Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 20 août DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Coutumes et traditions : droit d'arsin en Flandre - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Arsin (Droit d') dans les communes (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Arsin (Droit d’)
dans les communes de Flandre
novembre 1999, par LA RÉDACTION

 

Le mot arsin, effacé aujourd’hui de notre langue, comme le verbe ardre, ardoir dont il dérive, avait au quatorzième siècle le sens d’incendie volontairement allumé, de destruction par le feu. C’était, dans la langue judiciaire des communes flamandes, le nom d’un de ces actes légaux par lesquels la commune intervenait à main armée pour la défense de ses droits, et dont le récit est empreint dans les chroniques contemporaines d’un caractère de vie que rien ne rappelle plus dans les moeurs modernes.

Le bourgeois, outragé ou maltraité par un noble dans la châtellenie de Lille, avait le droit d’assigner le coupable, contrairement aux privilèges féodaux, devant les officiers de la ville, que l’on désignait à Lille sous le nom de magistrats de la loi. L’outragé était naturellement admis à prouver son droit lors même que son adversaire faisait défaut, et s’il établissait que l’injure n’avait été ni provoquée ni punie, les magistrats faisaient publier par la ville que chacun se tînt prêt à suivre en armes, à cheval ou à pied, suivant son état, le corps de ville et les officiers. Les bannières des échevins étaient en même temps mises dehors aux fenêtres de la halle, et restaient arborées pendant plusieurs jours. Ces délais expirés, si l’assigné ne comparaissait point, la sentence d’arsin était publiée au son de l’écalette et de la bancloque (la crecelle et la cloche du beffroi communal), et les bourgeois sortaient des murs en bon ordre, précédés des magistrats et des bannières de la ville.

Le château ou le manoir du coupable était situé quelquefois à plusieurs lieues de la ville et cette multitude armée avait à traverser des champs cultivés, des vergers et des jardins en plein rapport. Il était rare cependant que des dévastations fussent commises, et que l’on enfreignit dans le trajet les recommandations des magistrats qui enjoignaient de marcher paisiblement « sans dégast ou dommage d’autruy ».

Arrivé à la porte du manoir, le bailli répétait une dernière fois la citation légale, et promettait au coupable, s’il se présentait, de le recevoir à amende et à merci. Ce n’était qu’après avoir inutilement observé toutes ces formalités conciliatrices que l’on commençait l’oeuvre de la force. Le bailli approchait le premier tison de la porte, et frappait le premier coup de hache sur les arbres du verger. C’était le signal des vengeances populaires et du déchaînement de la foule, qui pénétrait, les tisons à la main, dans la maison proscrite, et bouleversait le verger à la lueur des bâtiments en flammes. Les termes de la sentence, exécutés d’ordinaire à la rigueur de la lettre, ordonnaient de tout ardoir (brûler) dans la maison, et de tout sarter (labourer) dans le pourpris (l’enclos) (Le Châtelain de Lille, manusc., p. 141) ; mais elle défendait en même temps de rien emporter du lieu dévasté, pas même la terre ou les cendres, et la foule rentrait dans la ville les mains vides et triomphante, non pas à cause du mal causé, mais par suite de ce sentiment de satisfaction qu’inspire tout acte de justice, et de l’orgueil involontaire que l’on éprouve à se la rendre à soi-même.

Ce serait sans raison que l’on comparerait à ces actes de justice populaire les violences sans règle et quelquefois sans motif de la populace, que les Américains désignent sous le nom de self-justice. Dans un pays civilisé, et dans une société régulière, la loi, qui est assez éclairée pour prévoir presque tous les délits, doit être en même temps assez forte pour pouvoir atteindre tous les coupables. Mais quelle puissance, au quatorzième siècle, serait intervenue dans ces querelles des bourgeois et des seigneurs, aussi dédaigneux souvent des officiers royaux qu’ils l’étaient de ceux des villes, et que serait devenue la justice, si les communes n’avaient su se la rendre à leurs risques et périls ?

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
BON À SAVOIR
 Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée
 
 Prendre la mouche
 
MANIFESTATIONS
 Huit chefs-d’œuvre du Louvre transformés en parfums
 
 Dentelles (Les) de la cour d'Henri IV renaissent au Puy-en-Velay
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Fête de l'Assomption
 
 Caricature en France : ses débuts au Moyen Âge
 
 Prospectus publicitaire : de l'interdiction à l'âge d'or de la publicité
 
 Applaudissements lors des concerts de musique classique
 
 
Et puis aussi...
 
 Fêtes, processions et réjouissances pittoresques d'autrefois dans les provinces de France
 
 Feux de la Saint-Jean : rituel chargé de croyances et de symboles
 
 XIVe siècle (Habitudes vestimentaires et ameublement au)
 
 Présentation des roses (Cérémonie de) au parlement de Paris
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 303 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services