le 18 octobre dans l'histoire [voir]    notre librairie [voir]    nous soutenir [voir]
Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


Grelottante de froid, la France est affamée l'hiver 1709 - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > L’Histoire éclaire l’Actu > Grelottante de froid, la France est (...)

L’Histoire éclaire l’Actu

L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu


Grelottante de froid,
la France est affamée l’hiver 1709
(D’après « Notices sur l’état thermométrique du globe terrestre », paru en 1858)
Publié / Mis à jour le dimanche 19 décembre 2010, par LA RÉDACTION

 
 
 
L’hiver 1709 est un des plus rigoureux dont on ait gardé le souvenir. Le froid sévit très fortement en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre et dans tous les pays du nord. Les fleuves les plus rapides de France, même ceux du Midi, furent entièrement pris. Les mers et les golfes qui baignent les côtes méridionales de l’Italie et de la France furent gelés. Vers la fin de janvier, on traversait sur la glace les lacs de Constance et de Zurich avec des voitures chargées.

Selon les Notices sur l’état thermométrique du globe terrestre du célèbre astronome François Arago publiées de façon posthume en 1858, à l’Observatoire de Paris, on eut, d’après La Hire : le 4 janvier -7°.5 ; le 6 janvier-1°.4 ; le 7 janvier -7°.6 ; le 10 janvier -18° ; le 13 janvier -23°.1 ; le 14 janvier -21°.3 ; le 20 janvier -20°.4 ; le 21 janvier -20°.6. Les effets de ce froid extraordinaire sur les hommes, les animaux, les végétaux et les récoltes en terre sont décrits dans divers Mémoires de l’époque. Plusieurs espèces de petits oiseaux et d’insectes furent presque anéantis en Angleterre et dans le nord du continent ; Derham compte jusqu’à vingt espèces d’oiseaux de la zone glaciale qui furent vus et tués sur les côtes d’Angleterre. Un grand nombre de voyageurs succombèrent aux atteintes de la gelée, et le bétail périt dans plusieurs provinces. Beaucoup d’arbres forestiers furent gelés jusqu’à l’aubier, et, vingt ou trente ans plus tard, on retrouvait dans la coupe d’un vieux tronc la marque de la cicatrice de 1709 (faux aubier). Les lauriers, les cyprès, les chênes verts, les oliviers, les châtaigniers, les noyers les plus vieux et les plus forts moururent en grand nombre (Buffon, Duhamel du Monceau).


Le Secours du potage,
à Paris pendant la famine de 1709

Ce qui mit le comble aux désastres, c’est le dégel de sept ou huit jours qui intervint : la sève se mit en mouvement dans les plantes, et lorsque la gelée reprit avec intensité, tout fut anéanti. La Provence perdit ses orangers et ses oliviers. Du 9 au 11 janvier, on eut à Montpellier un froid de -16°.1. Le 12 le dégel arriva subitement : les feuilles des oliviers se flétrirent, le bois des branches sécha, l’écorce sphacélée se détacha du tronc (De Gasparin). La vigne disparut dans plusieurs parties de la France ; les jardins et les vergers furent dépouillés de leurs arbres fruitiers. Beaucoup de pommiers parurent n’être pas morts ; ils poussèrent des feuilles et des fleurs et moururent ensuite ; d’autres succombèrent l’année suivante. Les blés eux-mêmes souffrirent tellement qu’une famine et une mortalité inouïes succédèrent bientôt à ces calamités.

Voici ce que consigna à ce sujet, dans le registre de sa paroisse, le curé de Feings, près de Mortagne : « Le lundi 7 janvier commença une gelée qui fut ce jour-là, la plus rude journée et la plus difficile à souffrir ; elle dura jusqu’au 3 ou 4 février. Pendant ce temps-là, il vint de la neige d’environ demi-pied de haut : cette neige était fort fine ; elle se fondait difficilement. Quelques jours après qu’elle fût tombée, il fit un vent fort froid entre bise et galerne (vent du nord ouest) qui la ramassa dans les lieux bas ; il découvrit les blés, qui gelèrent presque tous ; peu de personnes connurent qu’ils étaient morts au premier dégel ». Par bonheur, quelques agriculteurs avisés promenèrent la charrue sur leurs champs ensemencés en blé pour y mettre, malgré les prescriptions de la police, l’orge qui servit à faire le pain nommé de disette. On fit aussi du pain d’avoine. Enfin, on mangea la racine d’arum, le chiendent, l’asphodèle.

La famine fut si grande qu’au mois d’avril il parut un arrêt du conseil qui ordonnait à tous les citoyens sans distinction, ainsi qu’aux communautés, de déclarer exactement leurs approvisionnements en grains et denrées sous peine de galères et même de mort. Des inondations considérables furent également la suite d’un dégel sans exemple : la Loire rompit ses levées, monta à une hauteur telle qu’on ne l’avait pas vue depuis deux siècles, et ensevelit tout sur son parcours.




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Suffrage universel : triomphe de la sottise et règne des indignes ?
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Premier billet de banque (Le) moderne naît en Nouvelle-France
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Mettre quelqu'un au pied du mur
 
 Se chauffer à la cheminée du roi René
 
MANIFESTATIONS
 Giverny : Henri Manguin ou la volupté de la couleur d'un peintre méconnu
 
 Le Verre, un Moyen Âge inventif
 
   
 
 

 


Les plus récents
 
 XXe siècle ou le « Siècle de la Femme » : pour quelle société ?
 
 Histoire et pouvoir : quand la fiction de 1984 devient la réalité
 
 Démocratie ou l'art de tirer de l'homme le plus possible en lui rendant le moins possible
 
 Déclaration du prince Louis de Bourbon, héritier de la Couronne de France, aux Français
 
 
Et puis aussi...
 
 Henri IV : masque moulé sur le crâne en 1610
 
 Petit manuel du savoir-vivre en société moderne pour homme pressé
 
 Campagne électorale ou comment un candidat à l'élection s'assure l'adhésion des foules
 
 Depuis quand la France classe-t-elle ses écoliers avec des notes sur 20 ?
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 155 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2017 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Services