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Coutumes et traditions : histoire et origine de la loterie - Histoire de France et Patrimoine

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Coutumes, Traditions
Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres
Loterie : origine et organisation
(d’après un article paru en 1834)
décembre 2001, par LA RÉDACTION
 

Lot était un mot gaulois qui signifiait une pièce de monnaie, et quelquefois exprimait une fraction de poids. Dans le XVIe siècle, on se servait, pour désigner une loterie, du nom de blanque (du mot italien blanca, blanche), parce que, dans l’origine des loteries, les billets perdants, plus nombreux que les autres, étaient blancs ; les billets gagnants étaient noirs. Le premier édit qui autorisa la loterie en France est de 1539, sous François Ier. Au mois de mai de cette année, le roi octroya à un sieur Jean Laurent la permission d’établir à Paris autant de loteries qu’il jugerait à propos, à charge de payer la somme de 2000 livres tournois.

Soixante ans plus tard, la loterie n’était plus simplement un jeu pour les particuliers ; elle était exploitée par les gouvernements. Devenue le base d’un système de finances en Angleterre et à Venise, elle servait à soudoyer les troupes en temps de guerre ; dans d’autres états, elle fournissait les fonds nécessaires aux grandes entreprises publiques. En France, le Pont-Royal fut bâti, sous Louis XIV, au moyen d’une souscription qu’on peut considérer comme une véritable loterie. Le projet fut présenté par un Italien nommé Tonti, qui en avait imaginé les combinaisons, lesquelles, ainsi que l’indique le nom de l’inventeur, étaient une tontine alimentée par le produit d’un droit de péage établi sur le nouveau pont, au profit exclusif des actionnaires gagnants, et qui devait continuer d’être perçu jusqu’à la mort du dernier d’entre eux. Cinquante mille billets, au prix de 48 livres tournois chaque, furent distribués. Un grand nombre de personnes de la cour, de la noblesse et de la bourgeoisie y prirent part. Elle fut tirée publiquement, en présence du prevôt des marchands, du lieutenant-civil, et d’une députation des marguilliers de chaque paroisse.

L’argent qui fut dépensé pour bâtir les églises de Saint-Louis, de Saint-Roch et de Saint-Nicolas provenait d’une semblable source. Nous devons encore à des souscriptions de ce genre l’élévation de la coupole du Panthéon, par l’architecte Soufflot, l’Ecole Militaire, le Champ-de-Mars, et l’achèvement de la belle église de Saint-Sulpice, par Servandoni.

En 1793, Chaumette, procureur général de la commune de Paris, proposa à la Convention l’abolition de la loterie nationale ; cette abolition fut décrétée. La loterie a été rétablie le 30 septembre 1799. D’abord il n’y eut qu’une seule roue à Paris. Peu de temps après, on en établit quatre autres, à Lyon, Bordeaux, Lille et Strasbourg, où elle existent encore actuellement. Plus tard, Napoléon augmenta le nombre des bureaux dans les départements, et créa cinq roues nouvelles dans les provinces conquises, à Hambourg, à Amsterdam, à Turin, à Florence et à Rome. Le produit de cette branche de revenus, qui n’était que de sept millions sous le Directoire, s’éleva sous l’Empire jusqu’à dix-neuf.

Dans les premières années de la Restauration, la France fut inondée par un flot de loteries étrangères, qui débordèrent sur elle de toutes parts, surtout de l’Allemagne : le lot principal de l’une d’elles ne valait pas moins de 200 000 florins ; une autre offrait aux amateurs la propriété du grand théâtre de Vienne, plus une magnifique collection de diamants, et quelques milliers de florins.

Il semblait que l’histoire des loteries ne pût aller au-delà ; mais ces folies devaient être surpassées par une autre plus incroyable encore ; cette fois, les prospectus importés en France par millions, saisis à la douane par quintaux, annonçaient la possession d’une ville tout entière, avec vingt-neuf villages, un palais immense décoré comme pour un roi, trente mille arpens de bois, deux manufactures, et quatre mille arpens de terres labourables ; le tout pour la somme de vingt francs !

Lors de la réorganisation de la loterie en France, on établit à Paris cent cinquante bureaux, qui y existent encore. Dans les départements, il n’y en eut d’abord que quatre cents ; puis, neuf cents en 1810 ; puis, en 1815, six cents : depuis cette époque, le chiffre en a encore été réduit à cinq cent vingt-huit. Le capital des cautionnements versés par les différents receveurs dans les caisses du trésor royal s’élève à quatre millions.

Le goût de la loterie est principalement répandu parmi le peuple des grandes villes : quoique le nombre des bureaux de Paris ne s’élève pas même au tiers de ceux de la province, le montant des recettes prélevées sur les joueurs de la capitale surpasse celui des départements. Il est incontestable que la soif des plaisirs, le goût de la dépense et l’ambition de faire fortune, passions plus développées généralement dans le cœur de l’ouvrier parisien que dans celui des ouvriers de la province, sont les causes principales de cette différence. Il faut ajouter la facilité que Paris offre aux joueurs qui craignent d’être connus : on sait qu’il existe dans plusieurs bureaux des entrées secrètes pour les personnes timorées.

Le tirage se fait publiquement, trois fois par mois, à Lille, les 1er, 11 et 21 ; à Bordeaux, les 2, 12 et 22 ; à Strasbourg, les 7, 17, 27, et à Lyon, les 9, 19 et 29. Il a lieu à Paris les 5, 15 et 25, à neuf heures du matin, dans les bureaux de l’administration, au ministère des finances. Ce sont des enfants qui sont chargés d’extraire les billets gagnants.

 
 
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