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Histoire France, 1538. Trêve de Nice. Entrevue alliance Charles-Quint et François Ier à Aigues-Mortes

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Chronologie de l’Histoire
L’Histoire de France année après année. Chronologie évoquant personnages historiques, événements célèbres, faits mémorables, lieux importants
Histoire de France : année 1538
(Règne de François Ier depuis le 1er janvier 1515)
Publié / Mis à jour le vendredi 9 avril 2010, par LA RÉDACTION
 

Malgré les apparences défavorables liées à la guerre que se livraient Charles-Quint et François Ier, le pape Paul III travaillait à rétablir la paix entre les deux souverains ; il s’offrait comme médiateur, et vint à Nice, au printemps 1538, pour les engager à avoir entre eux une conférence ; ses efforts furent inutiles ; François et Charles refusèrent de se rencontrer.

Ils signèrent toutefois, le 18 juin, une trêve de dix ans appelée Trêve de Nice, en vertu de laquelle chaque souverain devait garder ce dont il était alors en possession. Un tel arrangement était surtout défavorable au duc de Savoie, auquel, de tous ses États, il ne restait plus que la seule ville de Nice. Les Français retenaient tout le reste, plutôt comme indemnité du duché de Milan, auquel ils prétendaient, que d’après aucun titre qui pût soutenir un instant d’examen.

Cependant le motif de François pour refuser une conférence à Nice avec l’empereur n’était point sa répugnance à rencontrer celui qu’il avait nommé l’empoisonneur de son fils, bien au contraire, c’était le désir de dérober aux yeux clairvoyants du pape l’alliance intime qu’il voulait contracter avec Charles. François régnait déjà depuis vingt-deux ans ; il avait cru illustrer le commencement de son règne par la conquête du Milanais : dès lors la possession de cette province était devenue le but de tous ses efforts ; il s’en était fait une passion qu’il voulait satisfaire à tout prix.

Pour y parvenir, il s’était allié avec tout ce qu’il détestait le plus, avec les partisans de la liberté politique à Florence, à Venise, en Suisse ; avec les partisans de la liberté religieuse en Allemagne, enfin avec les ennemis de toute chevalerie, les Turcs ; aussi c’était avec un sentiment de joie qu’il avait trahi et sacrifié les premiers ; et il aurait eu plus de plaisir encore à sacrifier les protestants et les Turcs ; malgré sa longue rivalité, il entretenait au contraire pour la dignité impériale un sentiment de vénération qui lui rendait pénible de combattre l’empereur.

Montmorency, alors son favori et son principal conseiller, nourrissait les mêmes haines et les mêmes affections. Il était dépourvu de talent militaire et de hautes capacités d’aucun genre ; mais en revanche il était bon travailleur : il avait un but auquel il rapportait toutes ses actions, et il y persistait avec obstination. Dans ses manières, il était dur, hautain, impitoyable, et il avait donné à ceux qui lui obéissaient une haute idée de sa supériorité d’esprit, par le mépris seul qu’il témoignait pour leur entendement ; ce fut lui qui engagea François à offrir à Charles-Quint de se liguer avec lui contre les libertés civiles de l’Europe, de même que contre l’hérésie et l’islamisme, pour obtenir en retour le duché de Milan.

Charles, de son côté, était attaqué par Soliman et par Barberousse, avec les armées et les flottes les plus redoutables que l’Orient eût encore dirigées contre la chrétienté ; il regardait Henri VIII et les protestants d’Allemagne comme ses ennemis ; il savait en même temps quelle horreur ses vieilles bandes espagnoles excitaient clans les pays qu’il avait subjugués ; il était sans argent pour les payer, et arrêter ainsi leurs brigandages ; aussi sa situation était bien assez critique pour qu’il fût prêt à acheter à un haut prix l’amitié et la coopération de François Ier.

En effet, au moment même où les deux monarques refusaient au vieux pontife de se voir à Nice, ils étaient déjà secrètement d’accord. Il leur importait de dérober à sa connaissance une ligue entre eux qui lui aurait causé plus de craintes que leurs précédentes hostilités. Cette ligue devait avoir pour résultat de détruire toute liberté civile et religieuse, toute indépendance des petits États ; elle aurait maintenu le catholicisme, mais en l’asservissant sous l’autorité temporelle ; elle aurait laissé aux papes l’État de l’Église, mais en faisant d’eux les premiers vassaux de l’empire ; elle aurait enfin fait reculer, peut-être pour plusieurs siècles, le genre humain vers la barbarie.

L’entrevue que Charles-Quint n’avait point voulu avoir à Nice, il vint la chercher à Aigues-Mortes. La flotte d’André Doria, qui s’était donnée à lui en 1528, l’y transporta le 14 juillet 1538. François Ier, qui l’attendait, monta sur ses galères, tout comme Charles se mit à son tour entre les mains des Français. Leurs conférences durèrent quatre jours ; ils se donnèrent toutes les marques d’amitié et de confiance qui pouvaient le mieux démentir leurs calomnies réciproques, et ils se séparèrent complètement réconciliés. Aussi, François Ier crut déjà n’avoir plus besoin de ses anciens alliés les protestants d’Allemagne, et il commença aussitôt à faire pendre ou brûler leurs coreligionnaires dans toutes les provinces qu’il traversait, encore que sa sœur, mariée d’abord au duc d’Alençon, et, après sa mort, au roi de Navarre, eût embrassé leurs opinions, et les inculquât à sa fille, la fameuse Jeanne d’Albret.

Les sujets de François ne furent pas les seuls auxquels il fit sentir le changement de sa politique. Il chercha querelle en même temps à tous ses anciens alliés : il avait des engagements pécuniaires avec Henri VIII, auquel il devait payer une subvention annuelle de cent mille écus, il les rompit ; il chercha l’occasion de mortifier son ambassadeur ; il proposa enfin à Charles-Quint d’envahir l’Angleterre de concert avec lui et le roi d’Écosse, et lorsqu’ils l’auraient conquise, d’en faire trois parts, dont l’une demeurerait à chacun des trois monarques alliés.

Mais l’empereur lui fit comprendre qu’il fallait commencer par subjuguer les protestants de la ligue de Smalkalde, afin que Henri VIII ne pût point lever chez eux des landsknechts. Antonio Rincon, réfugié espagnol, résident de France auprès de Soliman, était à peine arrivé à Constantinople, chargé de solliciter les Turcs d’envahir l’Allemagne avec une puissante armée, lorsque Soliman fut averti que le roi de France avait fait alliance avec son ennemi, et qu’il poursuivait désormais le projet ou le rêve de se faire empereur d’Orient. Enfin, les ministres de l’empereur et du roi de France avoient officiellement averti la ligue de Smalkalde et la ligue des Suisses, que ces deux monarques étaient d’accord pour assurer par les armes le triomphe de la religion catholique.

Bulle pour l’Indult. Le droit d’Indult en faveur des chanceliers de France et du parlement de Paris semble avoir commencé sous le règne de Charles VII : ce droit leur fut accordé par le pape Eugène IV, afin que « par telle manière de gratification, dit Pasquier, la cour ne s’oppose plus si souvent aux annates : ce même droit fut négligé pendant quelque temps, jusqu’à ce que, sous le règne de François Ier (vers 1538) Me Jacques Spifame, conseiller, ayant feuilleté les registres, le fît revivre auprès du pape Paul III, lequel envoya des bulles à la cour, au moyen desquelles elle en a toujours joui depuis. »

 
 
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