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20 janvier 1779 : mort de David Garrick

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20 janvier 1779 : mort de David Garrick
Publié / Mis à jour le samedi 21 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

Garrick est l’un des hommes dont le passage laissa le plus de traces dans l’art qui en laisse le moins. Son nom n’a pour rivaux que ceux de Roscius et d’AEsopus dans les temps anciens, et que celui de Talma dans les temps modernes : encore l’acteur anglais s’élève-t-il au-dessus des trois autres par le mérite singulier d’avoir excellé dans tous les genres, tragédie, comédie, farce bouffonne. Au talent de représenter des ouvrages dramatiques il joignit, à un degré bien inférieur il est vrai, le talent d’en composer. Il fut directeur, administrateur, et, quoique justement taxé d’avarice et de jalousie, bienfaiteur de ses camarades.

Né le 16 février 1716 dans une auberge de Lichtfield, Garrick était petit-fils d’un négociant français, réfugié en Angleterre après la révocation de l’édit de Nantes. Sa passion pour le théâtre s’annonça de bonne heure ; à onze ans il remplit avec succès le rôl principal d’une comédie intitulée l’Officier recruteur. Dès cette époque, il préludait au métier de directeur, en enrôlant dans sa petite troupe comique tous ses camarades de collège. Mais ce double début n’eut pas de suite : par égard pour les vœux de sa famille, par affection pour sa mère, et l’on peut ajouter par défiance de lui-même, Garrick essaya tour à tour le commerce, les sciences, le barreau. La mort de sa mère l’ayant rendu libre, il résolut d’éprouver sur la scène un talent que la réflexion, l’étude et la société des hommes de lettres avaient mûri. Par prudence, il choisit une scène de province, et déguisa son nom : sous celui de Lyddal il joua pour la première fois à Ipswich le rôle d’Aboan, dans la tragédie d’Oroonoko, et il obtint le plus brillant succès : il était alors âgé de vingt-cinq ans.

De retour à Londres, les directeurs de Drury-Lane et de Covent-Garden dédaignèrent un acteur que bientôt ils allaient se disputer. Le théâtre secondaire de Goodman’s-Field profita de leur méprise : Gàrrick y débuta le 19 octobre 1741 Par le rôle de Richard III. En peu de jours sa renommée vola de bouche en bouché ; toute la ville courut à Goodman’s-Field, et déserta les autres salles de spectacle. Pope, qui touchait à la fin de sa vie, quitta sa retraite de Twickenham pour voir l’acteur dont tout le monde parlait. Ravi du jeu de Garrick, il dit à lord Orrery, qui l’accompagnait : J’ai bien peur que ce jeune homme ne se perde ; car il n’aura point de rivaux. La prophétie du grand poète se réalisa, mais non sa crainte.

A compter de l’année suivante, Garrick recueillit les fruits de sa célébrité : les directeurs, qui l’avaient d’abord méconnu, intriguèrent pour perdre le théâtre auquel il donnait une vogue si extraordinaire. Un traité concilia les intérêts de quelques-unes des parties : Garrick fut engagé à Drury-Lane. Pendant l’été brûlant de 1742, il se rendit à Dublin avec miss Woffington ; leur séjour dans cette ville attira tant de monde, et excita un tel enthousiasme, qu’il en résulta une épidémie, nommée alors fièvre de Gàrrick. En 1747 le célèbre acteur se trouva assez riche pour acheter la moitié de la direction de Drury-Lane, et de ce moment date sa grande influence sur l’art dramatique de son pays. Nourri des doctrines du sage et pieux Johnson, Garrick épura la scène, en bannissant du Répertoire les ouvrages dont la licence faisait tout le mérite. Aussi le docteur disait-il de lui : Garrick a augmenté le fond de nos plaisirs innocents.

En Angleterre, comme dans tous les autres pays de l’Europe, la déclamation fut d’abord une véritable mélopée. Garrick sentit ce qu’il fallait faire pour substituer la parole au chant, et il acheva la réforme commencée par l’acteur Macklin, avec lequel il eut des débats célèbres. Peut-être Garrick était-il encore plus admirable sous le rapport du geste que sous celui du débit : à travers mille exemples, nous en choisissons un, que nous offre Diderot dans sa correspondance. « Voici un trait, écrivait-il à madame Riccoboni, que M. le duc de Duras vous racontera bien mieux que je ne vous l’écrirai. Il en a été témoin. Vous connaissez de réputation un acteur anglais appelé Garrick ; on parlait un jour en sa présence de la pantomime, et il soutenait que, même séparée du discours, il n’y avait aucun effet qu’on n’en pût attendre. On le contredit, il s’échauffa : poussé à bout, il dit à ses contradicteurs, en prenant un coussin : Messieurs, je suis le père de cet enfant. Ensuite il ouvre une fenêtre ; il prend son coussin ; il le saute et le baise ; il le caresse, et se met à imiter tonte la niaiserie d’un père qui s’amuse avec son enfant ; mais il vint un instant où le coussin, ou plutôt l’enfant, lui échappa des mains et tomba par la fenêtre. Alors Garrick se mit à pantomimer le désespoir du père. Demandez à M. de Duras ce qui en arriva. Les spectateurs en conçurent des mouvements de consternation et de frayeur si violents que la plupart ne purent les supporter, et se retirèrent. »

Profondément pénétré du génie de Shakespeare, Garrick puisait l’inspiration dans ses œuvres, dont la majeure partie lui dut une résurrection théâtrale. Les changements qu’il faisait subir à ces grandes compositions, pour les accommoder au goût d’un siècle élégant et poli jusqu’à la pruderie, ont eu souvent le tort d’être sévères jusqu’à l’injustice, et de défigurer l’original, qu’ils auraient dû seulement purifier : mais quelquefois aussi l’acteur prêta au poète des effets plus énergiques et plus touchants : témoin le dénouement de Roméo et Juliette.

Dans le nombre assez considérable de pièces que Garrick composa seul ou en société, la plus célèbre est le Mariage secret (thé clandestine Marriage), qu’il fit avec Colman. Sa verve, facile, s’exerçait encore plus fréquemment dans les prologues ou épilogues, qu’il écrivait avec une merveilleuse promptitude.

Garrick laissa une fortune de cent quarante mille livres sterling. Dans les dernières années de sa vie, il s’occupa d’un établissement destiné aux comédiens, que l’âge ou les infirmités forçaient à quitter le théâtre : il donna plus de cent mille francs pour sa fondation. Cette belle pensée, et plusieurs autres traits d’une générosité non moins louable, font oublier quelques imperfections de caractère. Les jouissances nobles dont il sema son existence, les amitiés illustres dont il fut honoré, doivent l’offrir comme modèle et comme objet d’envie à tous les artistes qui suivent la carrière encore brillante de sa gloire.

 
 
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