe.

Dans notre époque, où le goût du bien-être devient une passion, et où les loyers suivent un progrès continu comme le luxe, le marchand de marrons a conservé sa simplicité primitive ; il n’imite pas la marchande d’oranges faisant invariablement venir ses fruits du Portugal, et le marchand de raisins baptisant sa marchandise du nom de chasselas de Fontainebleau ; il vend ses marrons comme de simples marrons sans leur imprimer la marque de Lyon. Personne n’est moins difficile pour le local. Un coin à la porte d’un cabaret, l’entrée d’une cave donnant sur la rue, la moitié d’une porte qu’il partage avec une marchande de journaux, une véritable niche qu’un chien de bonne maison dédaignerait, lui suffisent pour faire son commerce. Il est toujours gai, toujours riant, avec ses grandes dents blanches qui rappellent celles du ramoneur, toujours empressé à servir la pratique.

Qu’elle prenne un cent de marrons de premier choix, que, plus modeste, sa demande descende à la plus petite mesure de marions communs, le brave marchand y met la même politesse, le même savoir faire et la même loyauté. Si vous paraissez avoir envie de goûter sa marchandise avant de l’acheter, il vous épluche lui-même un marron et vous le met cordialement dans la main sans vous faire payer l’échantillon. Sa poêle est une cheminée banale à laquelle se chauffent les écoliers qui passent, le petit ramoneur, le cocher de fiacre de la place voisine, et j’ai vu plus d’une fois ce brave homme mettre une poignée de marrons brûlants entre les mains d’un Gavroche gelé et affamé qui s’était approché de son fourneau. Dieu le lui rende ! s’exclame le chroniqueur en guise de conclusion.


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