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Histoire de France par Jacques Bainville. Pendant 340 ans, l'honorable maison capétienne règne de père en fils. Partie 2 : Saint-Louis - Histoire de France et Patrimoine


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Histoire de France

L’Histoire de France par Jacques Bainville : 2000 ans d’Histoire de notre pays, des Gaulois jusqu’au début du XXe siècle. Événements, contexte historique.


Pendant 340 ans, l’honorable maison
capétienne règne de père en fils
(Chapitre 5 - Partie 2/3)
(par Jacques Bainville)
Publié / Mis à jour le dimanche 10 juillet 2011, par LA RÉDACTION

 
 
 
En 1236, Louis IX est majeur. Il vient d’épouser Marguerite de Provence. Mariage politique qui prépare la réunion d’une autre province. Mais les époux ont d’étranges affinités. Leurs sentiments sont les mêmes. Le saint roi a près de lui une véritable sainte. Quel est ce règne étonnant qui s’ouvre ? Oh ! si le phénomène est d’une incomparable beauté, s’il est unique dans l’histoire, il n’échappe pourtant pas à une sorte de règle.

Le règne de saint Louis succède à ce qu’on pourrait appeler, en forçant un peu les mots, le rationalisme du temps de Philippe Auguste. C’est une réaction. La royauté capétienne a déjà vu Robert le Pieux succéder à Hugues. Saint Louis représente un retour à l’idée du prêtre-roi. Il est en harmonie avec son temps, celui de saint Thomas d’Aquin, marqué par un renouveau de foi chrétienne. Toutes proportions gardées, c’est ainsi qu’après les encyclopédistes, le début du dix-neuvième siècle verra le Génie du christianisme et une renaissance religieuse.

Mais la monarchie a grandi, Louis IX, ce n’est plus le pieux Robert qui s’enfermait dans son oratoire. La monarchie a des devoirs, des traditions, une vitesse acquise. Saint Louis continuera ses prédécesseurs. Seulement il les continuera en développant un élément que, jusqu’à lui, la dynastie capétienne n’avait qu’à peine dégagé. Les qualités de sa race, il les poussera jusqu’à la vertu, jusqu’à la sainteté. La royauté française était un peu terre à terre. Par lui, elle prendra un caractère de grandeur spirituelle dont elle gardera toujours le reflet. On a remarqué que la plupart des autres maisons royales ou impériales d’Europe avaient pour emblèmes des aigles, des lions, des léopards, toutes sortes d’animaux carnassiers. La maison de France avait choisi trois modestes fleurs. Saint Louis a été la pureté des lis.

La ferveur religieuse qui l’entraîna à des croisades était assez nouvelle chez les Capétiens. Elle n’excluait chez lui ni la hardiesse, ni la finesse, ni le sens de la politique. Saint Louis savait frapper fort et frapper juste. À la bataille de Taillebourg, en 1242, il avait brisé le dernier retour offensif des Plantagenets. On a admiré que, parti pour délivrer Jérusalem, il fût allé, comme Bonaparte, droit en Égypte, clef de la Palestine et de la Syrie.

Cette expédition tourna mal. C’était la fin des croisades et le royaume chrétien de Jérusalem ne pouvait plus être sauvé. Saint Louis fut fait prisonnier par les Mameluks après des combats chevaleresques et ne recouvra sa liberté qu’en payant rançon. Sa mère, vieillie, le rappelait en France, inquiète de l’anarchie des Pastoureaux : c’était encore un de ces mouvements révolutionnaires compliqués de mysticisme qui revenaient périodiquement. La bourgeoisie des villes se chargea de l’écraser. Tout était rentré dans l’ordre au retour de Louis IX.

Son vœu, sa croisade, son échec avaient encore épuré son âme. Il fut alors lui-même et mit la justice et la moralité à la base de son gouvernement. On ne l’a pas toujours compris. De son temps, même, il ne manquait pas de gens pour le trouver un peu exalté. Lorsqu’il décida, lui, le vainqueur de Taillebourg, de rendre au roi d’Angleterre de magnifiques provinces françaises du Sud-Ouest, ce fut de l’indignation. La postérité s’en est étonnée elle-même, car le propre de l’histoire est d’être presque toujours mécontente et de reprocher aux uns leur avidité, aux autres leur désintéressement. Louis IX a expliqué lui-même cette restitution par des raisons naturelles. Il voulait, entre lui et son cousin d’Angleterre, mettre fin à l’état de guerre, amener un apaisement véritable. En somme, Louis IX transigeait avec Henri III. S’il lui rendait des provinces, Henri III renonçait à revendiquer celles qu’il avait perdues, notamment la Normandie, ce qui était important puisque les Plantagenets avaient refusé jusque-là de regarder comme définitives les annexions de Philippe Auguste. En outre Henri III reconnaissait la suzeraineté du roi de France sur la Guyenne et les territoires rétrocédés. C’était donc un marché, c’était l’arrangement qui vaut mieux qu’un procès : la pensée de saint Louis était politique et non pas mystique. Il portait seulement plus haut que les autres Capétiens la tendance de sa maison qui était de mettre le bon droit de son côté. Certes, il s’est trompé s’il a cru qu’il assurait pour toujours la paix avec l’Angleterre. Rien ne permet de lui attribuer cette pensée. Ce n’était qu’un règlement provisoire, une trêve. En prenant soin d’exiger d’Henri III l’hommage de vassalité, saint Louis marquait assez qu’il réservait l’avenir. Tant mieux si la France pouvait un jour se libérer pacifiquement des Anglais. Mais il ne renonçait à rien.

