Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 17 janvier DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Coutumes et traditions : droit d'arsin en Flandre - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Arsin (Droit d') dans les communes (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Arsin (Droit d’)
dans les communes de Flandre
novembre 1999, par LA RÉDACTION

 

Le mot arsin, effacé aujourd’hui de notre langue, comme le verbe ardre, ardoir dont il dérive, avait au quatorzième siècle le sens d’incendie volontairement allumé, de destruction par le feu. C’était, dans la langue judiciaire des communes flamandes, le nom d’un de ces actes légaux par lesquels la commune intervenait à main armée pour la défense de ses droits, et dont le récit est empreint dans les chroniques contemporaines d’un caractère de vie que rien ne rappelle plus dans les moeurs modernes.

Le bourgeois, outragé ou maltraité par un noble dans la châtellenie de Lille, avait le droit d’assigner le coupable, contrairement aux privilèges féodaux, devant les officiers de la ville, que l’on désignait à Lille sous le nom de magistrats de la loi. L’outragé était naturellement admis à prouver son droit lors même que son adversaire faisait défaut, et s’il établissait que l’injure n’avait été ni provoquée ni punie, les magistrats faisaient publier par la ville que chacun se tînt prêt à suivre en armes, à cheval ou à pied, suivant son état, le corps de ville et les officiers. Les bannières des échevins étaient en même temps mises dehors aux fenêtres de la halle, et restaient arborées pendant plusieurs jours. Ces délais expirés, si l’assigné ne comparaissait point, la sentence d’arsin était publiée au son de l’écalette et de la bancloque (la crecelle et la cloche du beffroi communal), et les bourgeois sortaient des murs en bon ordre, précédés des magistrats et des bannières de la ville.

Le château ou le manoir du coupable était situé quelquefois à plusieurs lieues de la ville et cette multitude armée avait à traverser des champs cultivés, des vergers et des jardins en plein rapport. Il était rare cependant que des dévastations fussent commises, et que l’on enfreignit dans le trajet les recommandations des magistrats qui enjoignaient de marcher paisiblement « sans dégast ou dommage d’autruy ».

Arrivé à la porte du manoir, le bailli répétait une dernière fois la citation légale, et promettait au coupable, s’il se présentait, de le recevoir à amende et à merci. Ce n’était qu’après avoir inutilement observé toutes ces formalités conciliatrices que l’on commençait l’oeuvre de la force. Le bailli approchait le premier tison de la porte, et frappait le premier coup de hache sur les arbres du verger. C’était le signal des vengeances populaires et du déchaînement de la foule, qui pénétrait, les tisons à la main, dans la maison proscrite, et bouleversait le verger à la lueur des bâtiments en flammes. Les termes de la sentence, exécutés d’ordinaire à la rigueur de la lettre, ordonnaient de tout ardoir (brûler) dans la maison, et de tout sarter (labourer) dans le pourpris (l’enclos) (Le Châtelain de Lille, manusc., p. 141) ; mais elle défendait en même temps de rien emporter du lieu dévasté, pas même la terre ou les cendres, et la foule rentrait dans la ville les mains vides et triomphante, non pas à cause du mal causé, mais par suite de ce sentiment de satisfaction qu’inspire tout acte de justice, et de l’orgueil involontaire que l’on éprouve à se la rendre à soi-même.

Ce serait sans raison que l’on comparerait à ces actes de justice populaire les violences sans règle et quelquefois sans motif de la populace, que les Américains désignent sous le nom de self-justice. Dans un pays civilisé, et dans une société régulière, la loi, qui est assez éclairée pour prévoir presque tous les délits, doit être en même temps assez forte pour pouvoir atteindre tous les coupables. Mais quelle puissance, au quatorzième siècle, serait intervenue dans ces querelles des bourgeois et des seigneurs, aussi dédaigneux souvent des officiers royaux qu’ils l’étaient de ceux des villes, et que serait devenue la justice, si les communes n’avaient su se la rendre à leurs risques et périls ?




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Révolution dite française : fille des Illuminés de Bavière et de la franc-maçonnerie ?
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Il ne faut pas réveiller le chat qui dort
 
 Laver la tête à quelqu'un
 
MANIFESTATIONS
 Les Nadar, une légende photographique
 
 Inventions (Les) de Léonard de Vinci reconstituées d'après ses notes
 
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Cartes de voeux : reflets des moeurs de leur époque
 
 Tradition du jour des Rois et galette de l'Épiphanie
 
 Etrennes (Le temps des) et tentative de suppression par l'Assemblée nationale constituante en 1789
 
 Commencement de l'année au Moyen Age
 
 
Et puis aussi...
 
 Recensement de la population : une pratique ancienne qui s'accompagnait de « rituels »
 
 Vie des comédiens ambulants de jadis
 
 Coulisses (Dans les) du Palais-Bourbon : séances de la Chambre des députés au début du XXe siècle
 
 Coutumes matrimoniales du Moyen Age
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 298 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 
 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services