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La « guerre préventive » érigée en artificieux paradigme. Éditorial du 21 mars 2003 paru dans le N° 6 de La France pittoresque (avril/mai/juin 2003)

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Éditorial
Éditorial de Valéry Vigan, directeur de La France pittoresque, site Internet consacré aux richesses de France depuis 1999
La « guerre préventive »
érigée en artificieux paradigme
(Éditorial du 21 mars 2003 paru dans le N° 6 de
La France pittoresque - avril/mai/juin 2003)
Publié / Mis à jour le dimanche 4 décembre 2011, par LA RÉDACTION
 

Comment asservir un Irak dont les instances internationales ont pénalisé, par l’application d’un embargo inique, une population jusqu’à la rendre exsangue, et légalement orchestré l’anéantissement de tout moyen de défense à la hauteur d’une agression massive ? Invoquant l’indispensable lutte contre le terrorisme sous forme de guerres préventives lancées par les « forces du Bien », érigée en paradigme depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’occupant temporaire de la Maison Blanche a jugé opportun de recourir à l’ultima ratio regum, comme la désignait Richelieu, souhaitant donner au monde l’image idyllique d’un dirigeant soucieux de la sécurité de son peuple.


N° 6 de La France pittoresque
(avril/mai/juin 2003)

A la tête d’un pays économiquement affaibli dont le modèle démocratique fragilisé, révélant ses limites à grand renfort de censure médiatique et d’un puritanisme instrumentalisé, ne force plus la béate admiration de la planète, l’homme fort du Nouveau Monde a-t-il précipité le déclin de sa nation, bercé par l’orgueil d’une garde rapprochée maîtrisant tous les arcanes du pouvoir, aveuglée par les vaines illusions de la gloire et constituée de nervis ayant pris soin d’affûter leurs lames dans le Golfe Persique voici douze ans puis, sitôt le XXIe siècle entamé, en Afghanistan ? Ainsi, aux frappes prétendument chirurgicales de 1991, puis à la grotesque chasse à l’homme au cœur des montagnes afghanes censée dans le même temps libérer la population d’une dictature auparavant soutenue par l’oncle Sam, succède aujourd’hui en Irak une campagne belliqueuse planifiée de longue date, rencontrant enfin l’opprobre de l’opinion publique mondiale et dont l’outrancière indécence n’a d’égale que l’extrême imprudence.

Forgée sur un massacre humanitaire, la mainmise anglo-américaine sur l’ancienne Mésopotamie, fort à craindre en cas de victoire et digne héritière de celle qui fut naguère abhorrée, serait une bien funeste issue, exacerbant durablement une hostilité délétère entre l’Orient et l’Occident, et ne tirant aucune leçon d’un passé montrant qu’affranchi dans les années 60 du joug occidental spoliateur, le laïc Irak avait su mettre à profit ses richesses naturelles et s’animer d’une volonté modernisatrice le rapprochant en douceur du modèle occidental. Triste perspective dans un Proche et Moyen Orient où la France, dont l’influence était autrefois rayonnante, s’est fait damer le pion par une administration américaine s’engouffrant dans la brèche ouverte lors de l’effondrement soviétique, et semant les germes de la discorde.

L’Europe, dont la toute puissante oligarchie n’est pas parvenue à étouffer les divergences pour favoriser l’émergence d’une action commune et d’une cohésion sans faille avant le conflit, parviendra-t-elle à s’imposer ? Les dissensions observées, impliquant notamment de futurs candidats à l’entrée dans l’Union, ne sonnent-elles pas comme un coup de semonce à l’élargissement que l’on nous promet salvateur ? Hélas ! Les dispositions annoncées d’une Convention européenne encore en gestation, rappellent étrangement la proclamation de l’édit de Caracalla au début du IIIe siècle, qui accordait la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire et instituait la monnaie unique. La chute de l’Empire romain survint en 476. Gommer les différences déchirant les pays fondateurs ne sera pas chose aisée, exigeant moult concessions, tel le providentiel déni de souveraineté permettant le survol de notre territoire par des bombardiers accomplissant une besogne pourtant fermement condamnée au nom du droit international et d’une certaine morale...

En ces temps troublés, puisse la lecture de La France pittoresque, guerroyant sans état d’âme contre l’érudition austère, vous plonger agréablement en plein cœur d’un truculent passé.

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque
 

 
 
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