À l’intérieur également le règne de saint Louis fut celui de la justice. Ce ne fut pas celui de la faiblesse : il eut la justice des justiciers et savait fort bien faire pendre, même les barons. Il y a aussi une sainteté de l’ordre et des lois. Louis IX continua l’œuvre des légistes, - il en avait pour amis, - en l’adoucissant de christianisme et d’humanité. « Bataille n’est pas voie de droit », disait-il pour refuser les « jugements de Dieu ». C’est comme juge royal, sous le chêne de Vincennes, que son souvenir est resté populaire. Il ne se contentait pas de prêcher d’exemple. Il organisait les tribunaux, la procédure. Il mettait le « Parlement » au-dessus des autres juridictions. C’est sous son règne que cette cour d’appel et de justice reçoit ses attributions principales. Et le Parlement jouera un grand rôle dans notre histoire. En unifiant le droit, il unira la nation. Il renforcera l’État en éliminant peu à peu les justices féodales, jusqu’au jour où le Parlement lui-même, devenu pouvoir politique, sera un danger pour la monarchie.

Réformateur judiciaire, saint Louis fut aussi un réformateur de la société. Il pousse à la libération des serfs, il étend le droit de bourgeoisie. Surtout il organise les corporations. L’existence et les droits de l’ouvrier reçoivent protection dans un « ordre social chrétien », inscrit au célèbre Livre des Métiers. Si la figure de saint Louis est devenue si vite idéale, si elle est restée légendaire, ce n’est pas seulement parce que ce roi était bon, juste et charitable. C’est parce que, sous son règne, par « la bonne droiture », comme disait Joinville, la France était devenue plus prospère, la vie plus douce, plus sûre, plus humaine. Il léguera à la monarchie capétienne et à la France une renommée qui ne s’effacera plus.

Ce pieux roi, il ne faudrait pas le prendre pour un roi clérical. Pas plus que celle de Philippe Auguste, sa monarchie n’est une théocratie. Le roi n’est pas l’esclave du clergé, dont la noblesse n’est pas davantage l’associée. C’eût été trop simple ! À chaque instant, les intérêts diffèrent, les conflits et les compétitions éclatent. La piété, la sainteté même de Louis IX le rendaient plus indépendant qu’un autre dans ses relations avec l’Église parce qu’il était insoupçonnable du point de vue de la foi. Michelet remarque avec raison que, s’il n’y avait eu saint Louis, Philippe le Bel n’eût peut-être pas osé entrer en lutte avec le pape.

Louis IX eut une fin de missel et de vitrail. Les nouvelles d’Orient étaient mauvaises, le royaume chrétien de Jérusalem s’en allait par morceaux : il voulut empêcher que l’œuvre de deux siècles fût anéantie. Mais l’enthousiasme des croisades était tombé. L’ardeur de la renaissance religieuse aussi. Cette fois, Joinville ne partit pas et remercia Dieu de le laisser à la maison. Avec saint Louis, les croisades allaient finir. Son frère Charles d’Anjou, qui avait conquis la Sicile, et qui n’avait en tête que des idées politiques, le dirigea vers Tunis, face à la côte sicilienne. À peine arrivé à l’endroit où avait été Carthage, le saint roi, comme l’appelait déjà la renommée, mourut de la peste en répétant le nom de Jérusalem, que personne n’entreprendrait plus de délivrer après lui.

À sa mort (1270), il y a près de trois cents ans que règnent les Capétiens. Les progrès sont considérable, et le plus sensible, c’est que l’État français, dont les traits principaux sont fixés, a pris figure au-dehors. Il est sorti victorieux de sa lutte avec les Plantagenets, la menace allemande a été conjurée et maintenant l’Angleterre et l’Allemagne sont en pleine révolution. Saint Louis, en, mourant, laissait à son fils, avec des « enseignements » dignes de lui, une situation excellente, mais qui allait comporter des développements imprévus.

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