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Reines Ingoberge, Méroflède, Marcovefa, Théodechilde (Paris), mérovingienne. Naissance, mort, mariage, règne. Mérovingiennes

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Reines, Impératrices
Biographie des reines et impératrices françaises. Vie des souveraines, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes
Ingoberge (née vers 519, morte en 589)
Méroflède ou Mirefleur
(née en ?, morte en ?)
Marcovefa ou Marcoviève
(née en ?, morte vers 567)
Théodechilde (née en ?, morte après 570)
(Épousent Caribert Ier (roi de Paris))
Publié / Mis à jour le mercredi 13 octobre 2010, par LA RÉDACTION
 

Souvent, comme on le vit sous Clotaire, les rois barbares, s’ils ne nommaient pas plus d’une reine à la fois, entretenaient avec un certain honneur des épouses de second ordre, et ne craignaient pas de rompre les unions les plus légitimes. Tout ceci, régularisé par une sorte de tradition, et réprouvé par l’Église, amenait bien des désordres dans les maisons royales.

Quoique Caribert eût épousé solennellement Ingoberge vers 540 (avant de devenir roi en 561), il devint épris à la fois de deux sœurs qui servaient la reine, Méroflède et Marcovefa. Marcovefa cependant portait le voile religieux ; car en ce temps beaucoup de femmes se consacraient à Dieu sans quitter leur famille et leur maison. Le voile seul témoignait de leur consécration.

Voulant déprécier ces deux sœurs pour en éloigner Caribert, Ingoberge imagina un singulier moyen pour mettre sous les yeux du roi la condition servile de leur père, simple ouvrier en laine, lite du domaine royal qui exerçait dans le préau du palais. La reine le fait venir, lui donne de la laine à carder sous les fenêtres du palais, puis, appelant le roi qui entrait dans l’appartement, elle l’attire à une fenêtre : « Venez, lui dit-elle, il y a ici quelque chose de nouveau. - Et qu’y a-t-il qui soit nouveau ? demande le roi. - Quoi de plus nouveau, dit-elle, que le beau-père d’un roi occupé à carder de la laine ? » La scène que la reine avait préparée tourna contre elle ; le roi trouva la plaisanterie fort mauvaise : au lieu de renvoyer la fille du cardeur de laine, il répudia la reine (vers 562) et épousa solennellement Méroflède.

Répudiée, Ingoberge passa de longues années dans la retraite. Grégoire de Tours loue son exactitude à la prière, ses dons aux églises et ses aumônes aux pauvres, affrimant qu’elle n’était « point paresseuse aux veilles ». Appelé auprès d’elle peu de temps avant la mort de cette princesse, il s’exprime ainsi : « Je vins, et, je le déclare, je vis une personne craignant Dieu. » Elle mourut à soixante-dix ans, ayant survécu longtemps au roi et aux rivales qui avaient su prendre sa place ; car Méroflède fut reine ; et, quelque temps après, sans se soucier ni de l’impiété qu’il commettait, ni de l’excommunication de saint Germain, évêque de Paris (Caribert est le premier roi à avoir été excommunié pour bigamie), qui lui remontrait qu’il ne pouvait épouser une religieuse, sœur de la femme qu’il avait déjà, Caribert fit quitter le voile à Marcovefa et la prit pour femme.

Comment concilier avec le titre de reine porté par Méroflède, celui de Théodechilde, quatrième épouse de Caribert, qui fut aussi couronnée ? Peut-être Méroflède était-elle morte peu de temps après son mariage ; son nom ne reparaît plus dans l’histoire, et lorsqu’en 567 Caribert mourut, c’est Théodechilde qui apparaît comme la veuve de ce roi avec lequel elle s’était vraisemblablement mariée en 566.

Les frères de Caribert se partagèrent son héritage, et Théodechilde chercha une protection auprès de Gontran, qui avait Orléans pour partage. Elle pensa que les richesses qu’elle avait reçues en don du matin pourraient le tenter, et elle les lui offrit à condition qu’il l’épouserait. « Que votre maîtresse se hâte, dit Gontran aux envoyés, et qu’elle apporte avec elle ce qu’elle a de plus précieux ; je la recevrai volontiers comme reine, et elle sera peut-être plus respectée ici qu’elle ne l’était à la cour de mon frère Caribert. »

Théodechilde part pleine d’espoir ; mais à peine Gontran a-t-il vu ses trésors, qu’il se tourne vers ses leudes : « Ne vaut-il pas mieux, leur dit-il, prendre tout ceci et l’avoir en notre possession que de le laisser à une femme comme celle-ci, que mon frère Caribert a eu la faiblesse de nommer reine, et qui n’a jamais été digne de l’être ? » Théodechilde était fille d’un gardien de troupeaux. Tandis que, tremblante et indignée, elle écoutait les paroles du roi, elle se vit dépouillée des trésors qu’elle venait de livrer elle-même. Gontran ne lui en laissa qu’une très petite partie et l’envoya au monastère d’Arles.

L’infortunée reine ne put soutenir la pensée de vivre reléguée dans un couvent ; elle intrigua pour chercher des défenseurs et parvint, avec des peines inouïes, à mettre dans ses intérêts un seigneur visigoth, à qui elle promit, s’il la délivrait, de lui donner le peu qui lui restait de biens. La vigilance de l’abbesse fit échouer ce projet : on surprit Théodechilde à l’heure où elle espérait fuir ; on usa envers cette femme malheureuse, que la sévérité du cloître effrayait et qui ne voulait pas s’astreindre à la régularité monastique, d’une rigueur que Grégoire de Tours exprime en ces termes : « On la mit dans une prison, on la fustigea, et elle demeura jusqu’à sa mort dans des souffrances non petites ».

D’aucune de ses femmes Caribert ne laissait de fils. Ingoberge lui avait donné une fille, Berthe, née vers 550 et qui épousa un roi de Kent, en Angleterre. C’est cette princesse qui porta le christianisme dans le royaume de Kent en demandant des missionnaires au pape saint Grégoire, qui lui envoya le moine saint Augustin, honoré depuis comme l’apôtre de l’Angleterre. Méroflède ne lui donna aucun enfant, et Marcovefa eut deux filles qui devinrent religieuses : Bertheflède à Tours, et Crotechilde à Sainte-Croix de Poitiers.

 
 
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